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lundi 23 septembre 2024

Laisser une trace, être un bon ancêtre

Récemment, je suis tombé sur cette vidéo de la chaîne Balade Mentale qui, comme à son habitude, tente de rendre accessibles des données chiffrées souvent difficiles à appréhender. Ici, il s'agit de la taille de la population mondiale, notamment par rapport aux humains ayant déjà vécu (en gros, nous sommes 8 milliards et il y a déjà eu 100 milliards d'humains) mais aussi, et c'est ce qui nous intéressera particulièrement, par rapport à une estimation de ce que pourrait être l'intégralité de l'espèce humaine dans le futur. En utilisant des hypothèses assez neutres (une population se stabilisant autour de 10 milliards d'habitants et une durée de l'humanité d'un million d'années, soit l'espérance de vie moyenne d'une espèce de mammifères), on obtient une population humaine globale d'environ 80.000 milliards d'humains. Cela nous placerait parmi les 0,15 % des premiers de l'Histoire ! Et je ne vous parle pas d'un scénario plus optimiste où nous réussirions à surmonter les crises potentiellement extinctrices qui nous guettent grâce à notre évolution inédite en tant qu'espèce, ce qui nous permettrait de survivre sur cette planète jusqu'à ce qu'elle devienne inhabitable, dans 800 fois plus longtemps que la projection initiale.

Bref, nous sommes peut-être les tout premiers d'une immense lignée humaine à venir.

Et nous sommes également aux débuts de l'Histoire, parmi les toutes premières générations à laisser des traces durables. Sur les 300.000 ans d'existence de l'Homo sapiens, à peine 1 % est "documentée" et encore bien partiellement. Les archéologues du futur, et il y en aura un sacré paquet, ne manqueront donc pas d'éplucher en détail les moindres traces que nous laissons actuellement. Toutes les images et les écrits que nous produisons et que nous archivons, en milliers d'exemplaires dans des serveurs sans cesse répliqués et sauvegardés, ont de bonnes chances de parvenir d'une manière ou d'une autre auprès de nos très lointains descendants.

Et bien, je crois que plus ou moins consciemment, c'est une des raisons qui m'ont un jour poussé à commencer ce blog. En effet, je sais qu'il n'est pas vraiment lu par mes contemporains et qu'il sert plus de bloc-notes personnel que d'outil de communication avec mes congénères. Mais, j'espère qu'il permettra un jour à des humains du futur plus ou moins proche d'éprouver les mêmes sensations que celles que je ressens lorsque je farfouille dans des articles de journaux du début du XXe siècle : un véritable voyage dans le passé, fourmillant de détails à la fois insignifiants et touchants. Ces articles sont parfois la dernière trace de l'existence entière de personnes disparues il y a à peine une centaine d'années.

Ainsi, c'est dans cet esprit, pour laisser une trace qui soit la plus originale et la plus authentique (et donc j'imagine la plus intéressante) possible, que je m'efforce de partager des connaissances qu'on ne trouvera nulle part ailleurs, comme mes souvenirs de guerre (les 3 épisodes ici, ici et pis ici du coup) ou des détails inédits sur des sujets futiles comme les dédicaces de "Tire sur mon doigt" de Charles Bossart. Je laisse des "Chut, le livre dort" dans tous les livres d'or où je passe pour qu'un chercheur le remarque et s'interroge un jour ou encore je partage des détails très personnels sur mon histoire et mon identité qui, peut-être, intéresseront certains de mes très lointains descendants qui seraient passionnés d'avoir de tels détails sur leur arrière-arrière-.....-arrière-grand-père (dans ce cas, c'est qu'ils auront hérité de ma curiosité, bien joué les gars/filles/non-binaires/I.A. dérivées...)

Tel sera sans doute mon seul héritage, mais j'espère que mes descendants seront fiers de moi et qu'ils me considéreront, au moins comme une source historique peu banale, et au mieux comme un "bon ancêtre".

lundi 3 juin 2024

Monter sur un podium et gagner une médaille (suite)

Quatre ans et demi après le premier article de cet élément de ma bucket list, vous me la demandez à corps et à cris, voici enfin la mise à jour tant attendue (allez, laissez-moi rêver d'une audience fidèle et assoiffée de nouveautés s'il vous plaît)

L'idée première d'utiliser le tir sportif pour arriver à réaliser cet objectif, si elle n'est pas complètement abandonnée, est tout de même dans une impasse : après une première année d'entraînement où je m'en sortais honorablement au tir au pistolet, les contraintes administratives de la Fédération Française de Tir couplées à un manque de réelle passion pour la discipline ont eu raison de mon engagement. D'autant plus que le besoin de garder la licence pour être autorisé à détenir une arme de défense à la maison est devenu caduc grâce à l'acquisition d'armes de collection à poudre noire, autorisées à la détention sans déclaration, et qui feront parfaitement l'affaire pour neutraliser un éventuel agresseur dans un environnement domestique...

Tout ça pour ça donc, près de cinq ans d'attente pour s'entendre dire que l'on reste sur un demi-succès (mais si, vous savez bien, le Championnat de France d'un jeu de société confidentiel...) ?

Que nenni mes amis ! Si le tir est dans l'impasse, je l'ai avantageusement remplacé par l'athlétisme il y a un peu plus d'un an. Et plus précisément par la marche athlétique. Discipline confidentielle bien que popularisée par Yohan Diniz en France, elle allie effort physique d'endurance et une technique bien plus difficile à maitriser que ce que j'en pensais naïvement. Si bien que mes premières tentatives se sont invariablement conclues par des disqualifications prématurées, notamment lors des championnats régionaux masters que je visais particulièrement, ces derniers distribuant des médailles par catégories de cinq ans d'âge, ce qui fait généralement plus de médailles que de participants...

Mais finalement, contre toutes attentes, c'est lors des championnats départementaux seniors (donc ouverts à toute la concurrence de 23 à 99 ans), réputés plus sévères dans le jugement, que j'ai réussi à terminer un 5000 mètres et à accrocher une place sur le podium ! Ce fut plus difficile qu'anticipé sur la durée, plus difficile également sur le coup car je me suis un peu trompé dans mon équipement et ai fini avec l'entre-cuisses en sang, mais ça reste un excellent souvenir et une raison de plus de vraiment cocher cet objectif !

lundi 29 avril 2024

Gagner un concours de nouvelles V

Suite de nos aventures littéraires. Pour avoir tout l'historique, le premier "tome" à retrouver sur ce lien.

Nous voici bientôt mi-2024, près de 11 ans après la première tentative d'écriture. Rien de spectaculaires mais tout de même quelques petits succès sur les tentatives de recyclage de textes ou les productions hyper-courtes évoquées dans le précédent billet.

Ainsi, première bonne surprise en 2022 lors du dépoussiérage de ma base de données de suivi. En voulant la mettre à jour, je me suis rendu compte qu'une association ayant organisé un concours en 2017 avait bien publié le recueil promis avec un an de retard, ce que j'avais complètement raté. Ma nouvelle, qui ne figurait pas parmi les lauréats, a été sélectionner pour figurer dans le recueil. C'est donc une troisième publication à mettre à notre actif, toujours avec le même texte !

De plus, une petite recherche sur Internet m'a appris qu'un texte (qui avait été vice-lauréat d'un concours auquel je m'étais rendu à la remise de prix) avait également été sélectionné pour une lecture publique par une association de "découvreurs de livres". Ça fait toujours plaisir. J'imagine qu'il a été supporté par un des membres du jury que j'avais croisé et m'avait dit qu'il avait adoré la nouvelle. Merci à ce fan de la première heure !

Ce même texte, sur le thème de l'enfance, a également été sélectionné premier d'un beau concours (180 participants tout de même) qui prévoyait lecture publique et recueil publié. Toutes ces réjouissances ont malheureusement été annulées et je n'ai à vrai dire pas même été prévenu que ma nouvelle avait suscité un tel intérêt. Ce n'est que deux ans plus tard que je m'en suis rendu compte en mettant à jour ma fameuse base de données !
En tout cas, un de mes prochains projets sera sans doute de tenter d'adapter cette fameuse nouvelle (déjà primée à la première place 3 fois en 8 participations) en un script de court-métrage : elle me semble en effet, parmi mon petit catalogue de texte, être la plus adaptée à une réalisation aux moyens modestes... À suivre...

En ce qui concerne les micro-nouvelles qui ont constitué l'intégralité de ma très faible production de ces trois dernières années, ce sont neuf petits textes qui ont concouru, principalement lors du concours mensuel de la La Taverne des Spores, pour un résultat assez mitigé mais pas complètement nul puisqu'un de ces textes a réussi à être sélectionné parmi les dix lauréats...

Enfin, dernier projet en date et en cours, l'écriture de scénarios (j'aime pas écrire scenarii...) qui auraient pu avoir leur place dans la bande dessinée Tire sur mon doigt de Charles Bossart... J'en ai écrit une bonne vingtaine que je compte soumettre à l'auteur et lui proposer une collaboration pour un éventuel tome 2.

 

Et oui, comme me le faisait remarquer ma fille Faustine lisant par-dessus mon épaule ce billet en cours de rédaction (elle est à la recherche de scoops pour alimenter son fil Twitter si j'ai bien compris), l'objectif "gagner un concours de nouvelles" étant réalisé depuis belle lurette, on peut passer à la vitesse supérieure et tenter d'être officiellement considéré comme un vrai auteur. Le scénario de bande dessinée est un moyen que j'adorerais employer pour y arriver (c'est d'ailleurs le point n°4 de ma liste de 100 choses à faire avant de mourir, ça tombe vachement bien quand même...)
 

mardi 17 août 2021

Gagner un concours de nouvelles IV

Notre précédent suivi pour cet objectif (gagner un concours de nouvelles) de notre bucket list se terminait mi-2017, il est donc temps de s'offrir une petite mise à jour, même si mon activité de création littéraire n'a pas été très riche ces 4 dernières années !

En effet, j'ai surtout tenté, assez épisodiquement, de participer à quelques concours en recyclant mes textes déjà écrits lorsque le thème était libre ou collait avec la nouvelle. Cela m'a permit d'obtenir un troisième succès en août 2017 dans un concours de moyenne envergure grâce à ma nouvelle sur le thème de l'enfance, manifestement très appréciée, et j'ai eu le bonheur cette fois-ci de participer à la cérémonie de remise des prix (un panier garni pour ma seconde place) durant laquelle j'ai discuté avec les membres du jury et lu mon texte devant une cinquantaine de personnes toutes très souriantes et bienveillantes... Une journée bien remplie ponctuée par une petite recherche de fossiles alentours dans une formation rocheuse typique de la région avant de rentrer à la maison ! Bref, un excellent souvenir.

