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mardi 31 août 2021

J'aime : écrire des messages dans les livres d'or...

Avant, j'étais comme tout le monde : je ne savais pas trop quoi écrire sur les cartes de vœux, livres d'or et autres agendas qu'on se faisait signer en fin d'année scolaire. Donc, je faisais comme tout le monde : j'écrivais une banalité d'usage, sans saveur ni personnalité et je me débarrassais bien vite de cette petite corvée pour me concentrer sur le buffet du pot de départ du vague collègue à qui on souhaitait une bonne retraite.

Et puis, un jour, dans un mariage où j'avais réussi à esquiver la corvée mais qu'on avait fini par me l'imposer en toute fin de soirée, alors que je lisais les messages précédemment laissés (peut-être pour me convaincre que quoi que j'écrive, ce ne serait pas plus tarte) j'ai trouvé marrant d'inscrire en bas d'une des premières pages : "Chut ! Le livre dort..."


Enhardi par cette première violation de la sacralité du recueil, j'ai profité d'une demi-page laissée libre pour écrire un mot de remerciement bidon signé d'un nom inventé, juste pour égayer un peu la lecture des futurs mariés par un petit débat sur l'identité de ce Charlie qui trouvait les choux à la crème si réussis. Rien de bien extraordinaire, certes, mais je débutais !

Depuis ce jour, en toutes circonstances, j'accueille la vue d'une bafouille à rédiger non plus comme une contrainte mais plutôt comme une merveilleuse opportunité de laisser libre cours à ma fantaisie créatrice. Ça me rend ce fastidieux exercice agréable, me permet de faire passer des messages parfois beaucoup plus sincères et, même si ça tombe à plat ou peut paraitre bizarre (on est pas toujours hyper-inspirés non plus), je me dis qu'on appréciera l'effort pour avoir tenté un truc original.

Bon, je vois bien que ce que vous voulez, ce sont des exemples... Malheureusement, je n'ai pas immortalisé beaucoup de ces messages et j'en ai sans doute oublié pas mal, mais quelques uns me reviennent en tête. J'ai tenté quelques poèmes pétés parfois dont j'ai bien fait d'oublier les rimes foireuses je pense. J'ai osé une longue histoire pour le pot de départ d'une jolie secrétaire qui se faisait lourdement draguer par les vieux boss de la boîte : l'idée était de pouvoir introduire une contrepèterie (elle en était friande) sans que les autres lecteurs ne s'en doutent où je lui conseillais au final de se méfier "des grands qui cherchaient à l'acculer". C'est passé crème et ça l'a bien fait marrer...
Et pour terminer j'ai trois messages dont je me souviens bien (en vrai il y en a deux que j'ai pris en photo et je viens de retomber dessus, c'est la raison première qui me pousse à écrire cet article), les voici donc :

Le premier est une petite carte, prévue juste pour ma mère et moi, pour le baptême de mon neveu et filleul (Tom, le fils de Marcel et de sa femme Clémentine). 80% de l'espace est occupé par ce message :

Coucou,

Juste un MOT pour TOM..... Ha ha ha, jeu de tom, euh, de mots... Bon, d'accord, l'inspiration est pourrie [NB : d'autant plus que Marcel avait déjà fait cette blague dans la famille, quand il nous a fait deviner le prénom de son fils en nous disant qu'il n'y avait que trois lettres qui lues à l'envers faisaient un mot... Le petit malin. Moi du coup je voulais l'appeler Luc mais ça n'a pas été retenu semble-t-il], tellement que je me suis dit que j'allais écrire très mal, de manière presque illisible, pour laisser planer le doute sur la qualité de mes blagues. Ainsi, on s'imaginerait toujours qu'elles sont beaucoup plus drôles qu'en réalité... Malin, mais inutile ! En effet, en commençant à écrire, j'ai trouvé le ton juste, ce qu'il fallait absolument écrire dans ce genre d'occasion, de manière à rendre ce mot accompagnant un cadeau de baptême parfait, un modèle du genre, une référence. Cher Marcel, chère Clémentine, cher Tom, [à partir de là, l'écriture devient de plus en plus difficile à lire, ça fait quelque chose qui ressemble vaguement à :] savez-vous pourquoi grbou la martina à lou moucher des baptisés drou piroupar ? Artofi du rabouli martonla tout grob. Tirbou la Tom. Oui, Tom d'illos ta maintne. Et pourquoi ? Ma rataboule dimarti ! Oui, matil-nou à nous mais aussi à la vie !

