Enfant, j'ai été confronté à quatre grands mensonges institutionnalisés. Ce sont des mensonges sympas, faits pour nous rendre la vie plus belle, et je ne les regrette pas du tout... D'ailleurs j'en perpétue la majorité auprès de mes enfants, car ce sont ces belles histoires qui, avec la naïveté enfantine, donne toute sa magie à la vie...
Je veux parler ici des cloches de Pâques, du Père Noël, de la petite souris et de Dieu. Bon, j'entends d'ici les cris d'orfraie des croyants scandalisés que je compare Dieu au Père Noël ou à un rongeur collectionneur de canines. Sans rentrer dans le détail de mes convictions athées, je vous assure que de mon point de vue, la jolie histoire de Dieu créant le monde, dictant de manière plus ou moins obscure comment y vivre pour se retrouver au final tous dans le paradis éternel après la mort ressemble tout de même pas mal à une fable permettant de répondre de manière simpliste aux grandes questions : D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Avec un zeste de machiavélisme humain permettant une légère manipulation des masses en passant... D'où les rapprochements que je fais avec le fameux : "Attention, le Père Noël te regarde, il n'apporte des cadeaux qu'aux enfants sages..." qui permet aux parents d'acheter la tranquillité à peu près tout le mois de Décembre...
Bref, dans ma famille, ces traditions étaient très importantes. Et mes parents firent tout pour maintenir la magie le plus longtemps possible. Ils y parvinrent avec plus ou moins de succès selon la crédibilité de l'histoire.
Pâques et ses cloches
Je me souviens avoir remis en cause tout d'abord l'histoire des cloches de Pâques, dès l'âge de 5-6 ans je pense. Des cloches qui volent, ramenant du chocolat de Rome pour le déposer pile dans le jardin... Cela suscitait beaucoup trop de questions et d'incohérences... D'abord, on ne les voyait jamais passer. Ensuite, des cloches, ça n'a pas d'ailes, et c'est super lourd. Et enfin, les trois arguments qui m'ont fait penser que tout ceci était parfaitement fantaisiste : où une cloche pouvait-elle ranger tous ces œufs et autres chocolats pour le vol du retour ? Par quel miracle récupèraient-elles à Rome exactement les mêmes œufs que ceux qu'on pouvait trouver dans notre supermarché ? Et surtout, à midi, on les entendait rentrer, elles sonnaient à toute volée mais en fait, j'avais bien repéré qu'elles n'étaient pas parties du tout : elles avaient sonné onze fois à peine une heure auparavant et même un petit coup discret une demi-heure avant leur retour... En plus, parfois, à midi, elles n'étaient pas passées mais le chocolat apparaissait seulement quelques heures plus tard. Et quand il pleuvait elles passaient dans le garage ?? Non, mais sérieusement...
Mes enfants de 5 et 7 ans commencent à en douter largement. Heureusement, je leur ai fait croire une fois que je les avais vu passer au-dessus du quartier et ma fille a affirmé les voir s'éloigner aussi... Pouvoir de la persuasion. Et en se rendant sur place, ô miracle, il y avait des œufs dans le petit square au-dessus duquel nous les avions vues !
Et cette année, pour couper court aux doutes alimentés par les copains de l'école qui disent que ce sont les parents, j'ai mis en fond sonore les cloches de Notre-Dame une trentaine de secondes à fond dans le salon (merci Youtube), le temps pour eux de descendre de leur chambre juste avant que la cloche ne s'enfuit... Elle était entrée dans le salon ! Incroyable. Et dans la panique, elle a semé des œufs un peu partout dans le jardin et la maison. Sacrées cloches...
Dieu, le petit Jésus, l'esprit sain, la Vierge Marie et tutti quanti
La deuxième fable dont j'ai éventé l'imposture est celle de la religion. Durant mon CP, j'ai fait une petite année de catéchisme, que je n'ai sans doute pas terminée. Ma mère se souvient distinctement la conversation qu'elle avait eu avec l'animatrice, passablement agacée par mes questions durant les cours et mon scepticisme qu'elle craignait contagieux : non, je ne voulais pas admettre que Marie ait eu un enfant sans rapport sexuel. Déjà à cet âge, c'était aberrant par rapport à l'histoire de la conception que mes parents m'avaient expliquée à grand renfort de "petites graines" qui se rencontrent dans le ventre de la maman et qui me semblait bien plus crédible. Non, Jésus n'avait surement pas pu marcher sur l'eau. Ce n'est pas possible, toutes les expériences dans mon bain le prouvaient sans conteste. Bref, fi du bon Dieu, du petit Jésus et de ses miracles...
Petit papa Noël
Dans l'ordre croissant de crédibilité, vient ensuite à mon avis le Père Noël. D'ailleurs il ressemble pas mal aux représentations traditionnelles de Dieu. Et ils partagent plein d'autres caractéristiques : l'omniscience, l'invisibilité, le culte de la personnalité, la récompense des bonnes actions...
Devant mon manque de foi en l'homme rouge et mes questions pressantes, mes parents m'ont assez vite révélé le secret que je pressentais mais m'ont surtout encouragé à le laisser vivre pour que la "féérie magique de Noyel" continue de s'appliquer pour mon petit frère. Et là, on y est allé fort, très fort... Pour contrecarrer l'effet révélateur qu'avaient certaines discussions de récré, j'ai employé sans le savoir les techniques utilisées par les sectes : user et abuser de la confiance que mon petit frère avait en moi pour le persuader que c'était une cabale, destinée à lui faire perdre la foi et donc le bénéfice du Père Noël... Malgré tout, vers 8-9 ans, alors qu'il était franchement sceptique, mes parents devaient employer des trésors d'imagination pour laisser vivre le mythe.
