vendredi 10 juin 2016

Formation : le bon vendeur et le mauvais vendeur

Dans la série "je prends des notes des formations e-learning que j'ai suivi", voici un petit cycle sur la vente...

Sales cycle
  • Un besoin doit d'abord être identifié chez le client avant de venir avec une solution. 
  • Le besoin peut être dormant (on ne le connaît pas), actif (on a conscience du besoin mais on ne sait pas comment le résoudre) ou au stade de conceived solution (le prospect a une idée de la manière de résoudre le besoin). Tout le jeu consiste bien sûr à élaborer le plus tôt possible la solution avec lui en la biaisant vers le produit qu'on offre.
Developping a Sales Solution
  • Avant tout, il faut se renseigner sur le process décisionnaire chez le client et identifier users, influencers, gatekeepers, decision makers et buyers.
  • Les bonnes questions à poser doivent soit : permettre d'obtenir de l'information intéressante, aider à capter l'attention du client ou démontrer notre professionalisme à trouver des solutions. Elles peuvent être ouvertes pour engager la discussion et trouver de l'information ou fermer pour arriver à une conclusion.
  • Les mauvaises questions font répéter ou ne sont pas pertinentes mais destinées à faire mousser celui qui les pose
  • Pour une bonne qualité d'écoute, il ne faut pas interrompre, éviter d'anticiper et de finir les phrases (faut que je travaille ce point-là !), on perd de l'information et on restreint le débat... Garder le contact visuel, acquiescer (ça sonne mieux en anglais : nod and eye contact), confirmer sa compréhension avec résumé "si je comprends bien..." ou même "oui, je comprends..." Attention à vraiment écouter et à ne pas penser à sa prochaine réplique si on est obnubilé par la volonté de dire quelque chose d'intéressant, mais souvent peu pertinent du coup...
Closing the Sales
  • Les questions ou les mises en question sont des signes d'intérêt. Si le client n'a pas l'intention d'acheter, il laisse couler.
  • Il faut y répondre le plus vite possible. Si la réponse est déjà anticipée en annexe de la présentation, c'est particulièrement impressionnant.
  • Certaines questions sont purement rhétoriques et peuvent être ignorées.
  • Dans la phase finale, toute concession doit être difficile à lâcher et négociée, pas offerte. 
  • Il ne faut pas baisser le prix, devenir agressif ou pressant pour finaliser à tout prix. Il convient plutôt d'écouter, de demander d'élaborer les questions et de faire passer les objections comme des remarques intéressantes, y répondre si réel blocage potentiel puis d'enchaîner pour avancer vers la finalisation.

Repurchase agreement (repo) vs. security lending

Petite prise de notes suite à un e-learning sur le Security Lending, que j'avais toujours associé au repo (quelle idée, n'est-ce pas ?)
  • Le Security Lending (notons SL) est souvent plus spécifique que le repo, pour couvrir un short. Plus souvent sur les actions que le repo qui s'attache surtout aux obligations, mais les deux sont possible. En revanche pas de General Collateral (de vrac) en SL
  • La documentation est un GMSLA (l'équivalent du GMRA pour le repo) et géré par l'ISLA (International Security Lending Association je présume), l'équivalent de l'ISDA des dérivés...
  • Le transfert de propriété est plus marqué qu'en repo puisque par exemple le coupon va à l'emprunteur du titre contrairement au repo. Évidemment c'est neutre économiquement puisque le contrat peut prévoir de reverser les coupons.
  • Ces belles opérations peuvent se traiter sur des plateformes électroniques comme Equilend
  • Les termes du SL sont généralement plus souples que le repo, le collatéral peut ainsi être donné en cash comme le repo, mais aussi avec d'autres titres, ce qui fait du sens lorsque l'idée est de trouver une souche spécifique et pas de se financer (SL vs repo...)
  • Les call/put options 24/48h sont souvent incluses. Leur inclusion un facteur de pricing important.
  • Un peu de vocabulaire anglais pour terminer : Le security borrower paie un rental fee, qui est compensé par l'interest rate (pour un collatéral en cash évidemment). Rental fee - interest rate = rebate rate. 

Voila, vous savez tout sur le Security Lending, à vous de briller lors de vos soirées en ville et de ridiculiser tous les ignares qui pensent que c'est la même chose que du repo...

jeudi 9 juin 2016

#SensDesRéalités...