Je vous laisse vous remettre de la profondeur de ces paroles. J'imagine que vous voudrez en discuter mais vous comprendrez qu'elles ne peuvent garder leur portée et leur grand humour qu'écrites...

Je laisse la place à maman pour un mot beaucoup plus chiant traditionnel...

Bisous Tom,                                 Ton parrain 

Le deuxième a été laissé dans le livre d'or d'un mariage d'amis. Je crois que je m'ennuyais un peu, j'ai bien dû rester une demi-heure en tête-à-tête avec les pages du cahier :

Cher Delphine, cher Romuald,

Connaissez-vous l'incroyable histoire des pommes de terre qui voulaient être des tomates ? Non ? Laissez-moi donc vous la raconter en deux mots.

Cette histoire se passe dans un jardin comme il en existait beaucoup dans la France de l'après-guerre : un petit carré de verdure en bordure d'une banlieue ouvrière où logeait une belle diversité de travailleurs occupés à reconstruire le pays ravagé par les combats et l'Occupation. Une femme, magnifique et courageuse, cultivait ces quelques ares pour mettre un peu de beurre dans les épinards, ou plus exactement, un peu d'épinard dans l'assiette (parce que même en plantant un beurrier dans un jardin, on n'obtient pas de beurre à la fin, on peut juste récolter un beurrier sale à la rigueur si on l'a pas paumé. Donc, s'il vous plaît, n'essayez pas avec celui de votre liste de mariage, ce n'est pas la peine. Et si vous voulez quand même essayer, mettez une petite fiche dans le sol avec marqué "beurrier" dessus pour le retrouver plus facilement à la fin de la saison. En vrai, je conseille de plutôt d'écrire "haricot beurre" sur la fiche, comme ça vous le retrouverez tout pareil mais vous passerez moins pour des cons à avoir voulu à tout prix planter un beurrier pour faire pousser du beurre à mettre dans les épinards alors que je vous avais prévenu dans le livre d'or de votre mariage que ça ne marcherait pas, et tout le monde le sait puisque, attirés par ce long pavé, tout plein de vos invités vont de manière parfaitement indiscrète lire ce message [oui, je vous vois, lecteurs clandestins du futur proche, happés par le suspens qui s'installe ! Non, ne craignez rien, je ne vous juge pas. Moi-même, je l'avoue, j'ai lu le message passionnant de tata Jeannine sur comment un mariage pluvieux est un mariage heureux avant de me lancer dans mon histoire de jardinage... Installez-vous confortablement, je me sens en verve, ce n'est pas fini]). Cette femme qui cultivait ce jardin, avait une histoire passionnante, dont nous n'avons étonnamment rien à carrer puisque c'est son potager qui nous intéresse. Non, je ne parle pas de son vieil ami retraité (cette blague passe mieux à l'oral) mais bien de ses légumes !

En effet, il se jouait dans ce jardin un drame que n'aurait pas renié La Fontaine qui nous aurait sans doute écrit un truc comme :
Dans les allées bêchées du jardin sus-cité
Les tomates aux patates jalousie suscitaient.
Mouais, sauf qu'en général, il s'ennuyait pas à pondre des beaux alexandrins comme ça, avec une belle césure et des rimes bien riches. Une petite traduction d'une fable d’Ésope, deux trois vers boiteux qui sonnent à peu près juste, une verveine et au lit. Donc, si ça vous dérange pas trop, on va continuer en prose, j'ai une deuxième tournée de buffet de desserts qui m'attend...

