mardi 6 janvier 2026

"Maupassant" par Frédéric Martinez

Je fus dans un premier temps décontenancé par le style de l'auteur : ampoulé, abusant de métaphores, très inattendu pour une biographie. Mais on s'y fait presque. Et puis on est séduit par la qualité du travail de recherche qui a été effectué, des centaines de références documentées étayent la retranscription très détaillée de la vie du maître de la nouvelle, parfois jour par jour.

On retrouve un Maupassant bravache, coureur (en fait complètement obsédé par le sexe et incapable d'aimer, à l'image de son héros Bel-Ami) et tiraillé de toutes parts (sa condition d'employé ministériel avant de devenir journaliste/romancier à succès, son besoin de nature et son addiction aux plaisirs parisiens et bien sûr sa maladie qui le ronge et le fait basculer peu à peu dans la démence). Tout ceci, on le savait plus ou moins, même si bien sûr la profondeur de l'ouvrage permet de donner du contexte et du corps à tous ces éléments.

Ce que j'étais particulièrement venu chercher, c'est la réponse à une interrogation que je me suis toujours posée : comment peut-on considérer Maupassant, pour les écrits duquel j'ai toujours eu un profonde admiration, comme le disciple de Flaubert dont je n'ai jamais réussi à terminer un seul roman ? Bon, j'exagère un peu. Évidemment que l'Éducation Sentimentale et Madame Bovary se lisent, mais je n'ai vraiment pas été séduit. Quant à Bouvard et Pécuchet sur lequel il a travaillé des années, c'est tellement indigeste et sans intérêt que je pense toujours qu'il s'agit d'une blague.

Et l'ouvrage de Frédéric Martinez a apporté ma réponse. Flaubert n'est pas vraiment un père spirituel ou stylistique pour Maupassant, c'est avant tout un père adoptif. Plus ou moins fâché avec son père biologique, il s'est fait parrainé par cet ami de sa mère qui voyait en lui le frère disparu de cette dernière qui était son meilleur compagnon. Et je pense que Maupassant, par loyauté inconsciente, a pensé respecter les enseignements littéraires de Flaubert là où il traçait une voie nouvelle largement supérieure à celle de son "maître".

Quant à la parenté avec Zola, elle est clairement due à des raccourcis critique littérairo-journalistiques induits par une vision manichéenne du conflit Romantiques contre Non-Romantiques qui a fait pendant un temps mettre dans le même sac Naturalistes et Réalistes. En fait, leurs littératures n'ont pas grand-chose à voir et il est assez clair que Maupassant lui-même en était conscient et était loin d'être aussi admiratif de Zola que de Flaubert.

Bref, un très bon ouvrage dont on dévore les presque 400 pages en trois séances de lecture avec le sentiment de mieux connaître celui qui reste plus que jamais notre écrivain préféré.

vendredi 2 janvier 2026

La Vache qui rit est-elle née à Moissey ? (1ère partie)

Lors de recherches sur l'origine de la Vache qui rit et plus généralement de la genèse des Fromageries Bel, j'ai déniché dans les tréfonds des Internets un article qui semble remettre en cause la version officielle de l'histoire.

Un petit récapitulatif au cas où se trouverait ici (mais j'en doute) quelques lecteurs qui ne soient pas des aficionados de cette saga familiale et fromagère. La chronologie officielle nous dit ceci :

1865 : Jules Bel installe son commerce d'affinage et de négoce de gruyère à Orgelet (Jura)

1897 : Jules Bel transmet l'affaire à ses deux fils Henri et Léon. L'entreprise devient "Bel Frères"

1898 : Transfert de l'entreprise à Lons-le-Saunier (toujours Jura) pour profiter de la ligne de chemin de fer et des salines

1904 : Décès de Jules Bel

1908 : Henri quitte l'entreprise qui prend le nom de "Léon Bel, Gruyère en gros"

1914-1918 : Léon Bel est mobilisé dans les escadrons du Train, service du Ravitaillement en Viande Fraîche (RVF B70). Il découvre l'insigne de la "Wachkyrie" (un bœuf hilare dessiné par Benjamin Rabier pour les camions de ravitaillement, jeu de mot sur les Walkyries de Wagner)

1917 : Les frères Graf (Gottfried, Emile et Otto), d'origine suisse, importent en France la technique du fromage fondu mise au point en Suisse en 1907 par Gerber. Ils s'installent à Dole (Jura est-il utile de le préciser ?)