Noté à l'occasion d'un voyage dans un train "international", Thalys ou Eurostar... Devant moi un homme et une femme entre 45 et 55 ans, travaillant manifestement dans la pub. Ils feuillètent un magazine de design...


L'homme : "Tu vois, ces luminaires ? Et bien ils ne sont pas donnés..."
La femme : "Ah oui ? C'est 50.000 euros, non ?"
L'homme : "Non, pas 50.000 ! Tu plaisantes, c'est le prix d'une voiture ! C'est beaucoup plus raisonnable, 10-15.000..."


Moi, perso, le prix de ma voiture c'est 8.000 euros, mais bon, comme un con, je m'éclaire avec des luminaires Ikéa à 20 euros alors bon...

dimanche 22 mai 2016

Gagner un tournoi de poker II

Petit bilan après environ un mois de reprise du poker.

J'ai utilisé les 10 tickets pour les freerolls avantageux offerts à l'inscription (1000 € de prize-pool garanti pour entre 1000 et 2000 joueurs, soit une valeur estimée équivalent ticket d'entrée de 7 €)

Le résultat n'est pas extraordinaire puisque j'en ai tiré 3.65 € avec 4 résultats dans la monnaie. Mais c'est un début de bankroll et j'ai surtout bien amélioré ma technique avec ces quelques tournois.

J'ai également participé à plusieurs autres freerolls sans dotation, avec comme seul succès un ticket pour un évènement plus important (qui commence dans une heure) et qui est aussi un satellite pour une grande finale dotée d'un package de 4000 € pour LE gagnant. Autant dire que ce n'est pas encore dans la poche. Mais bon, j'étais assez fier d'avoir réussi à accrocher les 10 premières places parmi les 2636 participants !

Enfin, j'ai déjà dépensé 2.05 € en achat de tickets de tournois (principalement des MTT) entre 0.10 et 0.30 €. 14 participations, 3 fois dans la monnaie et 3.71 € de prize-pool, grâce notamment à une victoire (la voici la première en fait) dans un tournoi à 0.10 € réunissant 146 joueurs et deux autres ITM (4e/64 et 7e/175).

Me voici donc à la tête de 5.31 € durement gagnés. Ce qui fait 53 tournois à 0.10 €, ou 21 SnG à 0.25 €. J'attends donc d'avoir un peu plus du double pour avoir un peu plus de marge avant de monter de limite. C'est probablement un peu trop sage et conservateur, mais je ne suis pas pressé. Je vise donc d'avoir entre 30 et 50 caves pour monter de limite en Cash Game (soit entre 60 et 100 € pour débuter à la première limite de 0.01-0.02 !), entre 50 et 100 buy-in pour le sit and go (soit 12.50 € nécessaire pour commencer à jouer aux 0.25 €) et enfin entre 100 et 200 buy-in pour les MTT (il faudrait donc normalement 10 € pour les tournois à 0.10 €, et attendre d'atteindre 25 € pour s'attaquer aux tournois à 0.25 €)

Mise à jour du 5 juin : 6.16 €... Notamment grâce aux S&G Freeroll de Winamax qui m'ont fait gagner 0.31 € en quelques jours et à un autre bon résultat sur un tournoi à 0.10 € (4e/144 : 1.03 €  qui fait plus que rembourser tous les autres buy-in moins heureux)

Enfin, coté play-money, j'en suis à 16000 jetons. On n'est pas au million nécessaire pour me rassurer sur le fait de déposer du vrai argent, ça grimpe et ça me permet de tester le cash game en multi-table par exemple, qui s'avère rentable pour le moment... Là encore, on attend encore un peu avant de monter de limite.

A suivre...

mardi 26 avril 2016

Gagner un tournoi de poker

Un soir, ou plutôt soyons honnêtes, une nuit, je suis tombé sur une diffusion d'un tournoi de poker sur une obscure chaîne de mon bouquet gratuit.

Et j'ai réactivé mon compte Pokerstars, qui roupillait depuis 4 ans dans un coin. J'ai gagné par la même occasion une dizaine de tickets pour participer à des gros freerolls doté d'un prize pool de quelques centaines d'euros. Soit la possibilité de serrer les fesses 3 heures pour repartir avec 56 centimes. Mais bon, je vais tenter et on verra bien ce que ça donne. L'objectif étant de constituer un mini-pécule pour jouer des satellites de tournois réels et, pourquoi pas, rêver d'un gagner un un jour...