Donc oui, les pommes de terre étaient jalouses des tomates ! Elles auraient, elles aussi, voulu être tendres et bien rouges. Alors, elle demandèrent conseil aux cerises : "comment faites-vous pour avoir cette belle couleur et cette chair si juteuse ?"
- Mais peuchère, collègues, leur répondirent-elles avec leur accent bigarreau, il vous faut prendre le soleil... Si vous restez ainsi enterrées, pas étonnant que vous trainiez ces mines d'endives anémiques ! Nous, si on se retrouve à l'ombre, on reste toutes vertes et toutes dures tandis qu'au soleil, bonne mère,
Notre couleur éclate, notre saveur explose,
Le sucre fait notre joie et notre chair bien rose. (Putain, mais barre-toi La Fontaine, on n'a dit qu'on n'en voulait pas de tes alexandrins mités. De tes vers véreux en somme). 

Les pommes de terre suivirent immédiatement ce conseil et commencèrent à affleurer, sortant à l'air pour profiter du soleil. Et quel miracle de la nature s'opère dans ce cas ? Le pied de pomme de terre sent l'impact du soleil sur ses tubercules et la transformation magique s'opère : le tubercule s'appauvrit en amidon et peu à peu se transforme en organe photosynthétique : les pommes de terre deviennent donc encore plus dures et verdissent pour se charger en chlorophylle ! Et oui, à vouloir rougir et s'attendrir, ces connes sont devenues dures et vertes ! Purée... C'est d'ailleurs bien ainsi que cela finit. En purée : les tomates se prirent la tête avec les pommes de terre, castagne, purée rouge partout. La belle jardinière excédée : purée de patates. Avec du beurre. Direct du beurrier. Et une pointe de persil pour la couleur, alors que le persil il n'avait rien demandé, mais il finit coupé aussi. Ça lui apprendra à faire des frisotis dans son coin.

Et bien je pense que votre mariage en fait, en y réfléchissant bien et en considérant soigneusement toutes les implications morales et les différents degrés de lecture de cette petite fable sans prétention, je pense disais-je que votre mariage, ça n'a absolument rien à voir et aucun rapport avec mon histoire.

Emmanuel

Et pour terminer, voici comment j'ai rempli un bon tiers d'une grosse carte d'anniversaire d'une amie :

Chère Stéphanie,

Plutôt que des vœux très classiques, ce soir, je voudrais te raconter une histoire... Pas n'importe quelle histoire, mais les fantastiques aventures d'un petit lapin que tout le monde surnommait "Lapinou" (ouais, ils étaient nuls sur les surnoms). Lapinou aimait gambader dans la garrigue, se baffrant de trèfle, thym, lavande et romarin.
Mais du coup, il eut soif. Il se rendit donc chez Père Castor (oui, je sais qu'il n'y a pas de castor dans la garrigue, mais lui y était immigré) qui tenait la boutique d'alimentation générale, 7j/7, 20h/24... Lapinou lui demanda s'il avait du Coca Cherry Zéro parce qu'il en avait vu dans une pub à la télé. Mais Castor n'en avait plus.
"Demain je suis livré mon frère si Dieu veut."
Le lendemain, rebelote : pas de Coca Zero Cherry parce que le paysan du champ voisin avait changé ses moutons de pâture, donc, avec la nouvelle clôture, impossible de livrer Castor sans passer par le champ du taureau qui n'était pas commode ces temps-ci, rapport aux génisses qui voulaient pas que... Bref, pas de Coca...
[Hey, Emmanuel, c'est pas bientôt fini ? Oui, oui, j'arrive, j'arrive]
"Mais demain il y en aura, promis juré craché sur la tête de tata Rachel (les castores s'appellent soit Rachel, soit Sylvie, c'est une tradition).
Le lendemain, pas de pot (de lapin), il fait un temps abominable, une véritable tempête... Lapinou ne met pas une oreille dehors de la journée. Mais le jour suivant, le revoici chez Castor. Et là, c'est le drame, plus de Coca ! Tout est déjà parti lui dit-on ! Quelle infamie !
"Mais, Castor, tu as été livré ?"
"Oui Lapinou, comme prévu !"
"C'est pas possible, quand as-tu vendu tout ton stock ?"
"Mais Lapinou, hier !" L'HAPPY NEW YEAR ! Bonne année, tous mes vœux de bonheur !
[Hey, tu sais que c'est un anniversaire espèce de blaireau ? On est en mai] Ah, euh, oui... Bon, ben comme les autres alors : Joyeux anniversaire !