Une année, toute la famille partait quelques jours en vacances avant Noël, pour rentrer après. C'était entendu : si le Père Noël existe, il aurait tout loisir de déposer les cadeaux durant notre absence, le jour de Noël. Sinon, mes parents seraient avec nous et ne pourraient pas garnir nos chaussons sagement alignés pour l'occasion au pied du sapin. Pour plus de sécurité, mon frère insista pour pénétrer en premier dans la maison à notre retour de vacances. Mes parents finirent par obtempérer. Je sentais la catastrophe arriver... Mais les cadeaux étaient là ! La preuve était incontestable, la foi de mon frère était ranimée pour une année entière sans soucis. Moi-même je restais stupéfait ! Comment diable cela était-il possible : nous étions à deux heures de route de là le 25 décembre... Évidemment, ma mère avait profité de "l'oubli de ses clefs" pour placer les cadeaux avant le départ. L'idée qu'on puisse intervenir sous le sapin le 22 décembre nous paraissait tellement saugrenue que nous ne l'avions même pas envisagée.
Une autre fois, ils sont parvenus à dissimuler aux fouilles investigatrices de mon petit frère une table de ping-pong durant plusieurs semaines... Là encore, en jouant sur les tabous implicites : comment aurait-il oser chercher dans le bureau paternel, toujours verrouillé et complètement sanctuarisé ?
Enfin, une année, nous décidâmes de veiller toute la nuit pour surprendre ma mère "la main dans le sac"... Nous nous installâmes dans sa chambre, plus proche du sapin, plus ou moins dissimulés, avec un Walkman et la cassette de l'intégrale des sketches de Coluche pour être certain de se tenir éveillé. La première année, mon frère s'endormit. J'ai croisé maman en pleine nuit, bien attrapée (et un peu atterrée aussi par notre entêtement...) Je pense que c'est la dernière année où mon petit frère a eu la foi. L'année suivante, elle s'est faite attrapée par toute la fratrie et, une fois notre forfait commis, nous fûmes ravis de filer au lit gratter quelques heures de sommeil avant l'ouverture des paquets...
La petite souris
Enfin, l'histoire la plus crédible (et qui arrive aussi plus tard dans l'enfance), et donc la dernière a avoir subi les conséquences de ma sagacité, est la petite souris.
Il faut dire qu'elle rend sympa un moment qui peut parfois être désagréable...
Voila comment cela se passait chez moi : une fois la dent de lait tombée, nous l'emballions dans du papier et nous glissions le tout sous l'oreiller. Et au matin, la dent avait été remplacée par un pièce de un, deux, parfois cinq francs !
J'imaginais que le rongeur utilisait toutes les dents du village pour construire sa maison, potentiellement sous mon lit d'ailleurs...
Je me souviens parfaitement m'être dit qu'il était impossible que mes parents rentrent dans ma chambre durant mon sommeil, n'ouvre le paquet, en retirent la dent, mettent une pièce à la place et replacent le tout sans que je ne m'en aperçoive... Par contre, une souris, pas de soucis, c'est petit et discret. Bon, évidemment, mes parents préparaient un second paquet qu'ils échangeaient simplement avec le premier, ce qui rendait l'exercice beaucoup plus simple. Et je sous-estimais assez largement la lourdeur de mon sommeil.
C'est à présent à mon tour de jouer à la petite souris. Je suis toujours un peu inquiet que les enfants ne se réveillent, surtout l'aîné qui a le sommeil délicat ces temps-ci. Voici quelques astuces que j'ai utilisées pour rendre l'histoire crédible. Un jour, nous avions enfermé la dent dans un tube de plastique particulièrement difficile à ouvrir. J'ai alors simulé une attaque de rongeur : le tube déchiqueté, la dent envolée et une petite pile de pièces à côté, le tout dans un recoin sombre et discret de la chambre... Mon fils prétendra même avoir vu la souris s'échapper, ce qui expliquait qu'elle n'aie pas eu le temps de tout bien ranger.
Une autre fois, alors que je tentais de procéder discrètement à l'échange en pleine nuit, mon fils se réveille et sursaute de me trouver près de lui. Je l'envoie au toilettes, substitue rapidement les deux paquets sous son oreiller et file le rejoindre dans la salle de bains. Et, pendant qu'il restait à demi-endormi sur le trône, je fais mine d'entendre du bruit dans sa chambre. Il entend également, pense de lui-même à la petite souris et file vérifier : la coquine est passée pendant que nous étions absents, elle était même surement déjà cachée dans la chambre quand nous sommes sortis ! On l'a ratée de peu...
Pièges à Schtroumpfs et autres fables familiales
Mon père est taquin. Il a toujours aimé nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Je me souviens comment cela a commencé pour le cas le plus flagrant. Nous étions en voiture et nous posions à nos parents d'innombrables questions, du genre : pourquoi les nuages tiennent en l'air, et pourquoi les poissons peuvent respirer sous l'eau mais pas hors de l'eau ? Quand, passant devant un pylône de ligne à haute tension, nous lui demandâmes ce que c'était... La réponse fut immédiate et d'une sincérité confondante : "ah, ça, ce sont des pièges à Schtroumpfs. Gargamel les a posé ici pour les capturer, regardez bien si vous en voyez coincés dedans..." L'effet fonctionna au delà de ses espérances : non seulement il gagna un peu de tranquillité durant tout le trajet où nous étions occupés à vérifier si Gargamel avait réussi son coup, mais surtout, mon frère y cru longtemps, très longtemps, durant des années.
Il faut dire qu'il était fan des Schtroumpfs. A chaque fois qu'il ramenait un bon bulletin, ou pour son anniversaire ou une fête, il gagnait un album (moi, c'était Tintin...) Et un jour, il prétendit mordicus avoir vu un Schtroumpf pris au piège (on retrouve un peu ce trait de caractère pour les cloches ou la petite souris chez ses neveux et nièces...)