Mais depuis, je n'ai pas participé à d'autres concours. J'ai simplement tenté ma chance sur divers sites Internet et appels à textes en ligne (tels que short-edition) et, même si mes textes ont rencontré un succès d'estime comme on dit, j'ai été rebuté par l'aspect "réseau social" de ce genre de système, qui pousse à voter pour un maximum de textes afin de récolter des voix pour le sien dans une espèce d'échange de bons procédés, le tout bénéficiant malheureusement aux auteurs très actifs, avec un gros réseau et une production importante... En soit, c'est un mini-monde de l'édition professionnelle, ce qui est parfait pour quiconque souhaiterait percer dans le domaine littéraire et accéder ainsi au Graal de la publication à compte d'éditeur, mais ne correspond pas réellement à ce à quoi un amateur tel que moi peut aspirer.

Plus récemment, j'ai produit quelques micro-textes pour participer notamment au Prix Pépin (<300 signes, ça fait peu) ou aux appels à textes de La Taverne des Spores (moins de 600 caractères cette fois), sans succès pour le moment.

Enfin, en ces jours de vacances d'été 2021, j'ai décidé de me consacrer à un exercice un peu différent mais néanmoins lié en m'attelant à étudier les ressorts de l'écriture des nouvelles, et particulièrement évidemment des nouvelles à succès. L'article dédié à cette activité ne saurait tarder. D'ailleurs, si cette phrase est bleue, il suffit de cliquer dessus pour l'ouvrir... Cela devrait m'inciter à reprendre la plume et, à défaut, me permettre d'écrire quelques critiques sur des ouvrages qui figurent parfois à peine dans Wikipedia. Au minimum donc, j'enrichirai la somme des connaissances universelles humaines, c'est pas si mal...

Mais il ne fait nul doute que je tenterai de nouveau l'aventure des concours de nouvelles dans un futur plus ou moins proche. Cela sera à suivre sur ce lien, n'hésitez pas à le cliquer s'il est bleu, c'est bon signe...

mardi 15 décembre 2020

Le saviez-tu ?

Pater Noster

Une découverte lors de ma révision des 100 poèmes à apprendre par cœur (dans ma bucket list) : la version officielle du Notre-Père, la prière la plus utilisée de la liturgie catholique, a été modifiée officiellement en 2017. En effet, à cette date, le texte de la sixième demande au Père est passée de "ne nous soumet pas à la tentation" à "ne nous laisse pas entrer en tentation"... La raison principale n'étant pas l'esthétique du texte vous en conviendrez, mais la nécessité d'écarter l'idée que la tentation pourrait être une espèce d'épreuve soumise par Dieu. Or, il n'en est rien. Mécréants ! Comment avez-vous pu vous méprendre sur les intentions du Seigneur ? Ainsi dans la lettre de Saint Jacques il est dit clairement : « Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : ‘Ma tentation vient de Dieu’, Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne » (Jc 1, 13). Bim, dans vos nez ! Réapprenez votre prière, butez à chaque incantation sur ce vers qui sort naturellement à l'envers et repentez-vous de ces intentions négatives que vous prêtâtes au Tout-Puissant !

Le saviez-tu ?

J'ai entendu pour la première fois ce petit jeu de mots fin 2019 dans une vidéo de vulgarisation historico-mythologique sur Youtube (Manon Bril, on t'aime !). J'ai longtemps cru que c'était une idée originale... Jusqu'à ce que je me rende compte que Davy Mourier avait fait une série de sketches avec ce thème en 2016... "Serait-ce donc sur Nolife que ce jeu de mots "le saviez-tu ?" est apparu ?" me demandé-je. Pour en avoir le cœur net, et parce que nous n'avons pas peur de consacrer une heure de notre insignifiante existence à ce genre de futilités, quelques recherches s'imposèrent. Le résultat de cette fouille méthodique des archives de l'Internet nous ont finalement montré que l'expression est fort récente, assez rare, mais qu'elle est devenue populaire dans les années 2010, via notamment une bande dessinée humoristique de 2013. Mais c'est sur un obscur Skyblog de 2006 que j'ai trouvé la plus ancienne mention datable... Je ne résiste pas à la tentation de partager une petite capture d'écran :

L'auteur du blog "les animals" donc, manifestement féru de détournements grammaticals à des fins humouristiques (non, j'arrête, ça me pique trop les œils tous ces mots soulignés de rouge ondulant), serait l'auteur inconnu de cette vanne au succès laborieux mais indiscutable.

Pour en avoir le cœur net, j'ai décidé ni plus ni moins de lui poser la question, car, ô surprise, les skyblogs tous pétés de votre enfance sont toujours là et le site a survécu, dans son jus, aux Goa.fr, Lycos et autres Altavista, qui l'eut crû... Et il m'a donc fallu créer un compte Skyrock pour la première fois, à mon âge, en 2020. Expérience presque paranormale de déformation de l'espace-temps.

Nous verrons bien s'il y a une réponse, plus rien ne nous étonnerait dans cette affaire.

[Petit suivi un mois plus tard] 

Malheureusement, pas de réponse à mon message. J'ai donc parcouru le reste du blog pour dénicher un élément me rattachant à l'auteur. Sans succès, mais j'y ai découvert une variante du jeu de mots quelques mois plus tard : "Le sachiez-tu ?", qui n'est à ma connaissance pas passé à la postéri[euri]té, peut-être parce qu'un poil (de fesses) trop scatologique ?




dimanche 7 juin 2020

Une certaine façon de penser

Juste en passant, une pensée qui m'a traversé l'esprit trois ou quatre fois ces trente dernières années. Je la pose ici au cas où elle ne revienne pas, parce que je crois qu'elle est symptomatique de la façon dont fonctionne mon cerveau. Du moins, qu'elle révèle une part de son fonctionnement qui n'est pas vraiment commune. Si j'en crois ce qu'on me dit bien sûr, parce que pour moi, c'est évidemment normal... Je vous laisse juger.

Vous connaissez bien entendu l'Aigle Noir, la chanson de Barbara. Moi je la connais, je l'ai apprise en musique au collège, et elle contribue à hauteur de 1.3 % à la réalisation de mon objectif de connaitre 2000 vers de poésie, qui est un des objectifs de ma bucket list...

Les deux derniers couplets donnent ceci :
Dis l'oiseau, oh dis emmène-moi
Retournons au pays d'autrefois
Comme avant dans mes rêves d'enfant
Pour cueillir en tremblant des étoiles, des étoiles
Comme avant dans mes rêves d'enfant
Comme avant sur un nuage blanc
Comme avant allumer le soleil
Être faiseur de pluie et faire des merveilles
L'aigle noir dans un bruissement d'ailes
Prit son vol pour regagner le ciel

Je vous ai souligné le passage révélateur, mais je vous ai laissé tout le contexte sinon on comprend pas grand chose... Vous en pensez quoi de ce "être faiseur de pluie" ? On est d'accord que c'est les rêves d'enfant : on cueille des étoiles, on allume le soleil, on fait tomber la pluie et on fait des merveilles. Point, on passe à la suite.
Et bien non, pour moi, depuis la première fois que je l'ai lu et jusqu'à aujourd'hui, je me dis que ce "être", ce pourrait très bien non pas le verbe mais le nom commun, apposé au soleil qui en quelques sortes le personnifierait comme une entité vivante, responsable de la pluie : le allume le soleil, cet être qui fait tomber la pluie. Parce qu'en fait, c'est un pléonasme de dire qu'on allume le soleil et qu'on génère la pluie. Réaliser le premier suffit à entrainer le deuxième. Si t'allumes le soleil, ça va finir par faire pleuvoir, le cycle de l'eau, tout ça...

Je me rends compte en écrivant que ce qui me dérange ici, c'est que si on considère que "être" est ici le verbe, c'est comme si on "gaspillait" un pouvoir... Pas la peine de demander à faire les deux, le premier suffit pour tout obtenir.

Voila, si par chance vous avez compris, vous en savez un peu plus sur ma façon de voir le monde. Bonne nuit !

mercredi 6 mai 2020

Souvenirs de la guerre

J'ai repris un peu la généalogie ces temps-ci. C'est une passion intermittente, qui m'occupe en moyenne quelques jours par an, mais elle est tellement chronophage qu'il faut généralement bien vite la mettre de côté pour les activités plus urgentes... Difficile de dire si ce sera plus simple dans dix ou vingt ans de réaliser le plus bel arbre généalogique possible (un des objectifs de ma liste de 100 choses à faire).

D'un côté, je me rends compte que de nombreux nouveaux outils permettent de le réaliser plus facilement (de plus en plus d'arbres partagés, de registres dépouillés ou scannés accessibles publiquement, de cimetières relevés, etc.) mais d'un autre, la mémoire plus immédiate de nos anciens disparaît inéluctablement.

Je me suis fait cette réflexion à la suite d'un message reçu de la part d'une généalogiste amateure qui faisait des recherches sur un ancien aïeul (un cousin de mon grand-père), résistant ayant appartenu à un réseau de chez elle, déporté à 19 ans et dont on ne sait pas grand-chose. Je suis sûr que mes grands-parents, mon oncle ou mon père auraient pu nous renseigner, mais il aurait fallu que la demande arrive il y a dix ans. Aujourd'hui, tous les trois sont morts. Et leurs souvenirs évaporés avec eux.

Cela m'a motivé à partager les souvenirs qu'ils m'ont transmis sur la guerre. Qu'ils concernent ou non ma famille, ce sont des anecdotes et "petites histoires dans la grande histoire" comme on dit pompeusement. Je n'en ai que des souvenirs parcellaires, je ne saurais être précis sur les dates ou les noms, c'est au mieux des témoignages secondaires (pour ce que m'a raconté mes grand-mères qui avaient 15 et 18 ans au début de la guerre), souvent tertiaires. Mais c'est mieux que le néant dans lesquels ils sont destinés puisque j'en suis sans doute parfois le dernier dépositaire et qu'en général, tout le monde s'en tamponne à part quelques rares illuminés que je ne croiserai sans doute jamais.

Je les confie donc à ma mémoire externe et publique, puissent-ils servir à quelque chose un jour ?

L'eau du lac
Le premier souvenir que j'ai envie de raconter commence avec une anecdote qui m'a marquée enfant.
Mon grand-père, chez qui j'ai passé de longues semaines tous les étés de mon enfance, refusait catégoriquement de boire de l'eau. Il tournait au vin rouge pour 100 % de son hydratation. Et quand on lui demandait pourquoi, il répondait malicieusement qu'il ne "boirait pas du collabo" en désignant du menton le robinet de la cuisine. Il n'en dit jamais plus, tout comme il ne parlait presque jamais de la guerre. C'est ma grand-mère qui m'en appris d'avantage.

Pendant l'occupation, le village de petite montagne jurassienne dans lequel vivait la famille était plutôt tranquille. On n'avait certes pas grand-chose à manger mais on vivait en autarcie, dans un esprit général de résistance passive : on n'aimait franchement pas les boches mais on était plus préoccupés par les soucis du quotidien que par la politique. Ma grand-mère, qui chantait beaucoup, enchaînait encore dans les années 90 le Chant des Partisans et Maréchal nous voilà sans sourciller... On ne voyait pas le problème à l'époque. On vouait une grande confiance au Vainqueur de Verdun et on soutenait également les braves qui résistaient. Du patriotisme tous azimuts en quelques sortes.