Un premier objectif plus atteignable serait d'inaugurer une fiche à mon nom sur le site de référence que j'ai découvert il y a quelques minutes et qui m'a décidé à rédiger le premier jet de ce billet : www.thehendonmob.com.
Il faut pour cela finir in the money d'un tournoi réel couvert, et dieu sait qu'ils en couvrent un paquet ! Évidemment, gagner un WPT ouvre également les portes de la reconnaissance virtuelle, mais ne rêvons pas tout de suite non plus...

Comme je suis résolument radin raisonnable, je vais sans doute également profiter de la promotion pokerstars qui offre 10 euros pour tout dépôt de 10 euros, sans condition de nombre de mains, etc. + 5 autres tickets. Mais je veux d'abord tester ma motivation et mes compétences et pour cela, je m'interdis de jouer avec de l'argent réel avant d'avoir réussi à faire x1000 sur le compte argent fictif (là où les joueurs jouent beaucoup plus loose). Il me faudra donc accumuler un million de jetons virtuels avant de me lancer avec 10 euros. Autant dire que je ne compte pas me ruiner tout de suite. Pour le moment, j'ai gagné quelques sit & go et finit dans la monnaie de quelques tournois de masse et je suis à la tête de 7000 jetons virtuels. On pourrait croire que c'est un joli x7 encourageant déjà, mais j'ai bien recavé une dizaine de fois en ayant perdu mes 1000 jetons originels lamentablement, donc il n'y a pas vraiment de quoi parader. J'attends d'en avoir 100k pour monter ma limite et participer à des tournois à 5k de buy-in...

La route est longue, mais elle sera vertueuse et laborieuse, ou ne sera pas ! A suivre...

vendredi 15 avril 2016

Monter son propre ordinateur : pièges et astuces

Monter son propre ordinateur... Voici quelque chose qui pourrait presque figurer dans ma liste de 100 choses à faire. Je pense que je ne l'ai pas fait parce que ça ne représentait plus vraiment un défi... A l'heure d'Internet et des tutoriaux à portée de main, ça ne semble pas bien difficile. D'autant plus que j'ai l'habitude d'ouvrir la bête, de changer des pièces ou de désosser des machines dénichées au rebut.

Mais, je ne l'avais jamais vraiment fait, voici donc une lacune de comblée. Mon vieil ordi avait dix ans, il était temps de lui trouver un successeur digne de ce nom, à prix minimal comme toujours.

Au fur à mesure de mes recherches, j'ai acquis quelques connaissances que je ne souhaitais pas voir retomber petit à petit dans l'oubli, je les consigne donc ici, dans un petit coin de ma mémoire externe.