Ce genre d'exemple est légion et ma créativité ou celle de mon père, couplée à la crédulité confiante de mon petit frère nous ont permis de les multiplier. Un dernier pour la route... Un soir où les parents étaient de sortie et nous avaient laissés seuls à la maison (ça arrivait de temps en temps, c'était la grosse fiesta), nous choisîmes de dîner "comme des riches", et nous installâmes chacun à un bout de la table, comme nous avions surement dû le voir dans un film où un couple d'aristo dînait dans une immense salle sombre éclairée au chandelier... Et là, nous découvrîmes certains problèmes logistiques auxquels nous n'avions pas pensé : comment se passer le sel à une telle distance. Nous nous échangeâmes bien l'emballage rond La baleine en le faisant rouler sur la table, mais nous nous rendîmes vite compte que ce ne serait pas possible pour la carafe d'eau ou le plat de raviolis. C'est alors que j'imaginai qu'il pourrait y avoir un petit tapis roulant sous la table, avec laquelle nous pourrions communiquer et que je l'assénais comme une vérité générale : chez les riches, ils ont un tel système pour échanger d'un côté à l'autre de la table. Certains sont mêmes commandés avec des boutons, c'est du dernier chic. Je crois qu'il y a cru pendant des années...
vendredi 23 octobre 2015
jeudi 24 septembre 2015
Tentative de donation au MOBA
Un de mes objectifs dans la vie est de réaliser une donation (ou une vente, encore mieux) d'un objet à un musée et que celui-ci m'en attribue le crédit. C'est même l'objectif n°7 dans ma liste de choses à faire avant de mourir.
Cette envie remonte au stage d'immersion en entreprise de 3ème durant laquelle j'avais passé une semaine dans le musée d'art et d'archéologie local. Il y avait des petites plaques qui remerciait les donateurs, ou qui disait simplement : "Don de Mme Michu, 14 avril 1922". Presqu'un siècle plus tard, le tableau dont s'était défait la mère Michu était probablement la dernière trace qu'elle avait laissé de son passage sur terre, et c'était quand même la classe, surtout quand la croûte dont elle se débarrassait s'avèrera une génération plus tard être d'un artiste renommé...
J'ai toujours pensé remplir cet objectif grâce à ma collection de monnaies. J'ai de très jolies pièces dont certaines sont connues à très peu d'exemplaires, et qui manquent dans la plupart des plus grandes collections du monde, à commencer par le Cabinet des Monnaies et Médailles en France, le British Museum ou l'American Numismatic Society pour ne citer que les plus fournies. Aucun doute qu'ils seraient ravis d'accueillir ma donation et que mon nom figurerait sur le site Internet à côté d'un scan.
Mais je n'ai pas encore envie de me défaire d'une partie de mes pièces. Et j'ai aussi l'ambition de tenter de les vendre en bloc lorsque ma collection sera la plus belle au monde dans son domaine (oui, rien que ça).
Alors, en attendant, je cherche des alternatives pour remplir cet objectif et, en fouillant un peu sur Internet, j'ai trouvé un musée pour le moins original qui acceptait des contributions à ma portée. Il se trouve à Boston et se nomme Museum of Bad Art. Comme son nom l'indique, le MOBA s'est fait une spécialité de rassembler les croûtes les plus infâmes, principalement comme un témoignage de la branlette intellectuelle dans laquelle se complaît une partie du microcosme des "artistes modernes". Ils ne le tournent pas ainsi mais c'est l'idée.
Et, comme ça tombe bien, lors de nos déménagements successifs, mon épouse s'était résignée à se débarrasser d'une petite création qu'elle avait réalisé (avec talent je trouve) quand elle avait une dizaine d'années. J'ai d'abord tenter de le vendre au prix fort avec un petit baratin, mais comme on peut s'en douter, ça n'a pas fonctionné (*: voire mise à jour à la fin de cet article). Alors je me suis dit que plutôt que de la jeter, j'allais essayer de faire d'une pierre deux coups : réaliser un objectif et faire entrer ma moitié dans la postérité. Je ne pense pas qu'elle sera vexée par le fait que son sens artistique d'enfant soit considéré comme immature et soit moqué par le thème même du musée... Enfin j'espère. De toute façon j'ai le droit : la sculpture est à moi maintenant, elle est passée par la case poubelle et était donc légalement res nullis avant que je ne me l'approprie et qu'elle ne devienne donc ma res propria... Vérifiez vos cours de droit si vous en doutez encore.
Voici donc le mail que j'ai envoyé aujourd'hui à l'adresse indiquée sur le site Internet du MOBA pour les généreuses contributions. C'est en anglais mais au cas où, Google (Traductions) est votre ami.
Dear MOBA curator,
Please find enclosed the picture of a sculpture I would be delighted to offer to the Museum if you think it can find its place in your collection.
This masterpiece come from France and the 'artist' explained its working in those words. Below is a tentative translation in case the French version is not clear. This work is pompously named "Angoisse de la page blanche (1992)" - Anxiety of the white page (1992)
Anne DURAND is a French artist born in the second half of the twentieth century. In an interview conducted in her studio in 2008, the artist declared she was inspired from Dali's surrealism and Hergé's 'clear line' movement. Those inspirations can be detected in the tortured-aspect furniture and romm walls and in the extremely-bare scenery, which transcribes the solitude of the artists facing themselves...
The sculpture is 22 centimers large, 12 centimeters wide and 10 centimeters high and is close to one kilo heavy and is probably in glazed clay.
If you think this wonderful sculpture can join your collection, I will be happy to accomodate for the transportation.
Best regards,
Je mettrai à jour le billet si j'ai une réponse. En attendant, une petite photo. Pas si mal pour une gamine, non ? Et oui, je suis amoureux de ma femme, je la trouve super même quand elle sculpte de la terre de ses petits doigts malhabiles...
(*) : voici donc près de 18 mois plus tard la mise à jour tant attendue. Pas de réponse de la part du MOBA mais, contre toute attente, la sculpture qui végétait sur eBay depuis des années a finalement trouvé preneur ! Après avoir descendu le prix à 10 euros, je me suis dit qu'il fallait pour plus de crédibilité le fixer un peu plus haut, et c'est donc pour la modique somme de 50 euros qu'un acheteur éclairé s'est procuré la toute première œuvre d'une artiste en devenir... Épatant, non ?