Emmanuel

jeudi 3 décembre 2020

J'aime... Les arcs-en-ciel !

J'assume, j'aime les arcs-en-ciel, je trouve ça trop cool. Déjà c'est super beau, ensuite c'est pas si courant (surtout dans nos perspectives urbaines bien bouchées), et enfin, c'est la manifestation merveilleuse d'un phénomène scientifique quand même un peu dingue...

Et du coup, j'aime tous les arcs-en-ciel, pas seulement les naturels (ou les doubles naturels, c'est encore plus dingo !), mais aussi les artificiels. Par exemple lorsqu'on arrose un truc au jet d'eau en plein soleil l'été, hop, un petit arc-en-ciel personnel qui surgit sur la pelouse, qu'on peut faire bouger, apparaître et disparaître à volonté. C'est magnifique, non ? Évidemment, nous sommes d'accord.

Pour l'instant, j'en conviens, cet article n'est pas très polémique. Je ne pense pas qu'il existe beaucoup de monde qui inscrive les arcs-en-ciel dans la liste des trucs qu'ils n'aiment pas. Mais on y arrive (même s'il ne faut pas s'attendre non plus à la polémique du siècle, hein, on part de loin quand même...) : en effet, j'aime tellement les arcs-en-ciel que j'aime aussi leurs cousins : les tâches d'essence toutes poisseuses et bien polluantes qu'on peut voir trainasser dans les flaques d'eau sur la chaussée bitumineuse et malodorante... Comme cette photo d'illustration que j'ai prise un jour d'automne où je me suis émerveillé sur la beauté du caniveau.

C'est beau la pollution parfois...

Voilà une déclaration qui lancera sans doute la controverse et devrait me vouer aux gémonies pour incitation au crime environnemental, mais, là encore, j'assume. Je trouve ça beau, ce n'est évidemment pas pour ça que je verse de l'essence dans toutes les flaques que je croise. C'est la joie de la rencontre fortuite qui est la plus réjouissante.

Je ne suis pas sûr que ces colorations similaires soient dues à des phénomènes identiques, mais je pense que l'émotion qu'ils suscitent se comparent également à celle, plus classiquement évoquée dans les bucket lists, que procure l'observation des aurores boréales, qui complèteraient bien je pense cet élément de ma liste de choses que j'aime...

jeudi 30 avril 2020

Le Ian's knot

Aujourd'hui, lançons un petit article sur un sujet anodin  et voyons où ça nous mène : le laçage de lacets. Bof, pas terrible dit comme ça. Le nouage de lacets ? Mouais... Bref, la façon de faire ses lacets...

Depuis quelques années déjà, j'ai découvert une méthode nouvelle pour réaliser ce geste. Il faut dire que ça me turlupinait un petit peu. En effet, j'avais toujours conservé adulte la manière avec laquelle ma grand-mère m'avait appris à les faire alors que j'étais tout petit. Et cette manière, c'était de nouer deux boucles ensemble, pas le truc compliquer de tourner un lacet autour du pouce qui tient une première boucle. Ça, je ne sais toujours pas le faire. Du moins pas correctement ou de manière fluide.

Un jour, je me suis dit qu'il serait quand même bien d'apprendre (je devais avoir la trentaine hein, on est pas sur du demi-handicapé). J'ai donc demandé à mon meilleur ami de me montrer : Ask Google bien sûr. Et c'est là que je suis tombé sur le site Internet d'un ingénieur, passionné de nœuds de lacets, et qui a inventé un nœud optimal, le plus rapide et efficace possible, qu'il a décidé de baptiser de son prénom, le Ian's knot donc... Plutôt qu'une explication technique et laborieuse à laquelle vous ne comprendriez rien, voici un petit GIF animé piqué sur le site qui existe toujours et que, j'espère, il ne m'en voudra pas de coller ici (sinon Ian, n'hésite pas, demande et on s'arrange...)