1919 : Léon Bel reprend son entreprise après la guerre et fait appel à Emile Graf pour maîtriser la technique du fromage fondu

1921 : Dépôt de la marque "La Vache qui rit" et prise de participation dans l'entreprise Graf

1922 : Fondation de la "Société Anonyme des Fromageries Bel"

 

Quant à l'article évoqué en préambule, il est tiré du tome II de la Nouvelle Monographie de Moissey (Moissey dans le... Jura bien sûr !) et plus particulièrement de la page 27 traitant de l'installation de l'entreprise Béjean dans le village. La présence du fromager Bel y est simplement évoquée. Rédigé en 1989 suite à des entretiens avec les descendants (petits-enfants) des protagonistes, l'article s'appuie sur la mémoire familiale, ce qui peut expliquer quelques imprécisions. Voici la chronologie qui s'en dégage concernant la famille Bel :

1900 : Arrivée de Firmin Béjean comme contrôleur laitier chez M. Bel à Moissey dans l'ancienne maison Poinsot (cadastrée AB 95)

Quelques années après : Léon Bel part à Dole et s'installe dans l'affaire fromagère Graf qu'il vient de racheter

1905 : Firmin Béjean prend la succession de M. Bel à Moissey et rachète la maison de la famille Poinsot

1911 : Abandon de la fromagerie et création de la scierie

1920 : Création d'une saboterie à vapeur

1931 : Décès de Firmin Béjean et reprise de l'entreprise par sa veuve Marguerite Lefranc (nièce d'un sénateur ayant une petite notoriété locale et originaire d'un village voisin : Montmirey-la-Ville) et ses deux fils Marcel et Pierre

L'article évoque une dernière fois Léon Bel en précisant que dans la maison cadastrée AB 95, restée dans la famille Béjean, existait toujours en 1989 la grosse cheminée où le père Bel chauffait le lait.

Le problème saute aux yeux : les dates ne collent pas. En 1900, année où Léon Bel est censé accueillir Firmin Béjean à Moissey, l'entreprise Bel Frères existe depuis deux ans et est située à Orgelet. Certes, nous sommes dans le même département, mais il y a près de 90 km de distance. On imagine mal Léon Bel travaillant dans deux lieux si distants.

Deuxième incohérence majeure : la monographie de Moissey situe le rachat de Graf par Bel entre 1900 et 1905, alors que les frères Graf arrivent à Dole en 1917 et que Bel y investit en 1921. Difficile d'invoquer un simple décalage de 20 ans dans la mémoire familiale : les dates clefs de la "saga Béjean" (création de la scierie, de la saboterie) ne peuvent pas avoir été décalées ainsi, surtout avec la Grande Guerre comme marqueur temporel incontournable. Enfin, on le verra plus tard, on retrouve bien la trace de l'achat de la maison Poinsot aux dates indiquées (en 1906 précisément), la transmission de la fromagerie a donc bien eu lieu aux alentours de 1900-1906 ! 

D'où provient donc l'erreur ? On ne saurait mettre en cause la bonne foi des témoins. Pourquoi auraient-ils menti ou pourquoi leur aurait-on menti ? Ils ne semblent pas faire grand cas du prestige de l'employeur de leur aïeul et il n'en est fait mention nulle part ailleurs sur place ni dans l'histoire du village.

Peut-être s'agit-il d'un homonyme, ou d'une confusion avec le père (Jules) ou le frère (Henri), même s'ils semblent être restés à Orgelet.

Une enquête dans les archives s'impose.

J'ai commencé par les recensements de population, établis tous les 5 ans à partir de 1896.

1896 et avant, rien. Pas de Béjean sur la commune (ça, on s'y attend), ni de Bel... D'ailleurs, aucun fromager n'est recensé dans le village.