Pour ma famille et la majorité du reste du village, les choses ont commencé à changer avec le STO. Mon grand-père par exemple y fut réfractaire et n'est pas parti. Il est de fait entré dans la clandestinité à cette occasion. Pas vraiment par conviction ni par courage, juste parce qu'il ne voulait pas partir travailler en Allemagne, il y avait déjà fort à faire au village pour nourrir la famille...
Je ne crois pas qu'il ait jamais participé à de grandes actions, mais dans le petit groupe de résistants qui vivaient au village (pas la peine de prendre le maquis, il n'y avait pas de présence allemande ni de gendarme sur place), certains réalisèrent quelques actions, plus ou moins dans la mouvance du maquis du Haut-Jura et de l'Ain dont le coup d'éclat fut le défilé du 11 novembre 1943 dans les rues d'Oyonnax. On m'a parlé une fois du sabotage de la ligne de chemin de fer reliant Lons-le-Saunier et Saint-Claude, mais je n'en suis pas sûr.

Toujours est-il qu'un jour, les allemands débarquèrent en convoi dans le village, fouillant des maisons, interrogeant assez vivement leurs habitants. Ils semblaient à la recherche de deux jeunes hommes en particulier. Le premier, un cousin de ma grand-mère, un certain Monnier de Thoiria (allez, je mets tout ce que je sais, c'est pour les historiens du siècle prochain), fut arrêté chez lui, conduit dans la Forêt de la Joux et retrouvé abattu d'une rafale dans le dos. Le second s'enfuit mais fut descendu de loin "dans la plaine de Soucia" par les tireurs allemands. Je ne sais pas si ces évènements sont documentés quelque part, une rapide recherche ne m'a pas permis d'en savoir plus.
Le village avait été prévenu que les allemands arrivaient et mon grand-père qui connaissait bien les bois était parti se cacher avec quelques autres dans la forêt. Dans la précipitation, il perdit ses papiers que les allemands trouvèrent et ramenèrent à la maison, sans poser plus de questions : ils n'étaient pas venus pour lui.
Car les allemands étaient bien renseignés et même guidés dans la région par un local : un collaborateur notoire de Clairvaux-les-lacs.

La deuxième partie de cette histoire se déroule en 1944, les allemands ont fichu le camp et notre collabo se retrouve bien vite entre les mains d'une vingtaine de gaillards des environs, dont mon grand-père. Il ne passe pas un moment très agréable et se retrouve bien vite attaché solidairement à une "roue de faucheuse" m'avait-on dit, au bord du petit lac de Clairvaux, invité à démontrer ses talents de nageur.
J'imaginais enfant une roue énorme qui l'entrainait en roulant vers le lac. En fait, il n'y a pas besoin qu'elle fasse 2 tonnes. Je ne suis pas sûr qu'avec celle de la photo illustrative ci-dessous (somme toute de taille modeste mais en fonte) autour du cou je puisse flotter bien longtemps...


La fin de l'histoire, vous la devinez, surtout si vous avez lu l'article Wikipédia sur le petit lac : depuis la fin des années 60, l'eau de quelques villages des environs est pompé directement dans ce lac, dont les acteurs de l'épuration sauvage se méfiaient évidemment comme de la Gestapo...
Un jour seulement, mon grand-père consentit à me répondre lorsque je lui demandais de me raconter cet épisode. Il répondit seulement : "bon dieu, y gueulait comme un cochon qu'on va égorger... Y z'ont balancé la roue et bloup, disparu au fond..."
Je ne sais pas comment il s'appelait, mais je pense que si vous le cherchez, il est toujours au fond avec sa roue de faucheuse autour du cou.

A venir, un guet-apens à Dammartin et comment la rancune restait tenace dans les années 60 et même ensuite dans la région de Clairvaux...

dimanche 19 janvier 2020

Monter sur un podium et gagner une médaille

Pendant quelques années il y a quelques années (ce n'est certes pas très précis mais ça restera vrai dans... quelques années), j'ai participé au Championnat de France d'un jeu de société de stratégie.
Nous n'étions pas très nombreux mais le niveau était assez relevé, on comptait quelques finalistes de Championnat du Monde parmi les français, et beaucoup de compétiteurs étaient très expérimentés, beaucoup plus que moi en tout cas. C'est un jeu assez complet et difficile.

Je me suis donc entrainé, en live et en ligne, et, une année, j'ai réussi l'exploit de monter sur le podium. Les résultats officiels étant référencés sur Wikipédia, on pourrait considérer que cela permettait de remplir deux objectifs de ma bucket list...
Disons qu'ils sont à moitié remplis seulement... En effet, la page Wikipédia a été "nettoyée" et seuls les noms des champions de France sont encore présent, sous prétexte que le nombre de participants ne justifie pas un recensement exhaustif de tous les médaillés... Si bien que je n'apparais plus aujourd'hui que dans les archives de l'encyclopédie. Va falloir trouver autre chose...

Et, en ce qui concerne le prestige du podium, il est vrai que la discipline est tout de même très confidentielle et qu'il serait bien de parvenir à quelque chose d'un peu plus prestigieux... On va donc tenter de nouveau le défi.

Je me suis inscrit cette année dans le club de tir de ma ville. L'objectif premier était l'autorisation d'une détention d'arme, qui est une des dernières choses qui manque à ma panoplie du petit survivaliste (on y reviendra sans doute). Mais, je me suis pris au jeu de l'amélioration de la performance et je pense que je pourrais tenter de réaliser quelque chose d'intéressant ici. Difficile de viser le podium du Championnat de France, mais une participation à cette compétition, qui passe par des sélections départementales puis régionales, serait une très belle réussite et nécessiterait une sacrée amélioration de mon niveau de débutant actuel... Tentons donc ce défi pour réussir, disons, la seconde moitié mon challenge, dans la mesure où il est déjà à moitié réussi avec mon podium au Championnat de France du jeu de stratégie... A suivre donc ;)

mercredi 1 janvier 2020

Embrasser une célébrité

Cet objectif, je l'ai trouvé en lisant d'autres "bucket lists". Ouais, c'est comme ça que ça s'appelle chez les anglo-saxons les "listes de 100 choses à faire avant de mourir", ils nomment ça bucket lists... Ça claque tout de suite, et puis c'est un peu plus pratique, alors, habituez-vous, c'est ainsi que je vais en parler maintenant, parce que je parle la novlangue moi, je suis du troisième millénaire, d'ailleurs bonne année !

Donc, disais-je, c'est en parcourant des bucket lists, très à la mode chez les ricains (il y a même un site internet avec plein de listes de plein de gens, on peut faire des statistiques sur ce qui revient le plus et tout, j'en parlerai sans doute un jour...) que j'ai lu l'histoire d'un type (allez, il mérite quand même que je cherche qui c'est, bougez pas...) voila, c'est sur le site de Sebastian Terry, un australien qui a une liste folle et qui passe littéralement tout son temps à réaliser ses rêves, que j'ai déniché cette idée... Ce mec a tout de même roulé un patin à Sharon Osbourne sur un plateau de télé juste parce qu'il avait écrit sur sa liste qu'il souhaitait embrasser une célébrité ! Sur le coup, j'avais trouvé ça trop cool (pas le côté "bécotage de star" mais plus le côté "autoréalisateur, rien n'est impossible alors que ça semble impossible"), alors je l'ai mis aussi sur ma liste...

Et bien, pour moi, ça s'est fait tout seul... Et grâce à un autre élément de ma liste. Le tout premier : battre un record du monde. Comme l'enseigne la lecture du passionnant article dédié à ce premier objectif, j'ai réussi à détenir des records dans quatre catégories différentes il y a une petite dizaine d'années. Et il s'avère qu'un de ces records est encore en ma possession. Ce record est un peu spectaculaire, rigolo et télégénique si bien que j'ai déjà vu des stars américaines tenter de le battre dans un show Internet (sans la moindre chance de succès vu la mauvaise préparation) et, récemment, j'ai reçu un message sur LinkedIn m'informant qu'un show télévisé asiatique allait tenter l'expérience et qu'ils aimeraient m'avoir sur le tournage à cette occasion ! Comme quoi, LinkedIn permet des mises en relation qu'ils n'imaginent pas... J'ai évidemment sauté sur l'occasion (d'autant plus que c'était grassement rémunéré) et je me suis retrouvé au milieu de 10 coréens pour leur expliquer tous les trucs et astuces qui m'avaient permis de réaliser mon "exploit"...

Il serait exagéré de dire que j'ai toujours rêvé de participer à ces shows qui semblent absolument ridicules, à la mise en scène ultra-exagérée, complètement surjouée et grotesque, pleine d'incrustation d'onomatopées comme sorties tout droit d'un manga. Mais je me suis bien amusé, la présentatrice (une véritable star locale dont les émissions attirent des scores d'audience à faire pâlir d'envie Arthur et Patrick Sébastien réunis) était très sympa, rigolote et jouait bien et nous avons réussi à produire un spectacle de la qualité attendue pour toutes les familles coréennes qui vont nous regarder tenter de battre ce record tous les deux (20 millions de téléspectateurs en moyenne, 900k followers sur Twitter, elle pèse ma partenaire !). Et, comme il semble bien dans le tournage que nous y parvenions (alors que c'est assez discutable vu que nous utilisons quelques raccourcis par rapport aux règles officielles), nous nous embrassons spontanément devant la caméra pour fêter notre victoire. Rassurez-vous, un baiser bien plus sage que celui de Sharon Osbourne et Sebastian Terry, mais ça me convenait mieux de toute façon, je suis un homme marié tout de même !

Et voilà, j'ai hâte de voir ce que ça va donner une fois monté à l'écran et d'écouter mon doublage en japonais... La diffusion est prévue durant l'année 2020, mais je peux d'ores et déjà cocher ce petit objectif bien rigolo et j'en garde un bon souvenir et des anecdotes uniques...

mercredi 11 septembre 2019

Prendre sa retraite

Oui, il peut sembler bizarre de trouver cet objectif, "Prendre sa retraite", dans une liste de rêves à réaliser... En tout cas, après avoir lu plusieurs de ces listes (ça semble très à la mode aux States, ils appellent ça bucket list les ricains... Hum ? Comme si c'était un seau de poulet frit dont on pouvait tirer une aile ou une cuisse au hasard ? Non, je vois pas...) [note de relecture, cet aparté au KFC n'est que le premier d'une longue série rendant cet article vraiment pénible. Non mais vraiment, je ne sais pas ce que j'ai ce soir, mais j'ai envie de tartiner dans les parenthèses... La preuve, je finis même pas mettre des notes de relecture dans des crochets en italique... Illisible vous dis-je...], bref, j'en ai lu un paquet donc, et je n'ai jamais vu ailleurs cet objectif. Même dans la bucket list d'Annette, une californienne qui a une impressionnante liste de 1137 trucs à faire dans sa vie, dont quand même visiter la route du Comté (!), on ne trouve pas l'idée de prendre sa retraite ! Alors, quand je vous le dis que c'est pas banal...