En plus, il s'est mis une petite pub pour son site. Il a bien fait, ça vaut le coup d'y faire un tour : il y recense en effet 62 façons d'arranger ses lacets et 20 manières de les nouer selon différents critères de solidité, rapidité... Bref, le spécialiste mondial, un passionné, un invité parfait pour un dîner un mercredi soir... J'adore.

Une fois que vous aurez vu ça, vous vous demanderez comment ça marche, vous essayerez peut-être. Normalement, vous allez commencer par foirer parce que d'expérience toutes les personnes à qui je le montre se foirent. Mais en essayer quelques minutes on y arrive très bien et ça devient très vite indispensable.

Le plus incroyable est que ce nœud, une fois terminé, est exactement le même que la technique "standard" (et le même que la technique de la double boucle que m'a enseigné ma grand-mère d'ailleurs). Quand je dis le même, c'est à dire que les deux lacets sont dans la même position finale et, qu'en voyant le nœud terminé, on ne peut pas deviner avec quelle méthode il a été lacé.

Pourtant, en dépit de sa simplicité, de son efficacité et de sa plus grande rapidité, cette méthode est complètement inconnue et n'a de fait été découverte qu'en 1982 par un quidam qui s'est demandé un jour pourquoi ses lacets cassaient si souvent, et toujours du même côté. Parce que oui, last but not least, cette méthode, de par sa parfaite symétrie, possède en plus l'avantage d'user uniformément les lacets contrairement à la méthode asymétrique standard, si bien qu'ils cassent moins souvent (ou plus exactement, le premier accident de cassage de lacets sur une paire intervient plus tardivement, donc, il y a besoin de changer moins souvent de paire de lacets. A moins que vous ne jetiez que celui qui est cassé pour réutiliser le second plus tard, auquel cas, en plus d'être aussi bizarre que moi, cela ne vous apporte rien d'utiliser cette méthode du point de vue de la durabilité moyenne de vos paires de lacets. Merci à la parenthèse la plus longue du blog)

Bref, j'aime bien cette méthode et c'est pour cette raison que je l'ai incluse dans ma liste dédiée... Et puis je peux en parler assez pour animer tout un entretien d'embauche, une interview avant un jeu télé ou même un dîner donc c'est certain qu'elle y a toute sa place... Et, oui, je suis libre mercredi soir si vous et quelques amis voulez en savoir plus.

lundi 31 décembre 2018

Patte de chat (compétence de prêtre niveau 13)

Dans ma liste de choses que j'aime que vous pourrez retrouver facilement en cliquant tranquillement sur le lien le plus long et le plus lourdement introduit de ce misérable blog, apparaît le légèrement hermétique point suivant : "Rattraper par réflexe quelque chose que je viens de faire tomber avant que cela ne touche le sol".

À l'occasion des fêtes de fin d'année, laissez-moi développer et expliciter. Enfin, je dis "laissez-moi", mais même si vous n'êtes pas d'accord, ce sont mes mémoires externes, j'y écris bien ce que je veux. Et si je prétends profiter des fêtes de fin d'année pour développer ce point, ça vous plaît, ça ne vous plaît pas, on va y aller quand même, hein ? D'ailleurs, j'entends d'ici une autre remarque, qui se croit plus maligne, lentement s'élever, sûre de sa supériorité, pour surpasser la simple opposition au développement ci-dessus annoncé... Elle s'exprime ainsi : "oui, euh, tout ça, euh... D'abord, c'est quoi le rapport entre les fêtes, euh, le fait de rattraper un truc qui tombe, euh, et le titre du billet, tout ça ! Pan !" Ce à quoi, toujours maître chez moi et dans mes mémoires aussi externes soient-elles, je réponds derechef : "Petit un, chère remarque, ta tentative d'imitation de Coluche est aussi grotesque qu'inappropriée à l'écrit. Paf ! Et de petit deux, on y arrive."