1901, étonnamment, pas de changement, ni Béjean, ni Bel.

1906. Dans la maison 80 le ménage 95 se compose de : 
- Firmin Béjean, laitier, né en 1872 à Ladoye
- Marguerite Lefranc, laitière, son épouse, née en 1879 à Montmirey-la-Ville
- Marcel Béjean, né en 1901
- 2 "domestiques" de 23 et 24 ans originaires de Saint-Paul en Savoie et de Fraisans (Jura). Le recensement utilise généreusement le terme domestique et peut l'avoir attribué à des employés de la laiterie hébergés sur place.

La famille Béjean lors du recensement 1906
 

En 1911, même chose avec la présence supplémentaire de Pierre Béjean né en 1907 et une domestique du village qui remplace les deux précédents.

Les mêmes, ou presque, en 1911
 

On ne trouve aucune trace de la famille Poinsot dans les recensements de Moissey. En cherchant la raison de cette absence, j'ai retrouvé le faire-part de décès de la veuve Poinsot (née Ryard) dans le Fonds Frécon conservé aux archives départementales du Rhône,  disponible en ligne sur Geneanet. Il indique un décès à Montmirey-la-Ville en 1893.

Deuxième source d'informations : les matrices cadastrales. J'ai utilisé l'ancrage très localisé de cette affaire (la maison dite "La Place", cadastrée AB 95 aujourd'hui, A 112 dans le cadastre napoléonien).

Il existe pour Moissey deux matrices des propriétés bâties : la première retrace l'historique des bâtiments de 1882 à 1911, la seconde va jusqu'aux alentours de la Seconde Guerre mondiale.

Dans la première, on retrouve la maison, propriété de Joseph Poinsot (médecin). Sa veuve en hérite en 1893 avant de la céder à notre ami Béjean Firmin Aimé en 1906, ce qui correspond à une année près au récit des descendants.

Firmin s'installe à Moissey en 1906 en achetant cette très belle maison (22 ouvertures, ça fait un peu d'impôts fonciers à l'époque...)

Mieux, la case 145 de la matrice de 1911 reprend l'historique des possessions de Firmin Béjean jusqu'à son décès en 1931 : constructions de scierie, saboteries et autres chantiers sur diverses parcelles du village, toutes finalement cédées. Seule la maison reste dans le giron des Béjean avec sa transmission à l'aîné Marcel.

On retrouve même la trace de la réorientation professionnelle de Firmin : de Fabricant de fromage beurre à Exploitant de scierie par procédés mécaniques

Les dates et l'histoire correspondent peu ou prou à la chronologie dressée dans l'article, et on ne peut que remarquer la précision des informations qui avaient été recueillies en 1989.

A une exception près toutefois, et non des moindres : pas de trace de Léon Bel. Pas de trace du moindre prédécesseur en fait. Firmin Béjean a acheté la maison à la veuve d'un médecin alors que l'histoire familiale raconte qu'il est arrivé à Moissey en tant que contrôleur laitier. S'il y avait un autre fromager dans cette maison, il n'en était pas propriétaire, et son aventure n'aura duré que quelques années puisqu'il n'apparait pas dans les recensements de 1901 ni de 1906.

La solution à cette énigme se trouve, je l'espère, aux archives départementales du Jura à Montmorot, à deux pas de l'usine historique des Fromageries Bel devenue la Maison de la Vache qui Rit. Plus précisément dans le carton 4E17669, qui contient les archives de l'office notarial de Moissey de Maître Besson pour la période 1884-1912. J'espère y dénicher un contrat de location de la maison Poinsot avant l'arrivée de Firmin Béjean, ou une trace de reprise de mobilier ou d'outillage appartenant à son prédécesseur lors de l'acquisition en 1906. 

À suivre donc ! (Vous vous en doutiez dès le titre qu'il y aurait un second volet à cette enquête palpitante.) 

Cependant, un dernier élément me fait plus que tout autre douter de retrouver une trace de Léon Bel à Moissey. Il s'agit de sa Fiche Matricule, véritable dossier militaire qui donne beaucoup d'informations sur les conscrits de cette période.