Cette envie remonte au stage d'immersion en entreprise de 3ème durant laquelle j'avais passé une semaine dans le musée d'art et d'archéologie local. Il y avait des petites plaques qui remerciait les donateurs, ou qui disait simplement : "Don de Mme Michu, 14 avril 1922". Presqu'un siècle plus tard, le tableau dont s'était défait la mère Michu était probablement la dernière trace qu'elle avait laissé de son passage sur terre, et c'était quand même la classe, surtout quand la croûte dont elle se débarrassait s'avèrera une génération plus tard être d'un artiste renommé...
J'ai toujours pensé remplir cet objectif grâce à ma collection de monnaies. J'ai de très jolies pièces dont certaines sont connues à très peu d'exemplaires, et qui manquent dans la plupart des plus grandes collections du monde, à commencer par le Cabinet des Monnaies et Médailles en France, le British Museum ou l'American Numismatic Society pour ne citer que les plus fournies. Aucun doute qu'ils seraient ravis d'accueillir ma donation et que mon nom figurerait sur le site Internet à côté d'un scan.
Mais je n'ai pas encore envie de me défaire d'une partie de mes pièces. Et j'ai aussi l'ambition de tenter de les vendre en bloc lorsque ma collection sera la plus belle au monde dans son domaine (oui, rien que ça).
Alors, en attendant, je cherche des alternatives pour remplir cet objectif et, en fouillant un peu sur Internet, j'ai trouvé un musée pour le moins original qui acceptait des contributions à ma portée. Il se trouve à Boston et se nomme Museum of Bad Art. Comme son nom l'indique, le MOBA s'est fait une spécialité de rassembler les croûtes les plus infâmes, principalement comme un témoignage de la branlette intellectuelle dans laquelle se complaît une partie du microcosme des "artistes modernes". Ils ne le tournent pas ainsi mais c'est l'idée.
Et, comme ça tombe bien, lors de nos déménagements successifs, mon épouse s'était résignée à se débarrasser d'une petite création qu'elle avait réalisé (avec talent je trouve) quand elle avait une dizaine d'années. J'ai d'abord tenter de le vendre au prix fort avec un petit baratin, mais comme on peut s'en douter, ça n'a pas fonctionné (*: voire mise à jour à la fin de cet article). Alors je me suis dit que plutôt que de la jeter, j'allais essayer de faire d'une pierre deux coups : réaliser un objectif et faire entrer ma moitié dans la postérité. Je ne pense pas qu'elle sera vexée par le fait que son sens artistique d'enfant soit considéré comme immature et soit moqué par le thème même du musée... Enfin j'espère. De toute façon j'ai le droit : la sculpture est à moi maintenant, elle est passée par la case poubelle et était donc légalement res nullis avant que je ne me l'approprie et qu'elle ne devienne donc ma res propria... Vérifiez vos cours de droit si vous en doutez encore.
Voici donc le mail que j'ai envoyé aujourd'hui à l'adresse indiquée sur le site Internet du MOBA pour les généreuses contributions. C'est en anglais mais au cas où, Google (Traductions) est votre ami.
Dear MOBA curator,
Please find enclosed the picture of a sculpture I would be delighted to offer to the Museum if you think it can find its place in your collection.
This masterpiece come from France and the 'artist' explained its working in those words. Below is a tentative translation in case the French version is not clear. This work is pompously named "Angoisse de la page blanche (1992)" - Anxiety of the white page (1992)
Anne DURAND est une artiste née dans la seconde moitié du XXème siècle,
lors d'une interview menée dans son atelier en 2008, l'artiste déclara
s'inspirer du surréalisme de Dali et de la ligne claire pronée par
Hergé, inspirations que l'on décèle dans l'aspect torturé du mobilier et
des murs de la pièce ainsi que dans le dépouillement extrême du décor, qui retranscrit la solitude de l'artiste face à lui-même...
Anne DURAND is a French artist born in the second half of the twentieth century. In an interview conducted in her studio in 2008, the artist declared she was inspired from Dali's surrealism and Hergé's 'clear line' movement. Those inspirations can be detected in the tortured-aspect furniture and romm walls and in the extremely-bare scenery, which transcribes the solitude of the artists facing themselves...
The sculpture is 22 centimers large, 12 centimeters wide and 10 centimeters high and is close to one kilo heavy and is probably in glazed clay.
If you think this wonderful sculpture can join your collection, I will be happy to accomodate for the transportation.
Best regards,
Je mettrai à jour le billet si j'ai une réponse. En attendant, une petite photo. Pas si mal pour une gamine, non ? Et oui, je suis amoureux de ma femme, je la trouve super même quand elle sculpte de la terre de ses petits doigts malhabiles...
(*) : voici donc près de 18 mois plus tard la mise à jour tant attendue. Pas de réponse de la part du MOBA mais, contre toute attente, la sculpture qui végétait sur eBay depuis des années a finalement trouvé preneur ! Après avoir descendu le prix à 10 euros, je me suis dit qu'il fallait pour plus de crédibilité le fixer un peu plus haut, et c'est donc pour la modique somme de 50 euros qu'un acheteur éclairé s'est procuré la toute première œuvre d'une artiste en devenir... Épatant, non ?
mercredi 19 août 2015
Fous-y don' perdre et quelques autres expressions de chez nous
Mon article sur la visite de la grotte des Moidons, réalisée par une guide 100% pur jus d'épicéa Made in Jura comme on dit, m'a donné envie de recenser quelques expressions de patois jurassien, qui fait partie de la famille non pas des langues d'oc, non pas des langues d'oïl, mais de l'arpitan, qu'on appelait il y a peu encore, le franco-provençal pour souligner son caractère hybride entre les deux grandes familles.