Il serait temps me direz-vous. Certes, mais si vous voulez vraiment qu'on y arrive, va falloir un peu fermer votre gueule que je puisse avancer. Ouais... Complètement, ah bon...
Reprenons, à l'occasion des fêtes de fin d'année, en visite familiale, voici-t-y pas que mon frère Marcel, dont nous avons déjà parlé notamment à l'occasion de son mariage, exécute avec brio ce geste jubilatoire (il me semble sur un bouchon de biberon qui s'échappait de la table du salon et se dirigeait tranquillou vers le carrelage avec l'insouciance que procure à tout objet qui choit la certitude qu'aucune force ne surpasse celle de la pesanteur). Et, juste après avoir arraché en une fraction de seconde l'insouciant objet à ses confortables 9.81 m.s-2 d'accélération verticale, il salue son exploit d'une remarque tout à fait appropriée : "Patte de chat, compétence de prêtre niveau 13"... Bim, un bon kiff de fait. Le veinard. Ça fait bien quelques mois que ça ne m'est pas arrivé. Je m'en souviens encore, un stylo cylindrique qui roule jusqu'au bord du bureau, en tombe, et que j'ai parfaitement récupéré par le haut, en propulsant ma main vers bas plus rapidement que sa chute, et en le saisissant d'un geste alerte et sûr assez comparable à celui qu'on emploie pour attraper les mouches. Sensation de toute-puissance, de maîtrise de son corps et des éléments, de lecture parfaite des trajectoires... On est un peu Néo dans Matrix, ou un guerrier Jedi.

Et la patte de chat dans tout ça ? Il est nécessaire de fouiller dans les tréfonds de Google pour obtenir la réponse. Et je salue bien bas tout lecteur qui aurait saisi spontanément, car je crois que la référence est vraiment obscure. Après diverses recherches, on obtient en effet ce lien tout à fait extraordinaire : https://docplayer.fr/55622198-Les-terres-de-legende.html dans lequel les règles d'un vieux jeu de rôle, tout à fait complet et fascinant, sont reprises, agrémentées d'une partie des illustrations d'époque... Nous avons passé des centaines d'heures à jouer les scénarios, imaginer des mondes et des aventures pour nos héros virtuels : Périem le noble chevalier, Maëlstrom le magicien, un barbare dont je ne peux révéler le nom sans compromettre l'identité d'une célébrité de ce blog, Kandji le prêtre et Kandjadar le seigneur de guerre, etc. Le tout bénéficiant d'un suivi informatisé (fait maison, mes premiers pas sur Excel...) des progressions de compétence et d'équipement avec une petite dose de mauvaise foi qui en faisaient de fait des demi-dieux immortels et surpuissants. Et on y retrouve en page 264 la description de la compétence suivante, théoriquement réservée à la classe des seigneurs de guerre mais que nous avions autorisée à notre prêtre au prix sans doute d'une petite adaptation des règles...

Patte de chat
Ce talent permet de détourner ou d'attraper en plein vol les flèches. Cette action nécessite une concentration absolue et le seigneur de la guerre ne peut y avoir recours en plein combat ou s'il possède des sortilèges en action. Il oppose sa Parade à l'Attaque de l'archer comme s'il s'agissait d'un affrontement au corps à corps, si ce n'est qu'il est tenu compte des modifications dues à la distance, la lumière, etc. (voir le chapitre « Règles des Combats » du Livre des Règles). Le seigneur de la guerre répartit son total de Parade, s'il est la cible de plusieurs flèches en un seul Assaut. Le seigneur de la guerre ne peut exercer ce talent que s'il voit le missile partir. La vitesse de cette intervention permet d'arrêter tous les projectiles à l'exception des carreaux d'arbalète.

mercredi 4 mars 2015

La musique

Petit, je n'écoutais pas de musique. Au collège, au lycée, c'était un sujet de conversation récurrent, un ice breaker évident et un facteur de cohésion sociale. Je n'avais aucune culture, aucun goût précis, aucun attrait.