On y retrouve bien sa mobilisation, désormais célèbre, comme conducteur automobile durant la Grande Guerre. Mais on y apprend surtout que Léon Bel était engagé volontaire et a passé trois ans au sein du 44ème Régiment d'Infanterie à Lons-le-Saunier, précisément du 10 mars 1899 au 10 mars 1902. Pile à la période où il était censé fondre du fromage à Moissey. De plus, le dossier retrace les diverses résidences des mobilisables en cas de conflit : la seule adresse qu'a habitée Léon Bel de 1899 à 1927 se situe à Lons-le-Saunier, au 33 avenue Gambetta, à proximité de son usine mais bien loin de Moissey.

La fiche matricule de Léon Bel (versions dépliée et pliée) - Pour plus de confort de lecture, vous pouvez les retrouver sur ces liens (pliée - dépliée)

 

mardi 5 août 2025

Paradis au-dessus. Les Flashs Iridium et l'ISS

Un soir d'automne 2017, j'observai un intense flash lumineux dans le ciel. Comme une étoile filante mais sans trainée. Je fis quelques recherches. C'est ainsi que je découvris sur le tard l'existence des Flash Iridium ainsi que de l'incroyable site Heavens Above, qui recense tous les phénomènes à observer en levant les yeux au ciel.

Grâce à cela, j'ai depuis observé à de nombreuses reprises l'ISS, des satellites divers et variés et bien sûr quelques trains de lancement de satellites Starlink, qu'on ne peut malheureusement plus rater de nos jours tant ils ont envahi le ciel...

En octobre 2017, nous étions alors en région parisienne et les flash Iridium étaient un des seuls phénomènes observables dans ces conditions extrêmes de pollution lumineuse. Mais je suis heureux d'avoir fait découvrir ce petit moment de magie à toute la famille. En bon astronome, j'avais pris quelques notes dans un brouillon d'article de blog que je ressors à l'instant. Comme cette liste ne s'allongera malheureusement plus, la nouvelle génération de satellite Iridium n'étant pas réfléchissant et les derniers flashs ayant eu lieu en 2020 environ, je vais la poster ici dans la catégorie "Souvenirs"

Nom du satellite - Membres de la famille présents - Date - Heure - Magnitude - Distance - Note

Iridium 83 - WI*M* - 14/10/2017 - 20:29:20 - Mag -0.7 - Dist. 23 km (O) - 1ère sauf T et S raté

Iridium 84 - WITMS - 16/10/2017 - 20:17:07 - Mag -1.5 - Dist. 16 km (O) - 1ère tous OK

Iridium 52 - WITMS - 18/10/2017 - 07:32:04 - Mag -3.2 - Dist. 7 km (O) - 1ère le matin

Iridium 10 - WITMS - 20/10/2017 - 19:52:32 (en fait 19:52:28) - Mag -2.1 - Dist. 26 km (E) - Apparaît plus faible mais ciel nuageux

Iridium 80 - WITM - 31/10/2017 - 19:50:40 - Mag -4.4 - Dist. 18 km (E) - Première doublette avec Iridium 15 juste après

Iridium 15 - WITM - 31/10/2017 - 19:53:31 - Mag -0.3 - Dist. 33 km (O) - Première doublette avec Iridium 80 juste avant

A la revoyure !

*Les prénoms ont été changés. (J'ai toujours rêvé d'écrire ça comme un vrai journaliste d'investigation qui protège ses sources, mais qui du coup donne quand même une petite information sur ce qui n'est pas le prénom de sa source, alors qu'en ne disant rien, il orienterait les recherches dans une mauvaise direction mais bon, ça fait plus cool j'imagine). On devrait plutôt écrire : Les prénoms ont été modifiés, ou pas, héhé...









mercredi 16 juillet 2025

Le projet F.L.A.N.

F.L.A.N comme Flans : Lieux et Avis Notés...