Commençons par l'expression éponyme de cet article :
Foutre perdre = jeter, et à la place de dire fous-le perdre ou fous-la perdre, le jurassien aime bien utiliser le pronom passe-partout "y"... Vois-y j'te dis ! Et pour accentuer, un petit donc prononcé avec la couleur locale sera ajouter à la fin... Fous-y don' perdre, j'te dis vendiou !
Quelques arbres vus dans l'article précédent. La pesse et le foyard, habitants du Haut-Jura... Y'a aussi la verne mais je ne suis pas sûr de son nom en français, l'aulne d'après mon ami Google. Tout juste bon à foutre au feu...
Y va faire du temps = une des phrases fétiches du grand-père annonçant pour sûr des orages...
Sourayou = adjectif qualifiant un endroit sinistre, où on ne se sent pas bien. Haha, y'a pas de mot en français pour dire ça, hein ?
Capouiller = rendre trouble (l'eau)... Oh, ces gosses ont encore capouillé toute l'eau de la fontaine avec leur ballon !
Frouiller = Tricher, gruger... Ces deux-là frouillent aux cartes et s'entendent comme deux larrons en foire...
Tomber comme une chougne = il suffit de savoir que la chougne est le mot arpitan pour la bouse de vache, et l'image est frappante (ou éclaboussante au choix). Là encore, mon épouse parisienne m'a avoué avoir surpris une conversation récemment où un enfant tentait d'exprimer cette idée sans succès et a fini par se rabattre sur "il est tombé comme un caca", faute de mieux... Le jurassien démontre une fois de plus son indispensable apport à toute conversation un tantinet relevée.
Et quelques mots en vrac qui semble-t-il ne sont pas français !!
Une rapponse ou un plottet... Tout le monde connaît ça pourtant, non ?
En revanche, une autre expression, employée dans la famille, ne semble pas venir de l'arpitan. Nous utilisons en effet le verbe pinocher. Principalement dans l'expression : Pinoche pas dans le plat.
Pinocher = se servir une bouchée ou deux dans le plat sans faire transiter la nourriture par l'assiette.
Mon ami Google m'apprend que cela vient de l'ancien français et qu'on utilise d'ailleurs plus souvent la forme pignocher. La définition globalement reconnue étant : Manger sans appétit et en ne prenant que de très petits morceaux. L'idée générale est conservée mais chez nous, c'est plus signe de gourmandise que de manque d'appétit...
Enfin, une tournure qui hérisse le poil de mon épouse : "Il va pas faire quoi ? Tu vas pas aller où ?" Pour ceux qui ne comprennent pas, cela signifie : "Mais que peut-il bien faire ?" Sous-entendu : rien. Ou encore "Mais où pourrais-tu bien aller mon pauvre ?" Tournure testée à Paris sans succès, pourtant je peux vous assurer que la question est parfaitement compréhensible partout dans le Jura...
Mise à jour d'avril 2016 : si vous aussi vous souhaitez partager des expressions de votre région, recherchez et remplissez le formulaire de crowdsourcing mis en ligne par l'Université de Strasbourg...
Commençons par l'expression éponyme de cet article :
Foutre perdre = jeter, et à la place de dire fous-le perdre ou fous-la perdre, le jurassien aime bien utiliser le pronom passe-partout "y"... Vois-y j'te dis ! Et pour accentuer, un petit donc prononcé avec la couleur locale sera ajouter à la fin... Fous-y don' perdre, j'te dis vendiou !
Quelques arbres vus dans l'article précédent. La pesse et le foyard, habitants du Haut-Jura... Y'a aussi la verne mais je ne suis pas sûr de son nom en français, l'aulne d'après mon ami Google. Tout juste bon à foutre au feu...
Y va faire du temps = une des phrases fétiches du grand-père annonçant pour sûr des orages...
Sourayou = adjectif qualifiant un endroit sinistre, où on ne se sent pas bien. Haha, y'a pas de mot en français pour dire ça, hein ?
Capouiller = rendre trouble (l'eau)... Oh, ces gosses ont encore capouillé toute l'eau de la fontaine avec leur ballon !
Frouiller = Tricher, gruger... Ces deux-là frouillent aux cartes et s'entendent comme deux larrons en foire...
Tomber comme une chougne = il suffit de savoir que la chougne est le mot arpitan pour la bouse de vache, et l'image est frappante (ou éclaboussante au choix). Là encore, mon épouse parisienne m'a avoué avoir surpris une conversation récemment où un enfant tentait d'exprimer cette idée sans succès et a fini par se rabattre sur "il est tombé comme un caca", faute de mieux... Le jurassien démontre une fois de plus son indispensable apport à toute conversation un tantinet relevée.
Et quelques mots en vrac qui semble-t-il ne sont pas français !!
Une rapponse ou un plottet... Tout le monde connaît ça pourtant, non ?
En revanche, une autre expression, employée dans la famille, ne semble pas venir de l'arpitan. Nous utilisons en effet le verbe pinocher. Principalement dans l'expression : Pinoche pas dans le plat.
Pinocher = se servir une bouchée ou deux dans le plat sans faire transiter la nourriture par l'assiette.
Mon ami Google m'apprend que cela vient de l'ancien français et qu'on utilise d'ailleurs plus souvent la forme pignocher. La définition globalement reconnue étant : Manger sans appétit et en ne prenant que de très petits morceaux. L'idée générale est conservée mais chez nous, c'est plus signe de gourmandise que de manque d'appétit...
Enfin, une tournure qui hérisse le poil de mon épouse : "Il va pas faire quoi ? Tu vas pas aller où ?" Pour ceux qui ne comprennent pas, cela signifie : "Mais que peut-il bien faire ?" Sous-entendu : rien. Ou encore "Mais où pourrais-tu bien aller mon pauvre ?" Tournure testée à Paris sans succès, pourtant je peux vous assurer que la question est parfaitement compréhensible partout dans le Jura...
