jeudi 16 juin 2016

3 pensées sur Phèdre de Racine (1677)

J'ai relu Phèdre il y a un peu moins d'un an. J'avais pris quelques notes et j'en ai tiré trois petits points. Mais avant, petit résumé de l'histoire (merci Wikipédia, j'en avais oublié les trois-quarts...)


Phèdre est l'épouse du héros Thésée, qu'on croit mort. Elle aime son beau-fils Hippolyte qui lui n'a d'yeux que pour une autre, Aricie. Un amour impossible sur fond de clans ennemis et de luttes de pouvoir. Phèdre avoue son amour, horreur d'Hippolyte, Phèdre tente de se tuer mais Hippolyte l'en empêche. Coup de théâtre : Thésée revient en vie et flaire rapidement qu'il se passe quelque chose de louche. Alors, sur les conseils de sa confidente Œnone, Phèdre prétend que c'est Hippolyte qui a tenté de la séduire par la force, d'ailleurs elle a gardé l'épée (avec laquelle elle a tenté de se tuer) pour le prouver. Hippolyte est chassé et en danger de mort, mais Phèdre, qui veut avouer sa faute, apprend qu'Hippolyte en pince pour Aricie et la jalousie la retient. Finalement, Hippolyte est indirectement tué par son père (via un monstre marin, coup de pouce de Neptune appelé à la rescousse), Phèdre chasse Œnone qui se suicide, prend du poison, avoue sa faute, et meurt. Fin du bal, rideau, circulez, y'a plus rien à voir...


  1. Phèdre prononce la fameuse citation "Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire" qui pourrait être la devise de n'importe quel dépressif paranoïaque. J'ignorais qu'elle venait de là.
  2. Phèdre, modèle de la tragédie racinienne par excellence, finit en fait, je trouve, sur une note d'espoir et un message positif. En effet, Thésée adopte finalement Aricie comme le souhaitait son fils, apportant au final la paix et démontrant que toutes ces morts n'ont pas été vaines.
  3. Enfin, certes le message principal est que Phèdre a été emportée par ses passions (l'amour, la jalousie, etc.), mais Racine met également en exergue le thème du mauvais conseilleur : Œnone jouant ce rôle et précipitant la perte de tout le monde via ses conseils. Il aurait suffit que Phèdre prenne ses responsabilités ou n'écoute pas sa confidente pour que tout ne soit pas aussi dramatique...

vendredi 10 juin 2016

Lettre ouverte à Fabio Salsa

Cher Monsieur Salsa ou plutôt Sacré Fabio (on se tutoie depuis le temps...)

Je voulais te donner des nouvelles parce que j'avais un peu peur que tu ne t'inquiètes. Ça fait déjà plus d'un an que je n'ai pas pointé le bout de mon nez dans un de tes salons et tu pourrais légitimement craindre que :
1. J'ai sombré chez les Krishna ou les bouddhistes, ou les moines franciscains (qu'est ce qu'ils ont d'ailleurs tous ces cons de religieux à se raser le crâne ?)
2. Je sois devenu hippie
3. J'ai entamé une chimio...

Bref, de quoi se faire des cheveux, hum, disons plutôt se faire du mouron. Même si, je dis ça, en même temps, tu n'as pas demandé de nouvelles mais bon...

Je venais te voir quoi, toutes les quatre à cinq semaines environ, non ? Pas que mes cheveux ne soient très longs mais ils poussent plus vite derrière que devant où ils commencent à se dégarnir, alors si je veux pas ressembler à un Tony Vairelles de 50 balais, il me faut en général mon petit coup de ciseaux à 21 balles à cette fréquence...

En fait, il m'est arrivé une petite mésaventure en mars dernier (oui, j'ai mis dans l'article des chips que j'étais né en mars, alors je continue). Ça commençait pourtant bien : tu avais été super sympa et tu m'avais envoyé un gentil courrier pour mon anniversaire en me faisant même une ristourne... Ça ne m'a pas étonné, je me suis dit que les latins accordaient de l'importance à ces choses, et puis on connait ton côté festif, pas du genre à rater une occasion de rigoler. Du coup, pour saluer cette marque d'amitié sincère entre nous, j'avais anticipé d'une bonne semaine ma visite pour qu'elle ne tombe pas au début du mois d'avril mais bien fin mars, pile pour mon anniversaire d'ailleurs (oui, les chips périmaient le 29... Faut suivre)

Bon, petit shampoing (même si je viens pas avec les cheveux sales mais passons), bla-bla de la coiffeuse toujours aussi passionnant (je crois qu'on a échangé des idées de fonds sur l'influence des banquiers dans la crise des subprimes, j'ai appris plein de trucs) et hop, passage en caisse où, très fier, je sors ma carte d'identité pour lui montrer que je suis bien du 29 mars comme Marcel Aymé ou Terence Hill...