Sous cet acronyme mystérieux, qui cache incroyablement bien la finalité du projet, se cache ma modeste participation à un concept théorisé par l'humoriste Alexis Le Rossignol : le Tour de Flance. Cela consiste basiquement à manger des flans et à déterminer quel est le meilleur...

Je vais procéder similairement à la méthode utilisée pour noter des nouvelles, à savoir diviser le concept de "bon flan" en plusieurs critères quantifiables, les pondérer, et faire une jolie moyenne qui donne une note globale à chaque flan goûté.

Alors, nous allons noter le goût, la texture, l'aspect visuel de la pâte, de la crème et du topping, mais aussi le rapport qualité-prix et quantité/prix.

Après plusieurs tâtonnements, voici le barème, subjectif, auquel j'ai abouti :

Aspect général (1/20)
Ce flan est-il agréable à regarder, appétissant ?

Pâte (5/20)
Quel type de pâte est employé ? Et surtout, est-elle bien cuite, c'est-à-dire assez cuite pour ne plus être farineuse, mais pas trop cuite pour ne pas être brulée, trop dure ou trop sèche...

Crème / Garniture (6/20)
Le critère principal que où l'on jugera en premier lieu de la consistance. On cherche des flans crémeux, fondants mais qui tiennent à la découpe, sans être trop élastiques ou caoutchouteux...
Évidemment, on jugera également le goût et notamment la qualité de la vanille pour les flans aromatisés.

Topping / Nappage (2/20)
Caramélisation, l'aspect doré mais pas brulé, la présence de petits plus éventuels...

Goût de l'ensemble (3/20)
Un critère sans doute un peu redondant avec les éléments précédents, mais qui permettra d'introduire un peu de subjectivité et de renforcer les différences entre nos coups de cœur et nos déceptions.

Quantité (1/20)
Au-delà du poids qu'on ne va pas mesurer (parce qu'on va tester nos flans à la sortie des boulangeries, pas en laboratoire), on valorisera les flans bien épais, ou avec de bonnes grosses parts bien gourmandes.

Prix (2/20)
Petit comparatif du tarif, pas en valeur absolue, pas en prix au kg, mais par rapport à la qualité proposée... La réinvention du rapport qualité-prix donc.

Résumé des notes et classement actuel (étude en cours, miam !)

 

Flan vanille - Les délices de La Garenne - Rond-pt du Souvenir Français, La Garenne-Colombes (9/20)

Aspect général (1/1) : Très belle part, d'apparence gourmande et bien emballée


Pâte (1.5/5) : Dure, craquante assez sèche et très cuite, sans doute un peu trop : le trottoir ressemble à un biscuit

Garniture (2.5/6) : Gélatineux et caoutchouteux, ne cède sous le dents qu'après une grosse morsure (plus de la moitié de la largeur en déformation avant de s'ouvrir). Grains noirs attestant la présence de vanille qu'on retrouve assez peu au goût

Nappage (1/2) : sucré, plus solide et gélatineux encore que le fourrage. Impression d'élasticité

Goût de l'ensemble (1.5/3) : malgré des défauts de consistance, le goût reste agréable

Quantité (1/1) : la première impression n'est pas déçue, belle portion

Prix (0.5/2) : 3.60 € en avril 2024, on est dans la fourchette assez haute pour un flan somme toute très moyen

Flan nature - Midoré-Réaumur, 59 rue Réaumur, Paris IV (6/20)

Aspect général (0.25/1) : Uniforme et assez industriel.




Pâte (2/5) : Sablée qui semble assez bien cuite mais avec un goût farineux qui dénote peut-être finalement un manque de cuisson

Garniture (1.5/6) : Dur, très caoutchouteux, compact, se casse par le bas. Uniforme, gélatineux, impression et goût de plastique

Nappage (0.5/2) : Brillant, dur et assez solidaire avec la garniture, de laquelle il partage la sensation caoutchouteuse

Goût de l'ensemble (1/3) : Assez peu agréable au final entre la pâte avec des arrière-goûts de farine et une garniture à la sensation de plastique

Quantité (0.25/1) : Part peu épaisse et pas très large

Prix (0.5/2) : 3.20 € à emporter, 3.70 € sur place en juin 2024. Qualité pas à la hauteur du prix.