Alimentation

  • La puissance s'adapte à l'usage. Pour de la bureautique simple, 400 W suffisent. Compter 500-550 W pour de la vidéo et 600W+ pour le gaming. C'est la carte graphique plus ou moins gourmande qui fait la différence.
  • Le Label 80+ signifie que le taux de conversion énergétique est supérieur à 80%, gage de moindre diffusion de chaleur et donc de moindre utilisation du ventilateur, source majeure de bruit. Un must. D'ailleurs, pour éviter le bruit, on conseille un ventilateur de 120 mm...
  • En général, plus l'alim est puissante, plus les sorties sont nombreuses et adaptées à la plupart des cas. On peut toujours vérifier bien sûr et adapter en cas d'usage non-conventionnel.
  • On peut protéger le tout avec un onduleur, ça a fait ses preuves.
  • Attention à la taille en cas de mini-tour. Le standard est l'ATX pour les tours normales et le mini-ATX pour les configuration moins encombrantes.
  • Mon choix s'est portée sur une Corsair VS450 avec 4 sorties SATA, 2 PCI-E et tout ce qu'il faut pour les ventilateurs de CPU et de la tour - 40.99 EUR
Carte-mère
  •  Choisir en fonction de la RAM supportée, du différent nombre de ports souhaités (USB, ATA, IDE, PCI et PCI Express, PS/2 clavier/souris...)
  • Attention ici aussi à la taille selon le boitier choisi 
  • Nombre de slots de RAM et capacité maximale sont également très importants. J'ai un brin radiné là-dessus puisque ma Gigabyte GA-970A-DS3P, format ATX, dotée d'un AM3+ et AMD970 permet jusqu'à 32 Gb en 4 slots. Je me note les ports aussi, ce qui m'évitera de l'ouvrir si je veux vérifier un jour : 1 PCI-E x16 (pour la carte graphique), 1 PCI-E x4, 3 x1, 2 PCI, 6 x SATA / 12 USB 2.0 et 4 USB 3.0. Ajoutons les usuels PS/2, 1 RJ-45 et 3 ports audio et le compte est bon - 68.90 EUR
Boitier
  • Il en existe tout un tas avec des LEDs dans tous les sens, de la customization de couleurs de fils, des systèmes de refroidissement high-tech à vous éteindre le soleil en deux heures... N'étant pas fan de tuning pour ma voiture, j'ai opté pour la sobriété (qui rime avec économie)
  • Un seul point sans concession : de la place et deux ventilateurs pour une bonne circulation de l'air... 
  • Mon choix s'est donc porté sur un Aerocool V3X Evil Black Edition (en promo mais joli du coup finalement), qui a un ventilo de 80 mm (peut-être un peu petit), format ATX bien sûr (gare à la déception au montage sinon !) - 31.90 EUR
Processeur
  •  A la recherche du meilleur ratio qualité-prix, j'ai opté pour un AMD FX 6300 six-core à 3.5 GHz pour 108.84 EUR. La game des AMD FX-8300/20/50 en eight-core semble très bien aussi. Il ne semble pas qu'Intel puisse justifier le surcoût pour une qualité très supérieure au vu des tests...
  • Le radiateur + ventilateur fournis dans le package font en général parfaitement l'affaire
  • Ne pas oublier la pâte thermique. Je conseille d'opter pour la moins chère... Aucune étude ne montrant de différence flagrante - 3.99 EUR pour 1.5 grammes de la Cooler Master IC Essential... Bon pour au moins 5 utilisations.
Carte graphique
  • Là encore, cela varie énormément selon ce qu'on veut en faire. Je partais d'une GForce 9500-GS qui commençait à être un peu limitée. Pas la peine donc de partir dans des extravagances...
  • Une GTX-750 Ti OC avec 2 Go sera mon choix. Économique, 4 ports de sortie, et manifestement performante, ça devrait le faire pour jouer à Minecraft... 119.90 EUR
Disque(s) dur(s)
  • Configuration devenue classique mais efficace : un SSD Crucial BX200 de 250 Mo pour faire tourner la machine à 72.90 EUR. Et la récup de mon ancien disque dur SATA pour les données.
Mémoire vive
  • D'expérience, j'ai l'impression que c'est le facteur limitant d'énormément de configurations. En tout cas, à chaque fois que j'ai croisé des ordis qui ramaient, le fait de rajouter de la RAM règle au moins en partie le problème.
  • On choisit donc une carte mère avec 4 slots de DDR 3 pour lui coller 16 Go (4x4Go) de DDR3 @ 12800+... Je trouve que les barettes de 8 Go sont encore un peu chère mais on s'assure que la carte mère puisse les encaisser à l'avenir.
Operating System
  •  Windows 10 vient de sortir. Il a l'air cher. Mais j'ai trouvé un bon plan... Au lieu de payer un peu plus de 120 euros la version familiale ou personnelle (limitée à 16 ou 32 Go de RAM...), j'ai déniché une version pro pouvant monter à 256 Go (comme ma carte-mère) pour 45.49 EUR !
  • L'astuce : le téléchargement. Il suffit de l'enregistrer sur un PC fonctionnel, d'utiliser le *.iso pour en faire une clef USB de 4 Go bootable et hop, le tour est joué. En fait, on achète juste un code d'activation. J'ai craint l'arnaque mais les bons commentaires et la réputation du vendeur sur amazon m'ont convaincus et j'ai bien fait. Je mettrai un lien dès que j'aurais remis la main sur mon code d'affilié et l'url de l'objet ;)
Et voila, une config complète pour moins de 500 euros (en ajoutant un adaptateur DVI > VGA @ 1 € sur eBay pour continuer à utiliser mon écran, qu'il faudra changer un jour d'ailleurs).