J'imagine qu'on peut commencer par se dire que prendre sa retraite n'est guère qu'une question de patience et d'un peu de chance. Tout le monde y arrive tranquillement, grosso modo entre 60 et 65 ans si y'a pas de pépin, n'est-ce pas ? Et bien non, je ne suis pas d'accord. Je ne l'ai jamais été je crois. Je ne vois pas de raison de suivre gentiment les règles qui nous poussent à trimer toutes nos belles années pour avoir enfin du temps libre quand on ne sera plus en état d'en profiter... Si jamais on a la chance d'y arriver. Parce qu'on en connaît tous des mecs qui sont cannés moins d'un an après leur pot de départ... Moi, c'était un collègue de papa qui s'appelait Totoche, vieux garçon avec pas mal de sous, pan, à peine 6 mois de retraite, super ! Parce que je peux vous dire qu'il ne s'était pas éclaté en bossant le pauvre...

Donc l'idée, vous l'avez compris, c'est de prendre sa retraite le plus tôt possible. Si peu de personnes le citent spontanément comme un objectif, en fait, l'immense majorité en rêve... L'idée de gagner au loto, c'est juste pour pouvoir ne plus avoir à se lever chaque matin, avec un crétin de chef à contenter et des imbéciles de collègues à supporter. Non pas qu'ils ne le feraient pas, mais ce qui change tout, c'est d'avoir la liberté de ne pas le faire.

Tout petit déjà, vous vous en souvenez si vous êtes un lecteur assidu (non, je déconne y'en n'a pas, j'écris pour mon moi du futur (hey, salut vieux, tu rajeunis pas...) et les quelques proches que ça intéresse ou que ça intéressera, bisous chérie, salut Gus, coucou les enfants !), sinon je vous mets un lien parce que je suis cool : je déclarais vouloir être trader, certes, mais j'avais également découvert dans la littérature du XIXème siècle une occupation qui semblait courante à l'époque et qui avait l'air trop cool : rentier. J'avais demandé à maman de m'expliquer ce que c'était et comment le devenir, mais il semblait que les parents n'avaient pas vraiment fait ce qu'ils fallait pour que je puisse envisager cette carrière dès mon entrée dans la vie active. Alors, je me suis plutôt tourné vers trader, qui n'était pas vraiment incompatible d'ailleurs puisque l'idée restait d'accumuler le plus vite possible de quoi assurer ses vieux jours.

Car, enfin, nous y arrivons. Quel est le secret pour réaliser ce rêve commun à toute l'humanité ? C'est bien simple, il "suffit" de gagner et de mettre de côté assez pour être certain de ne jamais manquer. Ça parait tout bête mais ça donne incessamment lieu à d'interminables et stériles débats entre collègues ou en famille à l'occasion de toutes les super-cagnottes du loto par exemple. De combien a-t-on besoin pour s'arrêter ? Certains avancent des chiffres (1 million, 2 millions, 5 millions), qu'ils reculeront le jour où ils y arriveront (mais en général ils n'y arriveront pas), d'autres expliquent qu'il n'est pas possible de prendre le risque, car il peut y avoir de l'inflation, des krachs boursiers, des dépenses imprévues, des baisses de rendement, des spoliations... Ces derniers n'ont pas tort. Il y a plein de paramètres impossibles à contrôler ni à anticiper qui font qu'il est en général plus prudent de ne pas arrêter de bosser. En tout cas, ça donne une bonne excuse pour ne pas essayer.

Car le nœud du problème est là, pour accumuler assez et s'arrêter vraiment, il faut trouver la conjonction de deux traits de caractère difficilement compatibles : il faut être économe mais pas avare. Il faut passer son temps et son énergie à accumuler, à économiser, gratter partout, résister à toutes les tentations de dépenses qui nous sollicitent chaque jour dans le seul but de faire monter le plus vite possible son magot... Mais pour autant, il ne faut pas perdre de vue l'objectif, qui n'est pas la richesse, ni le pouvoir, mais bel et bien la soif de liberté. Et à un moment, quand l'objectif est en vue, il faut savoir renoncer au statut social, au salaire qui ferait encore augmenter le trésor, à la petite voix qui dit : "encore une année ou deux et là on sera tranquille, au cas où"... Parce qu'elle ne s'éteindra jamais, il y aura toujours une bonne raison de continuer à bosser, alors qu'on a beau nous raconter toutes les fables qu'on veut sur l'épanouissement par le travail, la vraie vie, elle est ailleurs.

Des gens qui pourraient prendre leur retraite anticipée, y'en a un paquet. Mais ils ne le veulent pas vraiment. Ils ne s'en donnent pas les moyens... Soit ils dépensent leur argent quand ils le gagnent parce qu'ils préfèrent en profiter maintenant et que le sacrifice de se priver aujourd'hui ne vaut pas à leurs yeux la récompense d'être libre plus tard. Soit ils sont dans une autre dépendance, celle de la spirale de l'envie et de l'orgueil, qui fait qu'il faut être le plus riche, le plus puissant, avec le meilleur job dans la meilleur boite et posséder tout ce qui montre qu'on a "réussi". Mais c'est évidemment sans fin, on trouvera toujours plus riche que soit ou alors on ne pourra jamais renoncer à ce "statut social" qu'on a acquis, à toute cette "reconnaissance" qu'est en fait la jalousie des autres... On veux être envié autant qu'on envie ou qu'on hait parfois les plus "nantis". Bref, dans un cas comme dans l'autre, pas de réelle volonté de sortir du rang, de faire l'original et de se déclarer retraité à 40 ans.

Bon, cet article, beaucoup trop long (heureusement que personne ne le lit finalement) a dérivé bien loin de la tonalité que je voulais lui donner. Il est devenu philosophico-moralisateur alors que je pensais qu'il serait plutôt technique et pratique. Revenons aux bases : quand est-ce qu'on arrête ? On pourrait penser qu'il faut un savant calcul d'actualisation de flux de capitaux prenant en compte la rentabilité du patrimoine et divers facteurs d'érosion monétaire comme des pondérations de risques et d'inflation... Ouais, ça marche surement. Mais c'est compliqué à faire pour le béotien (l'emploi de ce terme, devant un aréopage de lecteurs exigeants est un clin d’œil à une petite maligne qui se reconnaîtra, encore une victoire de Jason, bêêêêhh  !), et puis c'est tellement sujet à plein d'hypothèses hasardeuses que c'est toujours plus ou moins foireux.

J'utilise donc la règle ultra-simple suivante : on peut s'arrêter quand on a devant soi 25 années de dépenses au rythme actuel. Et puis ensuite, on fait le point et on réactualise tous les ans. Ça permet d'ajuster avec d'éventuels revenus ou dépenses non prévus, de prendre en compte l'inflation réelle, sans être pris au dépourvu. Puis il faut ajuster, si on sort de cette zone de confort (qui correspond aux 25 ans qu'on aura au mieux vivre quand on sera vraiment plus bon à rien sur le marché de l'emploi, disons de 65 à 90 ans, parce qu'on est optimiste), il convient de faire baisser ses dépenses ou alors d'augmenter ses revenus, quitte à imaginer rebosser quelques années après 15 ans de "retraite".

Mais imaginons qu'on canne comme Totoche à 60 berges, on sera toujours bien content de les avoir pris par anticipation ces 15 ans de retraite, non ?

vendredi 16 novembre 2018

Je suis trader

A la traditionnelle question qu'on pose aux enfants à propos de leur avenir : "et toi, qu'est ce que tu veux faire plus tard ?", la réponse que j'apportais a sensiblement varié avec mon âge.
A l'école primaire, mon plus ancien souvenir est que je voulais être vétérinaire, dans un élan altruiste d'amoureux de la nature (et des animaux) assez classique. Puis, je me suis dit que je n'aimais pas la vue du sang et que les études de médecine n'étaient donc pas pour moi...

C'est à cette époque (vers 9-10 ans) que s'est développé mon intérêt pour la numismatique, couplée à l'acquisition d'un détecteur de métaux par mon père. Cela a fait naître en moi un amour pour l'archéologie (qui ne s'est pas démenti) et une volonté d'exercer dans ce domaine (alternativement archéologue ou numismate). Mon stage de Troisième était dans cette veine (au Musée d'Archéologie local où j'ai pu découvrir effaré des monnaies incroyables endormies dans les réserves), mes premières adhésions associatives aussi (le club de numismatique de ma ville, où mon très jeune âge dépareillait bien au milieu des nombreux papys), jusqu'à mes options au lycée (histoire de l'art en seconde...)

J'ai alors rencontré un archéologue professionnel qui m'a ouvert les yeux sur la réalité du métier, loin du fantasme et plein de tracasseries administratives, coupes budgétaires et magouilles en tout genre autour des fouilles et des découvertes... Voici qui douchait un peu mon enthousiasme, car, il faut bien le dire, la passion est une chose mais j'ambitionnais tout de même de gagner le plus d'argent possible.

Hum, je crois que nous n'allons pas y couper, pour expliquer mon choix de carrière, il va tout de même falloir passer par une une introspection sur un trait de caractère qui me définit assez fortement : mon amour du pognon. D'où ça vient ? De mon éducation bien sûr, et probablement aussi d'un traumatisme d'enfant. Pas tant mon propre traumatisme, parce que je n'ai honnêtement jamais manqué de rien. Mais plutôt du traumatisme de mes parents et même mes grands-parents, qui ont tous trimé toute leur vie pour ne pas être dans la misère, et ça se ressentait à chaque instant. Tout ce que nous faisions ou discutions était centré sur des manières de gagner ou économiser de l'argent, toute activité nouvelle dans la famille était évaluée principalement sur ce critère, toujours. Avec très peu de bagages, sans héritages, c'est toujours grâce au travail et grâce à tout un tas de combines que le patrimoine familial est devenu de plus en plus intéressant. Loin d'être énorme, mais de quoi être bien à l'abri du besoin (grâce notamment à des besoins très limités), et cela constituait, pour toutes les générations, une inaltérable source de fierté.

A la même époque, le gouvernement français a eu la bonne idée de vendre ses fleurons à la population, via de fameuses campagnes de privatisations. Les plus anciennes dont je me souvienne sont apparues quand j'avais 12 ans. J'aidais alors mon père à comprendre les conditions de chaque opération et à passer les ordres dans le bureau de poste local... Et c'était génial, nous gagnions à tous les coups. Les actions étaient vendues à bon prix, avec une demande largement supérieure à l'offre. Sans doute, je pense, parce que le gouvernement ne pouvait pas se permettre de rincer plusieurs millions de petits épargnants qui étaient autant d'électeurs, si bien que nous gagnions des sous vraiment très facilement, en quelques jours, c'était incroyable ! Je me suis donc intéressé très vite au domaine, lisant tout ce que je pouvais sur le sujet, tentant à partir des cours historiques de découvrir des martingales et intuitant seul la notion de marche aléatoire avec mes archives boursières composées de vieilles coupures de journal. Je me suis ensuite intéressé aux IPO (qui ressemblaient bien à des privatisations, surtout à la belle époque de la bulle Internet), ai demandé pour mon quatorzième ou quinzième anniversaire comme cadeau un abonnement à Investir, ai compris que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, ai découvert l'absence d'opportunité d'arbitrage en cas de détachement de dividendes ou d'attribution d'actions "gratuites", ai lancé un club d'investissement avec des amis intéressés en classes préparatoires. Bref, je me suis fait sans souffrir à moindre coût et avant même d'être majeur une culture et une expérience financière que beaucoup d'adultes n'auront jamais ou acquerront à la suite d'erreurs coûteuses.