Aujourd'hui, sans être un inconditionnel loin de là, j'ai toujours je pense des goûts parfaitement éclectiques mais certains morceaux quasi magiques ont le pouvoir de me booster. Ci-dessous, la playlist ultime qui déchire :
  1. The Cranberries - Salvation
  2. Lady Gaga - Poker Face
  3. Gigi D' Agostino - Blablabla
  4. Demon vs Heartbreaker - You are my high
  5. Modjo - Lady
  6. The Black Eyed Peas - Pump It
  7. Mika - Grace Kelly
  8. David Guetta feat. Akon - Sexy Bitch
  9. Bérurier Noir - Salut a Toi
  10. Alex Gaudino Feat. Christal Waters - Destination Calabria
  11. Benny Benassi - 'Satisfaction'
  12. The Offspring - Self Esteem
  13. Daft Punk - Da Funk
  14. Dr Alban - Sing Hallelujah
  15. The Pointer Sisters - I'm So Excited
  16. Bee Gees - Staying alive
  17. Bonnie Tyler - I need a hero
  18. LMFAO - I'm sexy and you know it
  19. ATC - All Around The World
  20. Gregroire - Toi plus moi
  21. Mickey 3d - Matador
  22. Stardust - The music sounds better with you
  23. David Guetta - Love Is Gone
  24. C2C - Down the road
  25. Carly Rae Jepsen - Call Me Maybe
  26. Les Inconnus - Vice et versa
  27. The Supermen Lovers (feat. Mani Hoffman) - Starlight
  28. Boney M - Daddy Cool
  29. Placebo - The bitter end
  30. Blondie - Heart of glass
  31. Deorro - Five Hours
  32. The White Stripes - Seven Nation Army
  33. Darude - Sandstorm
  34. Bob Sinclar - World Hold On
  35. Black Box - Ride on Time 
  36. Pink Floyd - Another Brick In The Wall
  37. France Gall - Résiste
  38. Kylie Minogue - Can't Get You Out Of My Head 
  39. Daft Punk - Get Lucky
  40. A-ha - Take on me
  41. Alexandra Stan - Mr. Saxobeat
  42. Renato Carosone - Tu vuo' fa' l'americano 
  43. Nirvana - Smells like teen spirit
  44. Rage against the machine - Killing in the name
  45. Katy Perry - Firework
  46. Fauve - Blizzard
  47. Survivor - Eye of the tiger
  48. INXS - Original Sin
  49. Bee Gees - Night Fever 
  50. The Buggles - Video Killed the Radio Star 
  51. Cold Play - Viva la Vida
  52. Elton John - I'm Still Standing
Oui, pour l’éclectisme, je vous avais prévenu. Je ne pense pas qu'un vrai mélomane puisse se permettre d'aimer des univers aussi éloignés. Mais bon, je suis un béotien donc je m'en tamponne.

Deuxième liste, ma petite playlist "zen"..
  1. Dido - Life for rent
  2. Popcorn Original Song
  3. R.E.M.- Losing My Religion
  4. Fool's Garden - Lemon Tree
  5. Amy Winehouse - Rehab
  6. Mika - Relax, Take It Easy
  7. Birdy - Skinny Love
  8. Daft Punk - Instant Crush ft. Julian Casablancas
  9. Asaf Avidan - One day / Reckoning Song (Wankelmut Remix)
  10. Phoebe Killdeer and The Short Straws - The Fade Out Line
  11. The Mamas & The Papa - California Dreamin
  12. Blackstreet - No Diggity ft. Dr. Dre, Queen Pen
  13. Ray Charles - I Got A Woman 
  14. The Bangles - Eternal Flame
  15. Dido - Paris
  16. Bill Withers - Ain't no sunshine
  17. Alan Parsons Project - Eye in the sky
  18. Keane - Somewhere only we know
  19. The Weeknd - I feel it coming ft. Daft Punk
  20. Scorpions - Wind of change
  21. The Foundations - Build me up Buttercup 
  22. Oasis - Don't Look Back in Anger
  23. Françoise Hardy - Message Personnel
  24. Bonnie Tyler - Total Eclipse of the Heart
  25. Bobby McFerrin - Don't Worry, Be Happy 
  26. Toto - Africa
  27. Protocol Harum - A Whiter Shade of Pale
Bons sons, hein ?