Pour le configurer, j'ai utilisé l'excellent outil de topachat qui permet d'éliminer la grande majorité des problèmes de compatibilité (il ne proposera pas de Carte Mère ATX si vous avez une tour mATX, ni une alimentation trop faiblarde pour ce qu'il y a dans le panier par exemple...) Puis, une fois le choix effectué, un tour sur Amazon pour acheter d'éventuels composants moins chers, mais topachat est très compétitif et, à part l'astuce sur l'O/S (payé 45.49 EUR au lieu de 124.90 EUR pour une version plus puissante) j'ai juste gratté quelques euros sur l'alim et la carte graphique...

vendredi 23 octobre 2015

Père Noël, cloches de Pâques, petite souris, pièges à Schtroumphfs et passe-sel

Enfant, j'ai été confronté à quatre grands mensonges institutionnalisés. Ce sont des mensonges sympas, faits pour nous rendre la vie plus belle, et je ne les regrette pas du tout... D'ailleurs j'en perpétue la majorité auprès de mes enfants, car ce sont ces belles histoires qui, avec la naïveté enfantine, donne toute sa magie à la vie...
Je veux parler ici des cloches de Pâques, du Père Noël, de la petite souris et de Dieu. Bon, j'entends d'ici les cris d'orfraie des croyants scandalisés que je compare Dieu au Père Noël ou à un rongeur collectionneur de canines. Sans rentrer dans le détail de mes convictions athées, je vous assure que de mon point de vue, la jolie histoire de Dieu créant le monde, dictant de manière plus ou moins obscure comment y vivre pour se retrouver au final tous dans le paradis éternel après la mort ressemble tout de même pas mal à une fable permettant de répondre de manière simpliste aux grandes questions : D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Avec un zeste de machiavélisme humain permettant une légère manipulation des masses en passant... D'où les rapprochements que je fais avec le fameux : "Attention, le Père Noël te regarde, il n'apporte des cadeaux qu'aux enfants sages..." qui permet aux parents d'acheter la tranquillité à peu près tout le mois de Décembre...

Bref, dans ma famille, ces traditions étaient très importantes. Et mes parents firent tout pour maintenir la magie le plus longtemps possible. Ils y parvinrent avec plus ou moins de succès selon la crédibilité de l'histoire.

Pâques et ses cloches
Je me souviens avoir remis en cause tout d'abord l'histoire des cloches de Pâques, dès l'âge de 5-6 ans je pense. Des cloches qui volent, ramenant du chocolat de Rome pour le déposer pile dans le jardin... Cela suscitait beaucoup trop de questions et d'incohérences... D'abord, on ne les voyait jamais passer. Ensuite, des cloches, ça n'a pas d'ailes, et c'est super lourd. Et enfin, les trois arguments qui m'ont fait penser que tout ceci était parfaitement fantaisiste : où une cloche pouvait-elle ranger tous ces œufs et autres chocolats pour le vol du retour ? Par quel miracle récupèraient-elles à Rome exactement les mêmes œufs que ceux qu'on pouvait trouver dans notre supermarché ? Et surtout, à midi, on les entendait rentrer, elles sonnaient à toute volée mais en fait, j'avais bien repéré qu'elles n'étaient pas parties du tout : elles avaient sonné onze fois à peine une heure auparavant et même un petit coup discret une demi-heure avant leur retour... En plus, parfois, à midi, elles n'étaient pas passées mais le chocolat apparaissait seulement quelques heures plus tard. Et quand il pleuvait elles passaient dans le garage ?? Non, mais sérieusement...

Mes enfants de 5 et 7 ans commencent à en douter largement. Heureusement, je leur ai fait croire une fois que je les avais vu passer au-dessus du quartier et ma fille a affirmé les voir s'éloigner aussi... Pouvoir de la persuasion. Et en se rendant sur place, ô miracle, il y avait des œufs dans le petit square au-dessus duquel nous les avions vues !
Et cette année, pour couper court aux doutes alimentés par les copains de l'école qui disent que ce sont les parents, j'ai mis en fond sonore les cloches de Notre-Dame une trentaine de secondes à fond dans le salon (merci Youtube), le temps pour eux de descendre de leur chambre juste avant que la cloche ne s'enfuit... Elle était entrée dans le salon ! Incroyable. Et dans la panique, elle a semé des œufs un peu partout dans le jardin et la maison. Sacrées cloches...