Et au moment de choisir ma voie, un des premiers sacrifices qu'il a fallu faire, à la fin de la seconde, a été de choisir entre la voie scientifique et l'histoire de l'art, incompatibles dans mon lycée. Et, je m'en souviens très bien, dans un magazine du Centre d'Information et d'Orientation, il y avait un comparatif de salaires très complet entre tout un tas de professions. Je suis allé voir "archéologue". Il y était indiqué un bon salaire, bien plus que ce que gagnait mon père, ça c'était cool. J'ai cherché numismate, ça n'apparaissait pas. J'ai fouillé un peu dans les métiers de la finance, j'ai trouvé le métier de trader, qui semblait super et pas trop difficile : c'était ce que je faisais pour m'amuser. J'ai regardé le salaire... Wahou, c'était le plus haut de TOUTE la liste. Plus que les pilotes d'avion, les chirurgiens, des gens qui sauvaient des vies ou avaient la responsabilité du destin de centaines de personnes ! Tout ça pour jouer avec des actions. C'était incroyable, inimaginable, dans un sens incompréhensible mais c'était génial. Le plus bel arbitrage de ma vie qui s'offrait à moi : faire un truc amusant, sans d'autre pression que le stress de perdre de l'argent, pour gagner plus que des mecs qui allaient devoir faire dix ans d'études et avoir la mort de patients sur la conscience... Et à partir de là, c'est ce que j'ai voulu faire. J'ai cherché quelle était la voie conseillée : classes préparatoires puis école d'ingénieur ou de commerce... Hum, on pouvait continuer l'histoire en école de commerce, il fallait abandonner la physique qui était sympa aussi mais l'histoire c'était quand même plus cool. Et puis il y avait de l'économie aussi, ça tombe bien, j'avais suivi par procuration les cours de micro-économie d'une amie qui avait cette option en seconde et ça me plaisait bien. Tout collait, c'est ça que j'allais faire.

Et c'est ça que j'ai fait au final, tout a marché comme selon le plan. Je pense donc que j'ai bien mérité d'inscrire cet objectif dans ma liste de choses à faire avant de mourir et de le cocher avec un sourire satisfait.

mercredi 14 novembre 2018

Connaître 100 poèmes par coeur

Voici un élément un peu atypique de ma liste de choses à faire avant de mourir. Atypique car on ne le retrouve pas dans beaucoup de listes publiées sur Internet, et puis il est un peu bizarre... Quel intérêt de connaître 100 poèmes ?

Comme vous l'aurez compris en voyant cet élément classé dans la partie "Défi et développement personnel", c'est le challenge et l'"exploit" de mémorisation qu'il demande qui m'intéresse. Et plutôt que d'apprendre des choses vraiment inutiles, autant y joindre un petit aspect culturel avec ces poèmes, car on trouve toujours une bonne raison d'en ressortir un de temps en temps, alors c'est cool.

Je mets "exploit" entre guillemets car en fait, je ne suis pas sûr de la difficulté de connaître 100 poèmes. En fait, les chanteurs ou les acteurs apprennent et retiennent des textes très longs, et les champions de la mémorisation sportive arrivent à des prouesses à bases de listes de chiffres, mots, dates, etc. autrement plus impressionnants...

Pour préciser un peu le défi, on va éviter de ne choisir que des poèmes trop simples ou trop courts, en définissant l'objectif comme la connaissance d'au moins 100 textes en vers, qui représente un total de 2000 vers, soit une moyenne sage de 20 vers par poème (un peu plus qu'un sonnet donc). Un challenge additionnel intéressant serait d'en connaître dans un grand nombre de langues différentes...

Voici la liste, régulièrement mise à jour, de ce que je connais déjà, ce que je connais partiellement et ce que j'aimerais apprendre. A compléter bien sûr puisqu'on arrive juste à une grosse moitié de l'objectif...
Il y a pas mal de chansons, c'est tout de même plus simple à retenir, mais on se limitera aux textes un minimum littéraires...

Textes maîtrisés (572 vers, 5 langues) :
  1. La cigale et la fourmi, 1668, Jean de la Fontaine (22)
  2. Le corbeau et le renard, 1668, Jean de la Fontaine (20)
  3. Quand vous serez bien vieille, 1578, Pierre de Ronsard (14)
  4. Heureux qui comme Ulysse, 1558, Joachim du Bellay (14)
  5. La Marseillaise [couplets I, VI, refrain], 1792, Rouget de Lisle (21)
  6. Je vous salue Marie (7)
  7. Surate al-fathia (en arabe) (7)
  8. Les animaux malades de la peste, 1678, Jean de la Fontaine (64)
  9. Les Champs-Élysées, 1969, Gérard Contet (15)
  10. L'Aigle Noir, 1970, Barbara (37)
  11. Ne me quitte pas, 1959, Jacques Brel (30)
  12. Chanson d'automne, 1866, Paul Verlaine (18 vers courts qu'on comptera pour 6...)
  13. Je suis venu te dire que je m'en vais, 1973, Serge Gainsbourg (18)
  14. Chanson d'automne, 1853, Victor Hugo (20)
  15. Le loup et l'agneau, 1668, Jean de la Fontaine (30)
  16. Notre-Père (9, allez, même 10 parce qu'on connait les deux versions)
  17. Poème à Lou, 1914, Guillaume Apollinaire (14)
  18. Quatrain mnémotechnique de π, Anonyme (4)
  19. Horace - Tirade de Camille (IV,5), 1640, Pierre Corneille (22)
  20. God save the queen (hymne du Royaume-Uni, en anglais) [1er couplet] (7)
  21. Le Chanteur, 1978, Daniel Balavoine (35)
  22. Fotsiny, 1974, Georges Andriamanantena dit Rado (en malgache) (18)
  23. En hiver la terre pleure, 1855, Victor Hugo (16)
  24. Le coq et la perle, 1668, Jean de la Fontaine (12)
  25. La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, 1668, Jean de la Fontaine (14)
  26. Les deux mulets, 1668, Jean de la Fontaine (19)
  27. Le nénuphar, 1996, Sophie L. (4)
  28. L'albatros, 1859, Charles Baudelaire (16)
  29. Les conquérants, 1893, José-Maria de Heredia (14)
  30. Sous le pont Mirabeau, 1912, Guillaume Apollinaire (14)
  31. Fratelli d'Italia (en italien) [1er couplet et refrain], 1847, Goffredo Mameli (11)
  32. Le cancre, 1946, Jacques Prévert (17) 
Bonne connaissance mais à rafraîchir (52 vers) :
  1. Vice et versa, 1992, Les Inconnus (34)
  2. Koullouna lil watan, 1925, (hymne libanais, en arabe) (18)
A apprendre (574 vers, 2 langues supplémentaires) :
  1. Ireland's call, 1995, (hymne de l'équipe d'Irlande de rugby, en anglais) (15)
  2. Bajo la lluvia, 1919, Juana de Ibarbourou (en espagnol) (26)
  3. Le Misanthrope - Tirade d'Alceste (I,1), 1666, Molière (27)
  4. Le cimetière marin, 1920, Paul Valéry (144)
  5. Demain, dès l'aube, 1847, Victor Hugo (12)
  6. The Star-Spangled Banner, 1814, (hymne des États-Unis, en anglais) (8)
  7. Flower of Scotland (I,III), 1967, (hymne écossais, en anglais) (18)
  8. Le dormeur du val, 1870, Arthur Rimbaud (14)
  9. Le lièvre et la tortue, 1668, Jean de la Fontaine (35)
  10. Le cri, 1871, Louise Ackermann (52) 
  11. Cyrano de Bergerac - Tirade des nez (I,4), 1897, Edmond Rostand (56)
  12. Le Chant des Partisans, 1943, Joseph Kessel - Maurice Druon (16)
  13. Le renard et le bouc, 1668, Jean de la Fontaine (31)
  14. Tant que mes yeux, 1555, Louise Labé (14)
  15. Le lion et le rat, 1668, Jean de la Fontaine (18)
  16. Le rat des villes et le rat des champs, 1668, Jean de la Fontaine (28)
  17. Le renard et les raisins, 1668, Jean de la Fontaine (8)
  18. Le renard et la cigogne, 1668, Jean de la Fontaine (28)
  19. Die Loreley, 1824, Heinrich Heine (en allemand) (24)

lundi 5 novembre 2018

Compte-rendu du premier marathon de ma vie

Il y a 72 heures, je courrais sur les routes de mon premier marathon. Un objectif de ma liste de 100 choses à faire et pour lequel j'explique motivation et préparation plus en détail dans ce billet.

Dans celui-ci, petit compte-rendu de la course et de mon état 3 jours plus tard.

Mon objectif était d'abord de finir et de battre la barrière horaire de 6 heures, si possible dans un temps s'approchant plus des 5 heures. Mais, pour éviter de se cramer sur ce parcours assez exigeant (car très vallonné, particulièrement au début), j'avais décidé de ne pas courir avec un rythme cardiaque supérieur à 140-145...

J'ai tenté l'aventure avec mon frère Marcel, qui avait déjà couru celui de Paris l'année dernière en un peu plus de 6 heures, et qui avait vraiment souffert d'un départ beaucoup trop rapide, en craquant autour du kilomètre 12-13. Cette stratégie économe nous a tout de même permis de partir sur les premiers kilomètres sur la base de 5h15, ce qui était très encourageant. Malgré tout, nous nous sommes très rapidement trouvés derniers à trois, puis, dès la première montée au bout de 2-3 km, juste tous les deux quelques mètres devant la voiture-balais. En effet, pour tenir un rythme de 145 bpm dans la montée, nous étions presque à un rythme de marcheur... Mais c'était le plan et le chrono restait bon.

Marcel lui-même n'a pu se résoudre à un tel rythme d'escargot, s'inquiétant d'être en retard sur son tableau de marche et m'a peu à peu décramponné pour prendre plus d'une minute d'avance et j'ai dû m'employer pour ne pas céder à la tentation d'aller plus vite. Un moment amusant a été d'entendre la voiture-balais contrainte de rétrograder en première pour ne pas caler juste derrière moi dans une côte...