Et puis une autre liste encore de chansons que j'aime bien écouter pour diverses raisons : bon souvenir associé, feeling particulier. Et pis oh, en temps que philistin (ouais, je suis dans la métaphore biblique ce soir), je n'ai pas besoin de me justifier...
  1. Oasis - Wonderwall
  2. Bonnie Tyler - It's a heartache
  3. Joan Jett & the Blackhearts - I love Rock'n'Roll
  4. Eminem - The Real Slim Shady
  5. Bloodhound Gang - The Bad Touch
  6. Modern Talking - You're My Heart, You're My Soul
  7. Modern Talking - Brother Louie
  8. The Cranberries - Zombie
  9. Baltimora - Tarzan Boy
  10. Donna Summer - Last dance
  11. Boney M - Rivers of Babylon
  12. Norman - Internet de l'époque
  13. Dalida & Alain Delon - Paroles, parole
  14. Serge Gainsbourg & Jane Birkin - Je t'aime... moi non plus
  15. Nancy Sinatra - These Boots Are Made for Walkin'
  16. The Avener, Phoebe Killdeer - Fade Out Line
  17. Madonna - Love Profusion
  18. AronChupa - I'm an Albatraoz 
  19. French Cancan - Monsieur Sainte Nitouche
  20. Rolling Stones - Angie
  21. Madonna - Hung Up
  22. Francoise Hardy - Comment Te Dire Adieu
  23. Pink Floyd - Another Brick In The Wall, Part Two
  24. De la soul - All good original
  25. Oldelaf - La tristitude
  26. Talk Talk - Such a shame
  27. Sting - Englishman in New York
  28. P. Lion - Dreams
  29. Madcon - Beggin
  30. Fergie - A little party never killed nobody
  31. The Weeknd - Starboy ft. Daft Punk
  32. Ofenbach - Be mine
  33. Fauve - Kané
  34. Jain - Makeba
  35. Cock Robin - The promise you made
  36. Calvin Harris - This is what you came for ft. Rihanna
  37. Feder - Goodbye ft. Lyse
  38. Orelsan - Suicide social
  39. Orelsan - Jimmy Punchline
  40. The Box Tops - The Letter 
  41. The Police - Every Breath You Take
  42. Depeche Mode - Enjoy The Silence
Voila, ce n'est pas classé, c'est loin d'être exhaustif, mais j'avais envie de le mettre dans un coin de ma mémoire externe. Pour quand Youtube les efface sans prévenir de mes favoris par exemple, et ça arrive souvent...

mardi 30 décembre 2014

Avoir des poches à mon pyjama

Quand je rentre d'une journée de boulot, un de mes petits plaisirs est de me débarrasser de mes chaussures de cuir, de mes chaussettes (surtout si elles sont humides), de mon costard et de me glisser dans mon bon vieux ensemble pyjama/charentaises. Oui, c'est sûr que ça fait vieux con mais il faut parfois savoir profiter de la sagesse des anciens. Et là, il faut admettre qu'ils avaient vraiment tout compris.

Le problème, c'est que nos ancêtres n'avaient pas de portable. Or, moi, j'aime bien avoir mon portable toujours à portée de main, dans ma poche. Voila pourquoi je kiffe d'avoir des poches à mon pyjama.

Pendant longtemps, j'ai utilisé un simple pantalon de toile avec poches intégrées comme bas de pyjama. Mais, quand les trous ont fait place à de profondes déchirures, il a fallu s'en séparer. Et impossible de trouver un pyjama de série avec des poches. Ce que j'ai du mal à comprendre d'ailleurs, parce, outre le portable, cela peut servir aux mouchoirs par exemple (mais je dois être un des seuls dinosaures à toujours utiliser des mouchoirs en tissu...)

Donc, je me suis fait customiser mon pyjama, en détachant une poche de mon pantalon déchiré pour la recoudre sur mon bas de pyjama Gaston Lagaffe.

Voici donc comment je parviens à être connecté et décontracté à la fois (et ridicule sans doute aussi, mais bon, ça...) !