 

Flan à l'ancienne, Maison Trouart - 19 avenue Marceau - Courbevoie (14.5/20)

Aspect général (0.75/1) : Agréable, très doré, qui s’affaisse légèrement


Pâte (3.5/5) : Pâte fine, très fondante, bien cuite, sablée.

Garniture (4.5/6) : Incroyablement fondant, crémeux, légèrement vanillé. Ne plie pas sous la dent

Nappage (1/2) : Pas de différence de consistance ni de goût, caramélisé et solidaire avec la garniture

Goût de l'ensemble (2/3) : Très agréable à la dégustation, sans fantaisie mais sans défaut.

Quantité (0.75/1) : Assez copieuse sans être énorme

Prix (2/2) : 2.90 € en juin 2024, très bon rapport qualité-prix

 

Flan "Filière Auchan - Cultivons le bon goût" - Dans tous les hypermarchés du même nom (3.5/20)

Aspect général (0/1) : Industriel avec des points noirs ajoutés par la suite (défaut de cuisson ou tentative de faire croire à la présence de vanille ?)

Pâte (0.5/5) : Très peu cuite, annoncée feuilletée mais ressemble à de la pâte sablée peu cuite. Assez désagréable et caoutchouteuse

Garniture (1.5/6) : Crémeux mais avec un goût de gâteau de semoule/de riz plus que de flan, impression corroborée par la liste des ingrédients qui font apparaître de la semoule de blé dur. Frais et plutôt agréable mais rien à voir avec un flan.

Nappage (0/2) : Inexistant, il consiste juste en une cuisson plus poussée de la garniture, pas de glaçage ni de sucre. Petits points noirs qui ne sont pas de la vanille (absents à l'intérieur)

Goût de l'ensemble (0.5/3) : Déroutant, ressemble à un gâteau de semoule un peu solidifiée sur une pâte quelconque mal cuite

Quantité (0.25/1) : Part plutôt petite, standardisée à 155 grammes

Prix (0.75/2) : 1.44 € mi-2024, tarif imbattable mais on n'est pas vraiment en présence d'un flan. Ça reste quoi qu'il en soit peu cher pour un dessert...

 

Flan à la vanille - Boulangerie Condorcet - 21, rue Condorcet Paris IX (15.75/20)

Aspect général (1/1) : Très beau, lourd, doré, crémeux avec la garniture qui se tient



Pâte (4/5) : Juste cuite sans être dure, généreuse. Le trottoir est bon comme un biscuit. Se tient bien

Garniture (5/6) : Très jaune, crémeuse mais se tient bien, consistance idéale. Se sépare à la morsure en petits morceaux comme de la neige, très agréable en bouche. Goût de vanille mais absence de points noirs qui font suspecter un arôme artificiel.

Nappage (1.5/2) : Très épais, gélatineux, dur, à peine trop. Grosse couche gélatineuse sucrée, dorée, très jolie.

Goût de l'ensemble (2/3) : On sent bien les œufs et la vanille (arôme artificiel ?), très jaune et sucré. De l'oeuf et du sucre sur une pâte très réussie. Le meilleur de ceux goûtés jusqu'à présent.

Quantité (0.75/1) : Généreux sans être énorme

Prix (1.5/2) : 3.50 € en juin 2024 - Plutôt fourchette haute mais qui se justifie par la qualité de l'ensemble

 Flan nature - Yann Couvreur, Galeries Lafayette, Paris IX (14.75/20)

Aspect général (0.75/1) : Très généreux et gourmand, pâte feuilletée très appétissante, mais fragile et a tendance à vite s'affaisser et couler.

Pâte (5/5) : Feuilletée très épaisse, bien cuite, craquante, presque comme un biscuit.