Aux environs du 7ème kilomètre, j'entends quelqu'un trotter sur le bas-côté, remonter les quelques voitures du cortège final et se porter à ma hauteur. Une infirmière qui me demande si tout va bien... Je lui explique en détail ma stratégie et tente de la convaincre que je vais bien tenir les délais sur ces bases. Honnêtement, à ce moment de la course, je pense qu'elle n'était pas prête à parier beaucoup sur mon arrivée au bout des 42 km, même si je lui assure avec un grand sourire : "ne vous inquiétez pas, ça va le faire, et je ne serai pas le dernier à l'arrivée". Ce que je ne sais pas encore, c'est qu'au passage au dixième kilomètre (de nouveau groupé avec Marcel que j'ai rejoint au ravitaillement), le plus proche coureur qui nous précède a près de 10 minutes d'avance dans un espèce de gruppetto d'une quinzaine de marathoniens qui visent juste l'arrivée dans les délais... Autant dire que mon frère et moi avons l'air complètement en perdition...

Bon après analyse des résultats, plus de la moitié de ces aspirants-finishers finiront bien, mais dans la voiture-balais et je rattraperai la majorité des autres. Mais bon, on a beau dire qu'il ne faut pas partir trop vite, c'est humain, on se sent en forme, on déroule, on se dit qu'on prend de l'avance et que c'est bénéfique mais au final, on se grille beaucoup trop vite... Sans mon cardio qui me rappelait à l'ordre presque à chaque fois que je le regardais, j'aurais sans doute couru bien plus vite au début également, mais j'avais bien axé ma préparation sur l'allure marathon et cela m'a servi pour durer.

Le passage au semi en 2h47 permet de situer la lenteur de mon allure, mais aussi l'avance que j'avais prise sur la barrière horaire. Marcel va alors commencer à lentement craquer à partir de ce moment et finira juste dans les temps au terme d'un long calvaire et avec le soutien de tous les instants de notre infirmière particulière qui l'accompagnera pendant presque 20 bornes.

J'en ensuite réussi à courir sur un rythme très régulier, autour de 7mn40 à 8mn20 du kilomètre, mais mon cœur est rapidement devenu hors de contrôle, restant au minimum à 160 bpm et montant facilement à 180 à la moindre côte. Après quelques kilomètres à ce régime et des plateaux de plus en plus longs à 180, je me suis rendu compte que ce rythme m'attaquait trop et je me suis résolu à marcher dans les côtes dès que mon rythme cardiaque touchait les 180, pour reprendre la course au sommet avec un palpitant calmé à 160...

Enfin, après qu'un bénévole ait tenté de me décourager de terminer au ravitaillement des 10 kms de l'arrivée (mais moins que Marcel qui se verra arrêté par un médecin après une chute provoqué par une crampe, pour repartir contre son avis...), les derniers kilomètres seront bien difficiles, mais, assuré de terminer dans les temps même en marchant vite, et galvanisé par le fait de doubler quelques attardés et de sentir l'arrivée approcher, je finirai finalement en assez bon état, sans que la douleur crainte au genou ne se réveille !

En parlant de douleurs, quel bilan trois jours plus tard ?
Étonnement bon finalement. Les courbatures s'estompent déjà, elles étaient surtout présentes dans les fesses, les cuisses et se réveillaient après une période d'inactivité assise par exemple. Mais rien d'insupportable, moins difficile qu'après une grosse séance de Freelitics par exemple.
Des petites brûlures dues aux frottements, à peine ressenties durant la course, au niveau de l'intérieur des cuisses et des fesses sont parties en une journée après un petit coup de pommade d'hydrocortisone pour bien dormir.
Sur les pieds, une trace d'ampoule percée mais je n'ai pas ressenti de douleur particulière, et ma protection au niveau de l'endroit où j'avais des frottements à l'entraînement a bien fonctionné, RAS ici.
Seul signe extérieur encore visible 3 jours après, des brûlures sur le sommet des tétons, vraiment très douloureux, qui mettront une bonne semaine à cicatriser. Il faudra vraiment veiller à trouver un moyen de les protéger la prochaine fois...

Reprise de la course tout doucement deux semaines plus tard sans soucis. Pour se motiver à continuer, je vais chercher une course à préparer... Probablement un 10 kilomètres dans deux mois histoire d'avoir le plaisir de vraiment courir et d'effacer la frustration de devoir gérer l'effort sans jamais être essoufflé...

[Update fin décembre 2018] C'est fait pour le 10 km et, en dépit d'une motivation trop peu présente pour l'entrainement, le résultat est plutôt satisfaisant. Aucune douleur durant cette course si ce n'est des tétons un peu douloureux pendant 24 heures et une performance au rendez-vous : un peu moins de 52 mn, soit du 11.5 km/h qui constitue mon record pour une distance à 5 chiffres, autant dire que je suis très content !

lundi 18 juin 2018

Road to Marathon

Ouais, un titre en anglais, parce que ce blog a bien envie de se la péter un peu...

En plus, c'est un marathon sur route, alors il se la pète et en plus je place un jeu de mots moisi, toc !

Alors, l'objectif d'une vie : "terminer un marathon" n'était pas dans ma liste initiale... Pourtant, c'est un item auquel on pense facilement, il est dans plein de listes de plein de monde qui fait des listes, parce que c'est un objectif myth(olog)ique [attention, une fois lancé sur les jeux de mots moisis, rien de m'arrête, même les inclusions improbables dans un mot... Suis un dingue]. Mais déjà, je m'étais dit que c'était trop bateau, genre, je vais pas mettre le même objectif que tous les pellos qui font des listes, je suis quelqu'un exceptionnel, je bouffe des Werthers moi.

Mais finalement, considérant que ma liste de 100 trucs était misérablement bloquée à 40, et ayant vu mon frangin Marcel (oui, j'ai un frère, j'ai même été témoin à son mariage, faut suivre un minimum sinon on s'en sort plus) avait tenté et réussi le challenge et que j'étais pas plus manchot cul-de-jatte que ce branquignole grand sportif, j'ai été tenté moi aussi par ce genre de défi... Ajoutez à cela que ma belle-famille s'amuse régulièrement à faire des petites courses et m'ont embarqués récemment dans un trail de 15 bornes pour lequel j'ai dû m’entraîner un minimum pour éviter de finir derrière ma belle-mère de 70 ans + le petit challenge Freeelitics que j'ai récemment terminé en suivant le programme initial gratuit de 5 semaines où je me suis bien déchiré, je crois que j'ai pris goût à ce genre d'objectif, qui est franchement parfait pour se motiver à suivre un programme d'entrainement un tantinet exigeant.

Donc, je me suis inscrit à un marathon qui se courra dans 19 semaines. Et j'ai débuté par la partie la plus rigolote : me concocter un petit programme d'entrainement !
Pour ce faire, je me suis largement inspiré de ce programme en 30 séances qu'on trouve sur le site de Kalenji. Il est initialement prévu pour une durée de 10 semaines avec 3 entraînements par semaine (parce que 10x3=30 vous voyez, même Marcel est capable de le calculer sans l'aide de sa calculatrice celui-ci...) Mais comme moi, j'ai 19 semaines, et que je veux me tenir à 3 séances par semaine aussi, j'avais un problème parce que (attention ça se corse) 19x3=57. Il me fallait donc remplir 57-30=27 séances... Séances que j'aimerais en grande partie consacrer à du renforcement/muscu pour s’affûter un minimum et varier un peu de la course...
J'ai donc décidé d'étaler le programme Kalenji initial sur 12 semaines, avec les 6 dernières semaines full course 6x3 séances = 18 séances de course, et les 6 semaines précédentes avec une séance de muscu/Freelitics intercalée entre deux séances de course. Et pour les 7 premières semaines, 2 séances de muscu et une séance de course foncière pour reprendre le rythme, avec des sorties longues "tranquilles" passant progressivement de 1h à 2h...

Bref, plus clairement pour tout le monde si habeas corpus, tu quoque mi fili fluctuat nec mergitur amen(*)... Heu pardon, plus clairement pour tout le monde, le programme donne :

Semaine 1 : 2 séances Freelitics assez longues (on va partir sur une Diane et un Aphrodite pour les initiés) et 1 sortie 1h
Semaine 2 : 2*Freelitics + 1h10 course allure marathon
Semaine 3 : 2*Freelitics + 1h20 course allure marathon
Semaine 4 : 2*Freelitics + 1h30 course allure marathon
Semaine 5 : 2*Freelitics + 1h40 course allure marathon
Semaine 6 : 2*Freelitics + 1h50 course allure marathon
Semaine 7 : 2*Freelitics + 2h00 course allure marathon
Semaine 8 à Semaine 13 : 1*Freelitics + 2 séances Kalenji (de la séance 1-2 en S8 à la séance 11-12 en S13)
Semaine 14 à Semaine 19 : 3*Kalenji (de séance 13-15 en S14 à séance 28-30 en S19)

Et comme je suis un blogueur de ouf (déjà le 3ème article ce mois-ci, truc de dingue, je mettrai à jour le suivi ici, comme ça la foule immense de mes lecteurs me mettra une pression inouïe pour que je me tienne à ces engagements)

PS.1 = le programme de Kalenji est prévu pour un objectif de marathon en moins de 4h. Évidemment ce serait super, mais mon objectif initial est plutôt de terminer sans se faire arrêter par l'organisation. L'année dernière, le dernier enregistré par le site a terminé en 5h30 environ, ce qui est déjà pas si mal... Mais bon, au fur et à mesure de la préparation, si le physique tient (j'ai peur de mon genou qui me fait souffrir lors des séances trop intensives) et que le programme est tenu, on affinera l'objectif

PS.2 = Pour ceux qui se demandent si j'ai réussi mon coup lors du trail, la réponse est oui, j'ai mis plus de 20 minutes à la belle-mère et j'étais loin d'être le dernier de ma catégorie. Honneur sauf !

(*) : si elle vous est inconnue, la référence est ici

Semaine 1

Lundi, reprise bien laborieuse de la course, mal de genoux malgré un rythme lent (env. 9 km/h avec un cœur à 75% de cardio), dure dure la reprise...
Mercredi : Aphrodite... Très difficile, il faut faire une pause au milieu pour éviter de tomber dans les pommes, mais on s'accroche et on finit avec un temps dans la moyenne de ce qu'on avait fait lors de la première série de 5 semaines d'entrainement. Pas si mal. Mais la récupération sera longue : courbatures pendant 3 jours et il faut attendre dimanche pour que j'ai le courage de faire la troisième séance
Dimanche : Diane. Très dur aussi, temps très moyen (avant-dernière performance sur 8 historiques) mais récupération plus rapide. Mouche ! La forme revient !

Semaine 2

Mardi, Aphrodite. amélioration sensible du temps et plus de fluidité/facilité, les sensations reviennent doucement.
Jeudi : 1h15 de course très tranquille. Je n'ai pas la distance parcourue mais c'est pas mal, avec un coeur qui reste étonnamment très bas, jamais plus de 65% cardio... J'ai couru très tôt le matin pour habituer le corps à cet horaire qui sera celui du marathon, est-ce lié ? Ou bien est-ce grâce à l'écoute de podcasts qui occupent bien mon attention ? Pas de douleur au genou
Vendredi-dimanche : on esquive à contre-coeur la dernière séance, rhino-pharyngite et fièvre, ce n'est pas très raisonnable de s'infliger un Diane dans ces conditions, ça m'aurait sans doute complètement décalqué... On veut bien suivre le programme, mais on n'est pas des nazis non plus !