Dieu, le petit Jésus, l'esprit sain, la Vierge Marie et tutti quanti
La deuxième fable dont j'ai éventé l'imposture est celle de la religion. Durant mon CP, j'ai fait une petite année de catéchisme, que je n'ai sans doute pas terminée. Ma mère se souvient distinctement la conversation qu'elle avait eu avec l'animatrice, passablement agacée par mes questions durant les cours et mon scepticisme qu'elle craignait contagieux : non, je ne voulais pas admettre que Marie ait eu un enfant sans rapport sexuel. Déjà à cet âge, c'était aberrant par rapport à l'histoire de la conception que mes parents m'avaient expliquée à grand renfort de "petites graines" qui se rencontrent dans le ventre de la maman et qui me semblait bien plus crédible. Non, Jésus n'avait surement pas pu marcher sur l'eau. Ce n'est pas possible, toutes les expériences dans mon bain le prouvaient sans conteste. Bref, fi du bon Dieu, du petit Jésus et de ses miracles...

Petit papa Noël
Dans l'ordre croissant de crédibilité, vient ensuite à mon avis le Père Noël. D'ailleurs il ressemble pas mal aux représentations traditionnelles de Dieu. Et ils partagent plein d'autres caractéristiques : l'omniscience, l'invisibilité, le culte de la personnalité, la récompense des bonnes actions...
Devant mon manque de foi en l'homme rouge et mes questions pressantes, mes parents m'ont assez vite révélé le secret que je pressentais mais m'ont surtout encouragé à le laisser vivre pour que la "féérie magique de Noyel" continue de s'appliquer pour mon petit frère. Et là, on y est allé fort, très fort... Pour contrecarrer l'effet révélateur qu'avaient certaines discussions de récré, j'ai employé sans le savoir les techniques utilisées par les sectes : user et abuser de la confiance que mon petit frère avait en moi pour le persuader que c'était une cabale, destinée à lui faire perdre la foi et donc le bénéfice du Père Noël... Malgré tout, vers 8-9 ans, alors qu'il était franchement sceptique, mes parents devaient employer des trésors d'imagination pour laisser vivre le mythe.

Une année, toute la famille partait quelques jours en vacances avant Noël, pour rentrer après. C'était entendu : si le Père Noël existe, il aurait tout loisir de déposer les cadeaux durant notre absence, le jour de Noël. Sinon, mes parents seraient avec nous et ne pourraient pas garnir nos chaussons sagement alignés pour l'occasion au pied du sapin. Pour plus de sécurité, mon frère insista pour pénétrer en premier dans la maison à notre retour de vacances. Mes parents finirent par obtempérer. Je sentais la catastrophe arriver... Mais les cadeaux étaient là ! La preuve était incontestable, la foi de mon frère était ranimée pour une année entière sans soucis. Moi-même je restais stupéfait ! Comment diable cela était-il possible : nous étions à deux heures de route de là le 25 décembre... Évidemment, ma mère avait profité de "l'oubli de ses clefs" pour placer les cadeaux avant le départ. L'idée qu'on puisse intervenir sous le sapin le 22 décembre nous paraissait tellement saugrenue que nous ne l'avions même pas envisagée.

Une autre fois, ils sont parvenus à dissimuler aux fouilles investigatrices de mon petit frère une table de ping-pong durant plusieurs semaines... Là encore, en jouant sur les tabous implicites : comment aurait-il oser chercher dans le bureau paternel, toujours verrouillé et complètement sanctuarisé ?

Enfin, une année, nous décidâmes de veiller toute la nuit pour surprendre ma mère "la main dans le sac"... Nous nous installâmes dans sa chambre, plus proche du sapin, plus ou moins dissimulés, avec un Walkman et la cassette de l'intégrale des sketches de Coluche pour être certain de se tenir éveillé. La première année, mon frère s'endormit. J'ai croisé maman en pleine nuit, bien attrapée (et un peu atterrée aussi par notre entêtement...) Je pense que c'est la dernière année où mon petit frère a eu la foi. L'année suivante, elle s'est faite attrapée par toute la fratrie et, une fois notre forfait commis, nous fûmes ravis de filer au lit gratter quelques heures de sommeil avant l'ouverture des paquets...

La petite souris
Enfin, l'histoire la plus crédible (et qui arrive aussi plus tard dans l'enfance), et donc la dernière a avoir subi les conséquences de ma sagacité, est la petite souris.
Il faut dire qu'elle rend sympa un moment qui peut parfois être désagréable...
Voila comment cela se passait chez moi : une fois la dent de lait tombée, nous l'emballions dans du papier et nous glissions le tout sous l'oreiller. Et au matin, la dent avait été remplacée par un pièce de un, deux, parfois cinq francs !
J'imaginais que le rongeur utilisait toutes les dents du village pour construire sa maison, potentiellement sous mon lit d'ailleurs...
Je me souviens parfaitement m'être dit qu'il était impossible que mes parents rentrent dans ma chambre durant mon sommeil, n'ouvre le paquet, en retirent la dent, mettent une pièce à la place et replacent le tout sans que je ne m'en aperçoive... Par contre, une souris, pas de soucis, c'est petit et discret. Bon, évidemment, mes parents préparaient un second paquet qu'ils échangeaient simplement avec le premier, ce qui rendait l'exercice beaucoup plus simple. Et je sous-estimais assez largement la lourdeur de mon sommeil.