Et bien mon cher Fabio, crois-le, crois-le pas, malgré ma fidélité à toute épreuve (3 cartes tamponnées avant qu'on passe à la carte magnétique !), ma coiffeuse philosophe de la finance m'a dit qu'il fallait pouvoir présenter le courrier pour prouver qu'on était bien éligible à la promotion. Zou, pas de 15 %, snif, 3.15 EUR de dépensé de plus que ce que j'avais prévu. Tel un Lucky Luke de la bonne éducation, je me suis peut-être même excusé du dérangement et ai joué le Passe-Muraille pour disparaître le plus vite possible...

Du coup, on pourrait croire que j'écris pour me plaindre. Mais en fait, pas du tout ! Cette mésaventure m'a un petit peu mis en colère (faut dire que je suis un brin radin sur les bords, et c'est sur les bords que mes cheveux poussent le plus vite en plus alors ça se tient) et je me suis dit : tiens, y a-t-il d'autres coiffeurs qui coupent les cheveux à pas cher comme Fabio ? Parce que j'avais vu les prix chez ton voisin Franck P. ou Jacques D., les mecs ils se mouchent pas du coude. Mais bon, ils passent à la télé alors on peut se dire qu'on est coiffé par des stars, même si je l'ai jamais vu dans le salon faire des massages de cuir chevelu aux clientes par la vitrine, il doit faire ça dans une petite salle à l'arrière pour pas être dérangé par les demandes d'autographes j'imagine.

Bien, j'ai quand même cherché et là, badaboum, j'ai trouvé un truc incroyable. Les pakistanais/indiens/arabes à Strasbourg Saint-Denis. Les mecs te coupent les cheveux en 5 minutes chrono, sans bla-bla (de toute façon ils parlent pas la langue et mon ourdou est limité), sans shampoing inutile, sans vouloir te refiler de la laque que j'en mets jamais de toute façon et le tout pas pour 21, pas pour 15, pas même pour 10 mais pour 7 euros ! Et encore ils ont augmenté, c'était 5 la première fois que j'y suis allé...

Autant dire que je voulais te remercier : non seulement tu m'as fait gagné une bonne demi-heure toutes les 5 ou 6 semaines, mais en m'embourbant 3.15 €, ta coiffeuse m'as permis d'économiser 14 euros à chaque coupe ! Muchas gracias comme on dit chez toi !

Donc surtout mon cher Fabio, ne t'inquiète pas pour moi, tout va pour le mieux et je ne ressemble pas à un vieux yogi décrépi sur le dessus. J'espère que tout va bien pour toi aussi et que les salons marchent bien. La bise, sans rancune !

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Update du 14/06/16 : comme j'ai l'impression que Fabio ne passe plus sur mon blog, je lui ai envoyé le message sur son site; mais comme je n'ai droit qu'à 200 caractères (il a plein de messages de fans qui lui prennent trop de temps à lire), je l'ai redirigé sur cette page. Ce qui est bien, il pourra mieux comprendre cette histoire de chips ainsi...

Dernière petite photo avant poubelle 
 
Update du 25/03/21 : Fabio m'avait répondu que ma demande était prise en compte et que je recevrais bien vite une réponse (dans les plus brefs délais en tout cas). Mais je commence à craindre de ne pas avoir de nouvelles...
 