Mise à jour d'avril 2016 : si vous aussi vous souhaitez partager des expressions de votre région, recherchez et remplissez le formulaire de crowdsourcing mis en ligne par l'Université de Strasbourg...
mardi 18 août 2015
Les Grottes des Moidons (39)
Les grottes des Moidons, situées en pleine forêt domaniale du même nom sur la commune de Molain, est la plus grande du Jura.
Pourtant, sa découverte est très tardive : 1966, et les inventeurs ont trouvé sa seule entrée en creusant là où s'échappait un courant d'air froid en été.
Les stalactites et stalagmites y sont très impressionnantes et pourtant elles ne grandissent par concrétion que d'un centimètre par siècle...
Le même phénomène de dépose du calcaire explique la présence de quelques flaques (l'eau s'infiltrant globalement dans le sol perméable), les "gourds"
Autour, un petit parcours forestier nous rappelle comment différentier ormes et hêtres (les "fayards"/"foyards" pour le grand-père) ainsi que les sapins des épicéas (les "pesses" puisque nous en sommes à explorer la variante jurassienne de l'arpitan)... Une astuce parmi d'autres : les épines du sapin sont plates, d'un vert plus tendre en dessous, peu piquantes et disposées en peigne alors que les épines des pesses sont rondes, de couleur uniforme, piquantes et disposées en brosse autour de la branche.
Pourtant, sa découverte est très tardive : 1966, et les inventeurs ont trouvé sa seule entrée en creusant là où s'échappait un courant d'air froid en été.
Les stalactites et stalagmites y sont très impressionnantes et pourtant elles ne grandissent par concrétion que d'un centimètre par siècle...
Le même phénomène de dépose du calcaire explique la présence de quelques flaques (l'eau s'infiltrant globalement dans le sol perméable), les "gourds"
Autour, un petit parcours forestier nous rappelle comment différentier ormes et hêtres (les "fayards"/"foyards" pour le grand-père) ainsi que les sapins des épicéas (les "pesses" puisque nous en sommes à explorer la variante jurassienne de l'arpitan)... Une astuce parmi d'autres : les épines du sapin sont plates, d'un vert plus tendre en dessous, peu piquantes et disposées en peigne alors que les épines des pesses sont rondes, de couleur uniforme, piquantes et disposées en brosse autour de la branche.
mercredi 29 juillet 2015
Ma vision des réunions : le nouveau système d'évaluation au boulot
Meeting particulièrement inintéressant organisé par les RH (anglo-saxons) du siège européen concernant le nouveau système d'évaluation...
Une heure et demi de perdue (ou presque...) Comme souvent, je m'amuse à noter des choses intéressantes et cette fois-ci, j'ai retenu cinq points qui ont provoqué la jubilation de mes collègues quand je leur en ai fait part à la fin du calvaire :
- En anglais, une gaussienne, ou courbe de Gauss se dit Bell curve. Pas du nom d'un mathématicien concurrent... Non, juste la forme de la cloche. Classe.
- Une de nos collègues a baragouiné une question. Incompréhensible. Réaction de la RH : "Sorry ?" La collègue répète. Personne n'entrave que dalle. Poker face de la RH, "Could you please give me an example ?" Magnifique... Presque digne du "c'est pas faux" de Karadoc
- Ensuite, le RH nous explique "The important is to focus on people who can influence your appraisal"... Regards incrédules.
- Le bougre insiste et nous explique comment il fayote avec ses direct reports juste avant les entretiens : "I make sure I can invite them to a coffee and make clear what have been my achievements for the last 6 months". Bah au moins c'est clair...
- Enfin, il n'y avait pas de chaise pour tout le monde, j'ai donc tenté de jouer aux poteaux de Koh-Lanta sur une demi-dalle de moquette. Et bien même sans vague et sans vent et dans un environnement plutôt confortable, au bout d'une heure, ça commence déjà à tirailler sévère...
Réchauffement climatique et hausse du niveau de la mer
Lu au détour d'un article de Sciences & Avenir d'il y a quelques mois, quelques points surprenants, contre-intuitifs mais néanmoins parfaitement logiques sur la relation entre réchauffement climatique et hausse du niveau de la mer.
Demandez à n'importe ce qui expliquerait la hausse du niveau des mers en cas de réchauffement climatique, et peu sont les esprits éclairés qui ne vous répondront pas : à cause de la fonte de la banquise. Je me serais laissé prendre. Et pourtant, comme le note le magazine :
Demandez à n'importe ce qui expliquerait la hausse du niveau des mers en cas de réchauffement climatique, et peu sont les esprits éclairés qui ne vous répondront pas : à cause de la fonte de la banquise. Je me serais laissé prendre. Et pourtant, comme le note le magazine :
- La fonte de la banquise ne jouera aucun rôle dans la montée des océans : qu'elles soient sous forme liquide ou solide, ces eaux sont déjà dans la mer... On peut en effet penser que la proportion de matière émergée correspond à la différence de volume entre eau liquide et glace et que donc la fonte de ce volume "supplémentaire" ne se traduit que par une diminution du volume du glaçon qui réintègre exactement l'espace laissé vide par la partie immergée dudit iceberg.
- L'élévation du niveau des océans sera due à 50 % à la fonte des glaciers d'eau douce. Logique, leur eau est actuellement sur le continent et réintégrera les mers en cas de fonte...
- Les 50 % restants auraient une origine plus surprenante puisqu'ils seraient dus à la dilatation thermique des eaux maritimes qui gonfleront sous l'effet de l'augmentation de leur température globale... 50 %, c'est pas rien !
vendredi 24 juillet 2015
Témoigner en tant qu'expert au tribunal
Ce petit article est plus un pense-bête qu'autre chose, concernant les différentes catégories pour lesquelles il serait envisageable de réaliser un des objectifs d'une vie bien remplie : devenir expert au tribunal.