C'est à présent à mon tour de jouer à la petite souris. Je suis toujours un peu inquiet que les enfants ne se réveillent, surtout l'aîné qui a le sommeil délicat ces temps-ci. Voici quelques astuces que j'ai utilisées pour rendre l'histoire crédible. Un jour, nous avions enfermé la dent dans un tube de plastique particulièrement difficile à ouvrir. J'ai alors simulé une attaque de rongeur : le tube déchiqueté, la dent envolée et une petite pile de pièces à côté, le tout dans un recoin sombre et discret de la chambre... Mon fils prétendra même avoir vu la souris s'échapper, ce qui expliquait qu'elle n'aie pas eu le temps de tout bien ranger.
Une autre fois, alors que je tentais de procéder discrètement à l'échange en pleine nuit, mon fils se réveille et sursaute de me trouver près de lui. Je l'envoie au toilettes, substitue rapidement les deux paquets sous son oreiller et file le rejoindre dans la salle de bains. Et, pendant qu'il restait à demi-endormi sur le trône, je fais mine d'entendre du bruit dans sa chambre. Il entend également, pense de lui-même à la petite souris et file vérifier : la coquine est passée pendant que nous étions absents, elle était même surement déjà cachée dans la chambre quand nous sommes sortis ! On l'a ratée de peu...

Pièges à Schtroumpfs et autres fables familiales
Mon père est taquin. Il a toujours aimé nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Je me souviens comment cela a commencé pour le cas le plus flagrant. Nous étions en voiture et nous posions à nos parents d'innombrables questions, du genre : pourquoi les nuages tiennent en l'air, et pourquoi les poissons peuvent respirer sous l'eau mais pas hors de l'eau ? Quand, passant devant un pylône de ligne à haute tension, nous lui demandâmes ce que c'était... La réponse fut immédiate et d'une sincérité confondante : "ah, ça, ce sont des pièges à Schtroumpfs. Gargamel les a posé ici pour les capturer, regardez bien si vous en voyez coincés dedans..." L'effet fonctionna au delà de ses espérances : non seulement il gagna un peu de tranquillité durant tout le trajet où nous étions occupés à vérifier si Gargamel avait réussi son coup, mais surtout, mon frère y cru longtemps, très longtemps, durant des années.
Il faut dire qu'il était fan des Schtroumpfs. A chaque fois qu'il ramenait un bon bulletin, ou pour son anniversaire ou une fête, il gagnait un album (moi, c'était Tintin...) Et un jour, il prétendit mordicus avoir vu un Schtroumpf pris au piège (on retrouve un peu ce trait de caractère pour les cloches ou la petite souris chez ses neveux et nièces...)

Ce genre d'exemple est légion et ma créativité ou celle de mon père, couplée à la crédulité confiante de mon petit frère nous ont permis de les multiplier. Un dernier pour la route... Un soir où les parents étaient de sortie et nous avaient laissés seuls à la maison (ça arrivait de temps en temps, c'était la grosse fiesta), nous choisîmes de dîner "comme des riches", et nous installâmes chacun à un bout de la table, comme nous avions surement dû le voir dans un film où un couple d'aristo dînait dans une immense salle sombre éclairée au chandelier... Et là, nous découvrîmes certains problèmes logistiques auxquels nous n'avions pas pensé : comment se passer le sel à une telle distance. Nous nous échangeâmes bien l'emballage rond La baleine en le faisant rouler sur la table, mais nous nous rendîmes vite compte que ce ne serait pas possible pour la carafe d'eau ou le plat de raviolis. C'est alors que j'imaginai qu'il pourrait y avoir un petit tapis roulant sous la table, avec laquelle nous pourrions communiquer et que je l'assénais comme une vérité générale : chez les riches, ils ont un tel système pour échanger d'un côté à l'autre de la table. Certains sont mêmes commandés avec des boutons, c'est du dernier chic. Je crois qu'il y a cru pendant des années...