Bâle III : la vengence


Quelques notes sur Basel III...
  • Le ratio principal (Capital Adequacy Ratio) reste à 8 % mais meilleure classification du capital selon propension à réellement absorber les pertes (Tier 1 > Tier 2)
  • Le Tier 1 est constitué de la Common Equity (CET1) + AT1 (Additional Tier 1 qui sont en fait les convertibles sans condition). L'idée étant que le Tier 1 peut absorber les pertes avant qu'elles ne déclenchent une faillite (Going concern) tandis que le Tier 2 se déclenche (Gone concern)
  • Augmentation de la part demandée du Tier 1 (de 4% à 6%) et de la CET1 (de 2% à 4.5%)
  • Introduction de buffers : Capital conservation buffer qui peut souffrir durant les crises (il est fait pour ça) mais si on l'entame, on ne peut plus distribuer de dividendes ou de bonus par exemple et un buffer contracyclique à la discrétion du régulateur en cas de besoin. 2.5% tous les deux.
  • On ajoute aussi un ratio sur le levier (3%)
  • De nouveaux ratios de liquidité : le Liquidity Coverage Ratio plutôt classique à 30 jours et Net Stable Funding Ratio qui entrera en vigueur en 2018 et qui regarde la liquidité à 1 an.
  • On introduit la notion d'établissement systémique, les Systemically Important Financial Institutions (SIFI) déterminées par le Financial Stability Board. Ces établissements subissent une vigilence renforcée et probablement à terme des buffers supplémentaires.

Formation : le bon vendeur et le mauvais vendeur

Dans la série "je prends des notes des formations e-learning que j'ai suivi", voici un petit cycle sur la vente...

Sales cycle
  • Un besoin doit d'abord être identifié chez le client avant de venir avec une solution. 
  • Le besoin peut être dormant (on ne le connaît pas), actif (on a conscience du besoin mais on ne sait pas comment le résoudre) ou au stade de conceived solution (le prospect a une idée de la manière de résoudre le besoin). Tout le jeu consiste bien sûr à élaborer le plus tôt possible la solution avec lui en la biaisant vers le produit qu'on offre.
Developping a Sales Solution
  • Avant tout, il faut se renseigner sur le process décisionnaire chez le client et identifier users, influencers, gatekeepers, decision makers et buyers.
  • Les bonnes questions à poser doivent soit : permettre d'obtenir de l'information intéressante, aider à capter l'attention du client ou démontrer notre professionalisme à trouver des solutions. Elles peuvent être ouvertes pour engager la discussion et trouver de l'information ou fermer pour arriver à une conclusion.
  • Les mauvaises questions font répéter ou ne sont pas pertinentes mais destinées à faire mousser celui qui les pose
  • Pour une bonne qualité d'écoute, il ne faut pas interrompre, éviter d'anticiper et de finir les phrases (faut que je travaille ce point-là !), on perd de l'information et on restreint le débat... Garder le contact visuel, acquiescer (ça sonne mieux en anglais : nod and eye contact), confirmer sa compréhension avec résumé "si je comprends bien..." ou même "oui, je comprends..." Attention à vraiment écouter et à ne pas penser à sa prochaine réplique si on est obnubilé par la volonté de dire quelque chose d'intéressant, mais souvent peu pertinent du coup...
Closing the Sales
  • Les questions ou les mises en question sont des signes d'intérêt. Si le client n'a pas l'intention d'acheter, il laisse couler.
  • Il faut y répondre le plus vite possible. Si la réponse est déjà anticipée en annexe de la présentation, c'est particulièrement impressionnant.
  • Certaines questions sont purement rhétoriques et peuvent être ignorées.
  • Dans la phase finale, toute concession doit être difficile à lâcher et négociée, pas offerte. 
  • Il ne faut pas baisser le prix, devenir agressif ou pressant pour finaliser à tout prix. Il convient plutôt d'écouter, de demander d'élaborer les questions et de faire passer les objections comme des remarques intéressantes, y répondre si réel blocage potentiel puis d'enchaîner pour avancer vers la finalisation.

Repurchase agreement (repo) vs. security lending

Petite prise de notes suite à un e-learning sur le Security Lending, que j'avais toujours associé au repo (quelle idée, n'est-ce pas ?)
  • Le Security Lending (notons SL) est souvent plus spécifique que le repo, pour couvrir un short. Plus souvent sur les actions que le repo qui s'attache surtout aux obligations, mais les deux sont possible. En revanche pas de General Collateral (de vrac) en SL
  • La documentation est un GMSLA (l'équivalent du GMRA pour le repo) et géré par l'ISLA (International Security Lending Association je présume), l'équivalent de l'ISDA des dérivés...
  • Le transfert de propriété est plus marqué qu'en repo puisque par exemple le coupon va à l'emprunteur du titre contrairement au repo. Évidemment c'est neutre économiquement puisque le contrat peut prévoir de reverser les coupons.
  • Ces belles opérations peuvent se traiter sur des plateformes électroniques comme Equilend
  • Les termes du SL sont généralement plus souples que le repo, le collatéral peut ainsi être donné en cash comme le repo, mais aussi avec d'autres titres, ce qui fait du sens lorsque l'idée est de trouver une souche spécifique et pas de se financer (SL vs repo...)
  • Les call/put options 24/48h sont souvent incluses. Leur inclusion un facteur de pricing important.
  • Un peu de vocabulaire anglais pour terminer : Le security borrower paie un rental fee, qui est compensé par l'interest rate (pour un collatéral en cash évidemment). Rental fee - interest rate = rebate rate. 