Dans la famille, nous pourrions je pense concourir pour une des catégories suivantes :
A07 Élevage - apiculture
A11 Pêche, chasse, faune sauvage
B03-13 Numismatique et médailles
D03-02 Marchés financiers et produits dérivés
D03-03 Opération de banque et crédit
D03-04 Opérations d'assurance et gestion des risques
D03-05 Opérations financières internationales
Je crains que les deux premières ne se matérialisent pas, étant donné qu'après en avoir discuté avec papa, il ne semble pas du tout intéressé...
Quant à moi, j'ai raté la deadline cette année, mais je pense que si ça me tient vraiment à coeur, je le ferais l'année prochaine, au moins pour une ou deux catégories dans lesquelles je suis sûr d'être compétent... Ce serait tout de même trop cool d'être appelé à la barre d'un tribunal en tant qu'expert pour aider à la compréhension d'une affaire, non ?
Et comme il s'agit vraiment d'un pense-bête, des infos pertinentes et pratiques glannées sur la toile :
Il n'est pas possible d'être inscrit simultanément auprès de plusieurs Cours d'appel.
Pour présenter sa candidature, il faut demander un dossier d'inscription au Procureur de la République dans le ressort duquel se situe sa résidence ou son activité professionnelle. En pratique, il faut s'adresser au Parquet, service des experts.
La procédure d'inscription est soigneusement définie par les textes, et en particulier aux articles 6 et suivants du décret du 31 décembre 1974.
Le dossier doit être remis au plus tard le 1er mars pour les inscriptions à valoir l'année suivante. Compte tenu des diverses pièces qui doivent accompagner ce dossier, il est conseillé de s'en préoccuper suffisamment tôt.
Par ailleurs, certaines Cours d'appel demandent:
Enfin certaines juridictions font parfois passer un entretien individuel.
La Cour d'appel se prononce au vu de l'avis des assemblées générales du Tribunal de grande instance, du ou des Tribunaux de commerce, du ou des Conseil de prud'homme du ressort.
Parfois, les magistrats sollicitent l'avis de la compagnie d'expert (pluridisciplinaire) près la Cour d'appel ou celui d'une compagnie nationale (monodisciplinaire). La Cour n'est cependant nullement contrainte de suivre cet avis, d'ailleurs non prévu par les textes. Mais la pratique montre que cet avis était écouté avec soin par les magistrats.
La notification du résultat est faite au candidat en fin d'année. Elle n'est pas motivée.
Enfin le nombre d'experts retenus tient à des facteurs indépendant des candidats, comme l'évolution du nombre d'expertises, le nombre d'experts dans une discipline, les orientations générales de la Chancellerie ou encore à d'autres facteurs relatifs à l'institution judiciaire.
Un conseil : après un refus, ne pas hésiter à représenter sa candidature l'année suivante, surtout si l'on peut faire valoir des éléments nouveaux.
La procédure d’inscription sur les tableaux des experts près les tribunaux administratifs et les Cours Administratives d’Appel, se réfère aux textes suivants du code de justice administrative :
Art R.122-25-1: « Il peut être établi, chaque année, pour l’information des juges, un tableau national des experts près le Conseil d’État dressé par président de la section du contentieux, après consultation des présidents de cour administrative d’appel »
Art R.222-5: « Chaque année, le président procède, s’il y a lieu, à l’établissement du tableau des experts près la juridiction qu’il préside »
Ainsi le code de justice administrative donne la possibilité au président de la section du contentieux du Conseil d’État, de même qu’à chaque président de tribunal administratif ou de cour administrative d’appel, la possibilité de dresser un tableau annuel des experts auprès de sa juridiction.
Pour prendre le cas de l’Ile de France, les candidatures sont à adresser à l’un des deux Présidents de Cour Administrative d’Appel (Paris ou Versailles). Après instruction, les dossiers de candidatures sont examinés par une Commission semestrielle co-présidée par les deux Présidents de Cour qui prennent la décision de retenir ou non le candidat. Ils adressent ensuite un courrier à chaque candidat pour l’informer de leur décision.
À ce jour, les Présidents des Cours Administratives d’Appel de Paris et de Versailles ont décidé depuis l’année 2004 de disposer d’une liste commune d’experts.
Source : www.cnejita.org
Dans la famille, nous pourrions je pense concourir pour une des catégories suivantes :
A07 Élevage - apiculture
A11 Pêche, chasse, faune sauvage
B03-13 Numismatique et médailles
D03-02 Marchés financiers et produits dérivés
D03-03 Opération de banque et crédit
D03-04 Opérations d'assurance et gestion des risques
D03-05 Opérations financières internationales
Je crains que les deux premières ne se matérialisent pas, étant donné qu'après en avoir discuté avec papa, il ne semble pas du tout intéressé...
Quant à moi, j'ai raté la deadline cette année, mais je pense que si ça me tient vraiment à coeur, je le ferais l'année prochaine, au moins pour une ou deux catégories dans lesquelles je suis sûr d'être compétent... Ce serait tout de même trop cool d'être appelé à la barre d'un tribunal en tant qu'expert pour aider à la compréhension d'une affaire, non ?
Et comme il s'agit vraiment d'un pense-bête, des infos pertinentes et pratiques glannées sur la toile :
I - PROCEDURE D'INSCRIPTION SUR LES LISTES D'EXPERTS DES COURS D’APPEL
Pour porter le titre d'expert de justice il faut être inscrit sur une liste dressée par la Cour d'appel du lieu où l'on peut exercer ses missions.Il n'est pas possible d'être inscrit simultanément auprès de plusieurs Cours d'appel.
Pour présenter sa candidature, il faut demander un dossier d'inscription au Procureur de la République dans le ressort duquel se situe sa résidence ou son activité professionnelle. En pratique, il faut s'adresser au Parquet, service des experts.
La procédure d'inscription est soigneusement définie par les textes, et en particulier aux articles 6 et suivants du décret du 31 décembre 1974.
Le dossier doit être remis au plus tard le 1er mars pour les inscriptions à valoir l'année suivante. Compte tenu des diverses pièces qui doivent accompagner ce dossier, il est conseillé de s'en préoccuper suffisamment tôt.