Semaine 3

Dur, dur pour la motivation... Et (petites) entorses au régime, va falloir se reprendre en main.
Pourtant, ça avait bien commencé avec le mardi, Aphrodite. encore un meilleur temps et une récupération de moins en moins douloureuse.
Mais, comme on est en week-end à la mer, je pense que ça vaudrait mieux que je fasse mon jogging à cette occasion, donc je ne le fais pas dans la semaine, mais peut-être que je devrais plutôt faire Diane ce week-end ? Bref, de questions en tergiversations, je finis par ne rien faire... Heureusement, le week-end est très sportif et, même si on ne fait pas notre programme, on peut aisément considérer qu'on s'est au moins autant dépensé...
Et il faudra attendre le mardi suivant pour courir 1h20. Près de 12 km, jamais plus de 65% cardio, bonne forme à l'arrivée, j'aurais pu continuer sans trop de soucis... Ça fait un rythme d'environ 5 heures sur le marathon... Honnête.

Semaine 4

Semaine 4, ou semaine des bonnes excuses... Il fait trop chaud, y'a du foot à la télé, bref, programme pas respecté... On a fait le strict minimum, à savoir courir 1h30 (exactement au même rythme que la semaine précédente, soit sur les bases d'un marathon en 5 heures) et puis on fait nos 10 000 pas minimum par jour.
Voila, strict minimum comme annoncé. Il va falloir tenter de se remettre un peu à la muscu avant les 12 dernières semaines où la course sera plus intensive...

Semaine 5

Cette semaine, encore des difficultés à respecter la partie "muscu" du programme. On court sans soucis durant 1h40 (un peu plus de 13 km, toujours sur un rythme de marathon sur 5 heures) sur un parcours très accidenté (plus que le marathon à venir, puisqu'on a avalé un dénivelé de plus de 220 m sur ces 13 km... Soit autant que le dénivelé annoncé pour tout le marathon, qui n'est pas plat comme vous le voyez)
A part cela, on a profité de la présence d'une piscine de 10 mètres pour enchaîner 100 longueurs sans poussée en 28 minutes...

Semaine 6

Semaine 6, on est en vacances, il fait chaud, la France est en demi puis en finale puis championne du Monde, et pour la première fois on zappe la course, en plus de la muscu...

Tout ce qu'on a fait est une séance de piscine un peu plus longue. 40-45 minutes pour 150 longueurs de 10 mètres sans appui et une longue séance de marche pour une journée à 28,000 pas qui tire les jambes le lendemain (tout près de notre record de 30k qu'on avait atteint pour le trail). On va être un peu juste pour rattraper la course sur la semaine suivante (on est déjà mercredi, et je n'ai fait qu'une misérable séance de 6 minutes de gainage, pause comprise), on va donc viser juste la course de 2 heures en semaine 7 puis les choses sérieuses commenceront avec le début du programme Kalenji.

Semaine 7

Bien, on assure la sortie longue de 2 heures (2h01 exactement...) Premier tiers très doucement (au rythme de ma petite chérie qui m'accompagne pour l'occasion pendant une quarantaine de minute = 8.2 km/h, FC @ 65 %, puis le reste à 75 %, 8.8 km/h.) Je pense que ça peut être une bonne idée de débuter le marathon sur ce genre de rythme, genre, marathon en 5 heures, puis aviser selon la forme.
Et s'offre même en fin de semaine une deuxième séance sympa de piscine, 1h06 pour 200 longueurs de 10 mètres, tiraillement dans les genoux à la fin tout de même...

Semaine 8

Bon, c'est maintenant que les choses sérieuses commencent.
Première séance = 45 mn tranquille. On en fait 52 mn tranquille et en détente pour un rythme toujours compris entre 8.5 et 9 km/h, et on enchaîne avec une très longue séance de marche : plus de 3 heures pour environ 16 km. J'avais plutôt prévu une heure de marche puis une nouvelle séance de 45 mn mais, au moment de reprendre, trop de douleurs au genou tandis qu'il ne tiraillait pas en marchant, j'ai préféré ne pas trop forcer. Au final, ça nous fait une journée à 40,100 pas, nouveau record bien sûr. Les jours suivants tiraillent toujours un peu, juste 10-11k pas pour récupérer. Puis petit refroidissement qui me rend un peu malade jusqu'à dimanche où on se botte le train pour faire la...
Deuxième séance = Fractionné de 10*20 secondes (avec 40 sec de récup à rythme lent), le tout entouré de 36 minutes d'échauffement et de refroidissement à rythme de semi-marathon. Très bonnes sensations, le fractionné étant à 85 % de FCM "seulement", je ne ressens pas d'essoufflement extrême lors des premiers cycles comme ça avait pu être le cas lorsque j'en faisais "sauvagement". Au final, 46 minutes à plus de 10 km/h de moyenne...

Semaine 9

Troisième séance du programme officiel, a priori pas de soucis puisqu'il s'agit de courir une heure à un rythme plutôt tranquille. Je décide de forcer un peu avec une FC entre 75% et 80 % au lieu des 70-75 demandés et là, problème puisqu'après 50 minutes et 7.8 km (soit une moyenne à 9.3 km/h, voir même plus vu le début très lent que j'ai fait, sur une route bien vallonnée, donc clairement au-dessus du rythme pépère habituel), une vive douleur au genou droit m'oblige à écourter l'exercice. Inquiétant...

Semaine 10-13

En effet, très inquiétant puisque mes autres tentatives se sont soldées par des douleurs vives et qui apparaissent dès les premières minutes... C'est donc après deux semaines de repos total et des douleurs toujours présentes que j'ai consulté un podologue... Diagnostic sans surprise : nous avons une TFL (ou syndrome de l'essuie-glace) et on nous prescrit des semelles orthopédiques que nous recevrons finalement en semaine 14, à porter tout le temps. Un peu gênant au début, elles me provoquent quelques courbatures au niveau du pied qui essaie de compenser, mais on s'y fait.

Semaine 14

Une seule tentative en fin de semaine, très décevante : douleur au bout de 44 minutes... Je ne me laisse pas abattre et termine en marchant/trottinant du plus vite que je peux sans douleur. Verdict : je peux avancer à 7 km/h sans gêne même lorsque le genou a été douloureux. Cela me permettrait de terminer le marathon dans les temps (la barrière horaire est à 6 heures). C'est une maigre consolation mais on s'accroche à ce qu'on peut.

Semaine 15

Cette semaine, une seule sortie douce de 10,6 km, 1h15 @ rythme marathon (8.3 km/h) sans douleur... Ouf. Je cours sur une petite boucle d'un peu plus de 3 km qui me permet de bien régler mon allure selon mon rythme cardiaque. Cela me permettra de mettre en place une feuille de route pour le marathon basé juste sur cette variable, qui devrait me permettre de tenir le coup.

Semaine 16

Cette semaine, une seule sortie encore, mais on teste le genou sérieusement avec une sortie de près de 14 km (1/3 de marathon) en 1h43. En variant le rythme cardiaque, le résultat est saisissant puisqu'à 140 bpm, on court sur un rythme de marathon en 5h30 - A 145 bpm, on est en 5h12 - A 150 bpm, on passe au marathon en 4h58 - A 155 bpm, on est sur un rythme de marathon en 4h54... 
Je pense que même si c'est tentant de forcer plus, il ne faut pas dépasser les 145 bpm (et viser 140) pour le premier semi-marathon... Ça donne une moyenne en 5h30, ce serait cool et ça permettra de se donner les meilleures chances pour ne pas finir sur les rotules.

Semaine 17

Je n'ai plus mal au genou ces dernières sorties, mais je n'ose pas forcer pour ne pas réactiver la douleur à deux semaines de l'échéance... Juste une sortie d'environ 1h30 en fin de semaine, sous la pluie et un peu plus froid, ce qui permet de tester l'équipement à cette occasion, ce qui est pas mal. Sortie à rythme légèrement supérieur au marathon, environ 150 bpm de moyenne pour 13 km, soit une moyenne ramenée au marathon à 4h45, solide et cohérent... Y'a plus qu'à espérer que le genou tienne...

Semaine 18

On commence la semaine (enfin, mercredi) par un Aphrodite douloureux, presque tombé dans les pommes dès le premier tiers, la fin sera une longue lutte et, même si on est loin devant nos premiers temps, on est tout de même moins bien qu'à la reprise de la semaine 1... Les courbatures seront telles que je ne ferai plus rien avant le lundi suivant, où elles se faisaient encore sentir !

Semaine 19

Dernière semaine, celle des peaufinages. Il n'est plus temps d'innover ou de se lancer dans l'entrainement en pensant retrouver une forme qu'on n'aurait pas... Durant cette semaine, on va tenter de se coucher tôt pour être bien en forme le jour J. On surveillera l'alimentation, avec une cure de glucides lents dans les 72 dernières heures et on va s'hydrater encore et encore, jusqu'à être bien sûr de faire pipi bien clair...
Petite séance sportive le mardi avec une sortie d'une quarantaine de minutes au rythme le plus lent prévu pour le marathon, soit 140 bpm. Il a fallu que je marche de temps en temps pour ralentir le cœur parfois ! Marathon prévu en 5h15 à ce rythme, ce qui est un peu plus rapide que les tentatives précédentes mais qui confirme que c'est ce qu'il faut viser, voire moins rapide même pour le départ...
J'ai également préparé un petit pense-bête pour la course afin de se caler sur les rythmes et éviter d'avoir à toujours calculer (même si ça m'occupe bien l'esprit en course en général).
Le programme est une petite sortie jeudi matin et une mini samedi matin après le voyage en voiture du vendredi et ça devrait le faire...

Sortie du jeudi en ligne, une petite demi-heure. Impossible de tenir le rythme inférieur à 145 bpm sans marcher. Et malgré cela, on a un rythme de marathon en 5h. Le challenge va donc être de tout faire pour aller le plus lentement possible au départ, quitte à marcher si on ne parvient pas à ralentir le rythme cardiaque suffisamment... Cela paraît stupide dit comme ça, mais c'est, je pense, le meilleur moyen de réaliser l'objectif qui est de finir, si possible sans blessure !

Petit tableau de marche plastifié pour savoir où on en est en course...


Voila, c'est fait... Pour un compte-rendu détaillé, voyez ce billet...

jeudi 29 juin 2017

Battre un record du monde

Battre un record du monde, obtenir un diplôme officiel et potentiellement figurer dans le Guinness Book des Records (GWB) a toujours été un rêve d'enfant.