Voila, vous savez tout sur le Security Lending, à vous de briller lors de vos soirées en ville et de ridiculiser tous les ignares qui pensent que c'est la même chose que du repo...

jeudi 9 juin 2016

#SensDesRéalités...

Noté à l'occasion d'un voyage dans un train "international", Thalys ou Eurostar... Devant moi un homme et une femme entre 45 et 55 ans, travaillant manifestement dans la pub. Ils feuillètent un magazine de design...


L'homme : "Tu vois, ces luminaires ? Et bien ils ne sont pas donnés..."
La femme : "Ah oui ? C'est 50.000 euros, non ?"
L'homme : "Non, pas 50.000 ! Tu plaisantes, c'est le prix d'une voiture ! C'est beaucoup plus raisonnable, 10-15.000..."


Moi, perso, le prix de ma voiture c'est 8.000 euros, mais bon, comme un con, je m'éclaire avec des luminaires Ikéa à 20 euros alors bon...

dimanche 22 mai 2016

Gagner un tournoi de poker II

Petit bilan après environ un mois de reprise du poker.

J'ai utilisé les 10 tickets pour les freerolls avantageux offerts à l'inscription (1000 € de prize-pool garanti pour entre 1000 et 2000 joueurs, soit une valeur estimée équivalent ticket d'entrée de 7 €)

Le résultat n'est pas extraordinaire puisque j'en ai tiré 3.65 € avec 4 résultats dans la monnaie. Mais c'est un début de bankroll et j'ai surtout bien amélioré ma technique avec ces quelques tournois.

J'ai également participé à plusieurs autres freerolls sans dotation, avec comme seul succès un ticket pour un évènement plus important (qui commence dans une heure) et qui est aussi un satellite pour une grande finale dotée d'un package de 4000 € pour LE gagnant. Autant dire que ce n'est pas encore dans la poche. Mais bon, j'étais assez fier d'avoir réussi à accrocher les 10 premières places parmi les 2636 participants !

Enfin, j'ai déjà dépensé 2.05 € en achat de tickets de tournois (principalement des MTT) entre 0.10 et 0.30 €. 14 participations, 3 fois dans la monnaie et 3.71 € de prize-pool, grâce notamment à une victoire (la voici la première en fait) dans un tournoi à 0.10 € réunissant 146 joueurs et deux autres ITM (4e/64 et 7e/175).

Me voici donc à la tête de 5.31 € durement gagnés. Ce qui fait 53 tournois à 0.10 €, ou 21 SnG à 0.25 €. J'attends donc d'avoir un peu plus du double pour avoir un peu plus de marge avant de monter de limite. C'est probablement un peu trop sage et conservateur, mais je ne suis pas pressé. Je vise donc d'avoir entre 30 et 50 caves pour monter de limite en Cash Game (soit entre 60 et 100 € pour débuter à la première limite de 0.01-0.02 !), entre 50 et 100 buy-in pour le sit and go (soit 12.50 € nécessaire pour commencer à jouer aux 0.25 €) et enfin entre 100 et 200 buy-in pour les MTT (il faudrait donc normalement 10 € pour les tournois à 0.10 €, et attendre d'atteindre 25 € pour s'attaquer aux tournois à 0.25 €)

Mise à jour du 5 juin : 6.16 €... Notamment grâce aux S&G Freeroll de Winamax qui m'ont fait gagner 0.31 € en quelques jours et à un autre bon résultat sur un tournoi à 0.10 € (4e/144 : 1.03 €  qui fait plus que rembourser tous les autres buy-in moins heureux)

Enfin, coté play-money, j'en suis à 16000 jetons. On n'est pas au million nécessaire pour me rassurer sur le fait de déposer du vrai argent, ça grimpe et ça me permet de tester le cash game en multi-table par exemple, qui s'avère rentable pour le moment... Là encore, on attend encore un peu avant de monter de limite.

A suivre...