Pièces généralement demandées
Les pièces à fournir varient suivant les Cours d'appel. Les documents suivants peuvent être demandés :- Demande d'inscription (imprimé remis par le Parquet). Cette demande reprend en général les différentes rubriques mentionnées dans le décret précité, à savoir :
1 - Indication de la ou des spécialités dans lesquelles l'inscription est demandée,
2 - Indication des titres ou diplômes du demandeur, de ses travaux scientifiques, techniques et professionnels, des différentes fonctions qu'il a remplies et de la nature de toutes les activités professionnelles qu'il exerce avec, le cas échéant, l'indication du nom et de l'adresse de ses employeurs,
3 - Justification de la qualification du demandeur dans sa spécialité,
4 - Le cas échéant, indication de moyens et des installations dont le candidat peut disposer.
- Extrait d'acte de naissance ou fiche familiale d'état-civil
- Photographie(s) d'identité
- Copie des titres et diplômes (avec, parfois, demande de certification conforme)
- Etat signalétique des services militaires
Par ailleurs, certaines Cours d'appel demandent:
- un Imprimé de demande de Bulletin numéro un du casier judiciaire (Imprimé fourni par le Parquet. La demande sera effectuée directement par ses soins),
- un Curriculum vitæ et toutes justifications de qualification, parfois de notoriété, dans la spécialité demandée,
- la liste des expertises déjà effectuées,
- un engagement sur l'honneur. Cet engagement est celui de ne pas faire l'objet de l'un des cas empêchant l'inscription.
Enfin certaines juridictions font parfois passer un entretien individuel.
Cas rendant impossible l'inscription
- condamnation pénale pour agissements contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes moeurs,
- sanctions disciplinaires ou administratives, destitution, radiation, révocation, retrait d'agrément,
- faillite personnelle ou sanction prévue au titre IV de la loi du 25 janvier 1985,
- exercice d'une activité incompatible avec l'indépendance nécessaire à l'exercice des missions,
- inscription sur une la liste d'une autre Cour d'appel.
Cheminement du dossier
Le dossier de candidature va ensuite suivre un assez long cheminement, passant par trois étapes : une instruction qui s'étend de mars à mai, un examen par les juridictions du premier degré qui court de juin à octobre, et enfin la décision de la Cour d'appel, qui est prise vers la mi-novembre.La Cour d'appel se prononce au vu de l'avis des assemblées générales du Tribunal de grande instance, du ou des Tribunaux de commerce, du ou des Conseil de prud'homme du ressort.
Parfois, les magistrats sollicitent l'avis de la compagnie d'expert (pluridisciplinaire) près la Cour d'appel ou celui d'une compagnie nationale (monodisciplinaire). La Cour n'est cependant nullement contrainte de suivre cet avis, d'ailleurs non prévu par les textes. Mais la pratique montre que cet avis était écouté avec soin par les magistrats.
La notification du résultat est faite au candidat en fin d'année. Elle n'est pas motivée.
Quels sont les critères de choix des magistrats ?
En l'absence de motivation des décisions, il est bien difficile de répondre. Au vu des pièces demandées, on peut toutefois estimer que les magistrats examinent la compétence, l'expérience, la notoriété, la disponibilité, l'indépendance et les moyens de remplir les missions que présentent les candidats. Notons cependant que l'inscription n'est pas un diplôme supplémentaire, mais une charge, parfois lourde, voire dangereuse dans certaines expertises en matière criminelle. Les candidats ne doivent pas être déçus de ne pas être inscrits dès leur première demande.Enfin le nombre d'experts retenus tient à des facteurs indépendant des candidats, comme l'évolution du nombre d'expertises, le nombre d'experts dans une discipline, les orientations générales de la Chancellerie ou encore à d'autres facteurs relatifs à l'institution judiciaire.
Un conseil : après un refus, ne pas hésiter à représenter sa candidature l'année suivante, surtout si l'on peut faire valoir des éléments nouveaux.
L'honorariat
L'admission sur la liste des experts honoraires n'est pas automatique. Les conditions fixées par l'article 33 du décret du 23 décembre 2004 sont les suivantes :- avoir 65 ans;
- avoir figuré pendant quinze ans sur une liste de cour d'appel ou pendant dix ans sur la liste nationale.
II - PROCÉDURE D'INSCRIPTION SUR LES TABLEAUX DES EXPERTS PRÉS LES TRIBUNAUX ADMINISTRATIFS ET LES COURS ADMINISTRATIVES D'APPEL
La procédure d’inscription sur les tableaux des experts près les tribunaux administratifs et les Cours Administratives d’Appel, se réfère aux textes suivants du code de justice administrative :
Art R.122-25-1: « Il peut être établi, chaque année, pour l’information des juges, un tableau national des experts près le Conseil d’État dressé par président de la section du contentieux, après consultation des présidents de cour administrative d’appel »
Art R.222-5: « Chaque année, le président procède, s’il y a lieu, à l’établissement du tableau des experts près la juridiction qu’il préside »
Ainsi le code de justice administrative donne la possibilité au président de la section du contentieux du Conseil d’État, de même qu’à chaque président de tribunal administratif ou de cour administrative d’appel, la possibilité de dresser un tableau annuel des experts auprès de sa juridiction.
Pour prendre le cas de l’Ile de France, les candidatures sont à adresser à l’un des deux Présidents de Cour Administrative d’Appel (Paris ou Versailles). Après instruction, les dossiers de candidatures sont examinés par une Commission semestrielle co-présidée par les deux Présidents de Cour qui prennent la décision de retenir ou non le candidat. Ils adressent ensuite un courrier à chaque candidat pour l’informer de leur décision.
À ce jour, les Présidents des Cours Administratives d’Appel de Paris et de Versailles ont décidé depuis l’année 2004 de disposer d’une liste commune d’experts.
Source : www.cnejita.org
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