J'avais reçu à Noël une édition de ce livre alors que j'avais environ 10 ans. Pas d'Internet ni de Wikipedia à l'époque, et ma soif de connaissances eut vite fait d'éponger toutes les informations passionnantes qu'il pouvaient contenir... Quelle gloire ce serait d'y figurer ! J'essayais de m'approcher de certains records, comparant mes performances athlétiques avec les données officielles afin de déterminer dans quelle discipline j'avais le plus de chance de parvenir à mes fins, ou encore repérant des records qui semblaient faciles et m'entraînant pour y arriver. Je me souviens notamment que dans une sous-catégorie France, était mentionné un exploit consistant à tenir le GWB à bout de bras pendant une heure et quelques... Je m'entraînai et parvins à le battre. Bon, j'étais couché sur mon lit (après l'heure de coucher officiel, il fallait bien s'occuper avant de trouver le sommeil) et le livre était bien à bout de bras mais mon épaule reposait sur mon lit. Je pense que c'est bien plus facile que debout bras tendu...

Récemment, je me suis remémoré ce rêve et, alors que j'avais un peu de temps, je me suis employé sérieusement à le concrétiser. Or, je ne suis pas Usain Bolt. Je n'ai pas la moindre aptitude dans laquelle je serais supérieur à plus de 6 milliards d'humains. Quel que soit le domaine. Il a donc fallu ruser un peu et le gros du travail a consisté à rechercher un record accessible. La base de données du GWB n'était pas encore en ligne à l'époque (à présent c'est beaucoup plus simple), mais diverses recherches m'ont permis de trouver une dizaine de catégories qui me semblaient abordables et, au final, j'ai réussi à battre 4 records différents après des entraînements compris entre 3 et 15 jours selon la catégorie. Pour les autres, j'ai foiré car même pour des records idiots, ce n'est pas toujours facile. J'ai également bien bénéficié de la présence éphémère du site d'homologation vidéo du GWB qui listait un certain nombre de records et pour lesquels le processus de validation était limité à l'envoi d'une vidéo. Ce qui est nettement plus simple que la démarche off-line (la seule qui reste à présent) qui nécessite une logistique souvent plus difficile à fournir que le record lui-même. Ainsi, même si j'ai trouvé pas mal de records d'endurance qui semblent très abordables, il faudrait que je trouve des médecins capables de m'examiner toutes les 4 heures, ou encore que je fournisse deux enregistrements vidéos différents et ininterrompus, le tout sous la présence continue de témoins, dont un officiel... Bref, à moins de payer pour bénéficier de l'organisme d'homologation de Guinness, c'est très difficile.

Pour illustrer comment je m'y suis pris pour obtenir mes diplômes et l'importance du choix des records, de la préparation et de l'interprétation habile de la règle, j'ai retrouvé dans mes notes une étude que j'avais réalisée sur le record de l'épluchage le plus rapide d'un œuf cuit dur. La règle spécifie juste la taille standard de l’œuf (de poule), le fait qu'il doit être cuit dur, froid et épluché à la main sans le recours au moindre accessoire. J'avais donc noté les astuces suivantes :
- La poche d'air de l’œuf se trouve du côté du bout le plus large. Il convient de commencer par ce côté et l'épluchage est infiniment favorisé par le fait que la membrane qui sépare l’œuf de sa coquille soit solide et emporte tous les petits fragments de coquille
- Essayer de passer l’œuf à l'eau froide dès la fin de la cuisson puis au frigo (cela réduirait la taille de l’œuf et le désolidariserait de la coquille)
- Utiliser des œufs périmés qui ont une poche d'air plus grande et une membrane plus épaisse
- Tenter la cuisson au vinaigre pour que la coquille soit moins solide.

Je n'ai jamais battu ce record et n'ai jamais tenté (je n'aime pas l'idée de gaspiller des centaines d’œufs en tentative et entraînement), mais j'ai utilisé le même processus de raisonnement et d'optimisation des conditions dans le respect de la règle pour toutes mes tentatives, et je pense que cela a énormément contribué à la réussite de cet objectif et à l'obtention de dix diplômes de recordman du monde, dans 4 catégories différentes...

mardi 25 avril 2017

Gagner un tournoi de poker IV

Troisième mise à jour sur un de mes objectifs dans la viegagner un jour un tournoi de poker important. Beaucoup de chemin parcouru depuis la première et la deuxième mise à jour.

Je suis aujourd'hui à la tête d'un capital poker de plus de 690 euros, et j'ai même eu l'occasion (malheureusement ratée) d'inscrire mon nom dans la fameuse base de données qui transforme n'importe quel anonyme en joueur confirmé, puisque j'ai participé pour la première fois à un tournoi répertorié.

Quelles ont été les étapes de cette progression ?
Tout d'abord, d'énormes coups de chance qui m'ont vraiment permis de booster ma bankroll : la participation à trois reprises aux quizz de l'émission Multiplex Radio du dimanche soir, qui m'ont fait gagner pas moins de 250 euros de tickets de tournoi. Et ces tickets ont été convertis en argent réel à un taux intéressant puisque j'ai déjà dépensé 166 euros qui m'ont rapporté 208 €... [Update de juin : les 250 € de tickets ont généré au final 316 € de gains]

Par ailleurs, des bons résultats dans la ligue interne de mon club de poker m'ont rapporté 50 euros. Même chose avec la qualification de notre équipe au Stade 3 du challenge King 5, pour un gain de 50 euros également...

Et ce gros tournoi alors me direz-vous ? Il s'agissait rien de moins que le WiPT, un tournoi au buy-in de 550 €, avec 100.000 € promis au vainqueur ! Impossible bien sûr de me payer l'entrée avec mes moyens pokéristiques actuels, j'ai en fait gagné l'entrée non pas via un satellite, non pas via une qualification, mais simplement par tirage au sort ! Et on a presque réalisé l'exploit puisque je me suis hissé jusqu'au Day 2 où j'ai perdu quelques flips (coups à 50-50) contre des petits tapis pour sortir sur un dernier coup du sort... Un peu de déception bien sûr, mais j'ai aussi beaucoup appris et j'ai été loin d'être ridicule...

Enfin, très grosse contribution à la progression de ma bankroll : l'introduction sur le marché français d'autres variantes du poker. J'ai gagné plus de 250 euros net grâce au Stud, Deuce-to-Seven et autre Razz, notamment grâce à ma qualification en finale du Challenge 5-game proposé par Winamax avec Sylvain Loosli, mais aussi et surtout avec une très jolie place d'honneur sur mon premier Winamax Series joué en Deuce-to-Seven. Là aussi, on est passé pas loin de la très grosse performance, mais c'est tout de même près de 200 euros de gagnés d'un coup, ce qui booste pas mal la progression !

Autres petites performances intéressantes à noter :
  • 1er/451 d'un miniroll à 25 cents, pour un gain de 91 fois le prix d'achat, mon meilleur ratio à ce jour...
  • 25 € gagnés sur un tournoi à 1 € en finissant 3e/234
  • 40 € pour 8 € d'investis dans une série de tournoi challenges du site Wam-poker à 60 participants (qui démontre que je peux m'en sortir dans un field plus expérimenté aussi...)

A venir, les finales des différents challenges du club avec, je l'ambitionne, quelques tickets de gagnés et j'espère une qualification pour la finale richement dotée...

Voici pour l'instant ce que donne ma progression en graphique... La ligne du bas représente ce qu'auraient dû me coûter les tournois joués. En violet, les ristournes et autres promotions qui m'ont permis de jouer ces tournois gratuitement ou moins cher. En blanc, les gains, et en vert, les bonus, divers cadeaux et offres promotionnelles... 

Dernier (?) épisode ici : faisons un saut de 7 ans en avant en 2024 !

lundi 27 février 2017

De l'utilisation des paris sportifs pour remplir les objectifs King 5 de Winamax


Petite digression autour de l'objectif : Gagner un tournoi de poker, dont le dernier suivi mériterait bien une mise à jour (la voici).

Dans ce cadre, je participe (avec quatre acolytes du club de poker auquel je me suis inscrit) au championnat par équipe sur Winamax, le King 5.

Et, pour avoir une chance de participer aux étapes qualificatives, il faut, chaque semaine, remplir un certain nombre d'objectifs (de plus en plus important et donc potentiellement coûteux) en poker mais aussi potentiellement en paris sportifs. Comme nous ne sommes pas des spécialistes de ce domaine, j'ai décidé de faire une petite étude sur l'intérêt de s'intéresser à ces objectifs dont je vous livre ci-dessous le résultat.

Objectifs individuels
  1. Placer 5 paris (hors paris gratuits)
  2. Participer à une grille
  3. Créer une équipe sur le jeu de l'entraîneur
Réaliser ces objectifs individuels est très simple, il suffit de sortir le porte-monnaie... J'ai testé pour vous le pari minimal à 0.10 € et il apparaît bien dans le tableau de suivi du King 5. Pour le premier objectif, il ne vous en coûtera donc que 0.50 € de paris et, en comptant l'espérance de gains potentiels, une fois déduite la décote (équivalente au rake en poker), on peut estimer le coût à moins d'une vingtaine de centimes.

Pour la grille, le minimum est à 1 euro. Et au Jeu de l'Entraîneur, la participation minimale est de 2 euros. Là aussi, il y a évidemment une certaine espérance de gains, mais avec plus de variance (plus difficile de trouver une grille ou de composer une équipe gagnante, mais un gain plus important en cas de succès)

Objectifs par équipe
  1. Remporter 1 pari sportif avec une cote minimale de 5
  2. Gagner de l'argent sur une grille
  3. Gagner de l'argent avec une équipe JDE
Si le caractère aléatoire de la réussite des deux derniers objectifs semble assez évidente, il n'en est à mon avis pas de même en ce qui concerne le premier point.

Imaginons, vous êtes membre d'une équipe et vous et votre bankroll avez un peu de mal à remplir vos derniers objectifs individuels ou collectifs (surtout quand il y en aura 7 ou 9...)

Je préconise la stratégie suivante : placez 5 paris différents à 10 centimes sur une cote à 5 ou plus. Non seulement vous réalisez à moindre coût (environ 17 centimes, nous y reviendrons) votre objectif individuel, mais aussi, en considérant la décote moyenne utilisée sur le site, vous avez à peu près 60 % de chance de réaliser ainsi votre objectif d'équipe !

Voici la proba de gagner si on place 5 paris à 5/1 (indépendants les uns des autres évidemment). On retrouve nos 40.2% de chances de rater les 5 paris (et donc nos 59.8 % de réussir tout seul l'objectif d'équipe)


Nombre de paris gagnés
Proba
Gains (en ctmes)
EV
0
40,19%
-50
-20,09
1
40,19%
-10
-4,02
2
16,08%
+30
4,82
3
3,22%
+70
2,25
4
0,32%
+110
0,35
5
0,01%
+150
0,02
-16,7

Et si plusieurs membres de l'équipe adoptent la même stratégie avec des paris différents, la probabilité de rater l'objectif d'équipe diminue drastiquement, il est quasi-impossible de le rater avec 3 parieurs...

Nb joueurs
1
2
3
4
5
Proba échec 40,2% 16,2% 6,5% 2,6% 1,0%
Réussite 59,8% 83,8% 93,5% 97,4% 99,0%