Garniture (4/6) : Ce flan est décrit par ailleurs, sans doute à raison, comme le plus crémeux de Paris. La garniture est en effet extrêmement crémeuse, coulante, presque liquide mais qui tient à peu près quand même. Très vanillée. Fondante, savoureuse, presque une crème dessert sans goût d’œuf

Nappage (1.5/2) : Très solide et apporte la tenue au flan en fait. En deux parties, topping solide au-dessus et glaçage par dessous, agréable

Goût de l'ensemble (1.5/3) : Finalement assez étrange, on dirait un excellent biscuit avec un très bon dessert vanillé, mais l'absence de tenue ou de goût d’œuf fait qu'on n'a pas l'impression de manger un flan

Quantité (0.75/1) : Part très généreuse mais l'aspect liquide n'apporte pas autant de satiété qu'attendu

Prix (1.25/2) : 4.90 € en juillet 2024 - Très onéreux en raison sans doute de la bonne publicité et de l'emplacement très touristique, mais me paraît un peu surcoté

 

Flan nature METRO - Dans tous les magasins du même nom (8.5/20)

Aspect général (0.25/1) : Il s'agit ici d'une part prélevée dans un flan entier, mais l'aspect reste très industriel, avec toutefois une jolie couleur dorée prometteuse.


Pâte (2/5) : Cassante, avec peu de goût ce qui a le mérite de laisser la part belle à l'appareil. Peut-être légèrement sous-cuite mais reste meilleure que celle d'Auchan

Garniture (2.5/6) : Très caoutchouteuse et moelleuse, sent l’œuf, plutôt agréable et frais

Nappage (0/2) : Inexistant, il consiste juste en une cuisson plus poussée de la garniture, pas de glaçage ni de sucre, jolie couleur, sans doute artificielle

Goût de l'ensemble (1.75/3) : Un dessert frais, au goût d’œuf qui n'est pas gaché par une pâte trop présente ou ratée. C'est sans doute ce qu'un processus industriel peut faire de plus proche d'un vrai flan pâtissier de boulanger

Quantité (0.5/1) : Pas vraiment pertinent ici puisqu'on a acheté un flan entier. Cependant, vu le prix, le rapport quantité-prix est imbattable

Prix (1.5/2) : Achat en gros d'un flan entier, la part ressort évidemment peu chère, mais ça laisse songeur sur la qualité des ingrédients employés...

 

Flan nature, L'instant gourmand - 10 rue de Colombes - Courbevoie (13.5/20)

Aspect général (0.75/1) : Agréable aspect appétissant, doré, crémeux. La croûte peut-être un peu trop foncée et pas caramélisée




Pâte (4/5) : Très bonne, fine, friable, agréable au goût et à la consistance. Pâte sablée certes classique mais très réussie et bien cuite.

Garniture (5/6) : Extrêmement crémeux, presque coulant mais se tient très bien, avec de la vraie vanille. Goût frais et agréable, onctueux, œufs et vanille présents.

Nappage (0/2) : Inexistant, cuisson dorée/(trop cuite ?) de la garniture

Goût de l'ensemble (2/3) : Très bon ensemble équilibré et goûteux

Quantité (0.5/1) : Assez gourmande, dans la bonne moyenne.

Prix (1.25/2) : 3.50 € en mai 2025 - Dans la fourchette haute, justifiée en partie par l'emplacement central de la boulangerie et la qualité générale

samedi 26 octobre 2024

Quelques infos inédites sur les dédicaces de "Tire sur mon doigt" de Charles Bossart

Un jour, peut-être, les historiens du futur tomberont sur des albums de la BD "Tire sur mon doigt" dédicacés par l'auteur, Charles Bossart.

Voici l'album. Je vous en ai déjà parlé succinctement dans cet article en plus...

Ils ne manqueront pas de s'interroger sur l'incroyable originalité de ces productions artistiques et, en fouillant dans l'immensité de ce que sera alors l'ensemble des connaissances humaines de leur époque, ils ne trouveront pas la clef de cette énigme.

C'est en pensant à ces archéologues du futur que j'écris cet article...

Commençons par les bases : Tire sur mon doigt est une œuvre assez atypique dans le monde de la production littéraire, dont l'idée est de décliner en de multiples variations toutes plus rigolotes les unes que les autres, cette bonne vieille blague de "tire sur mon doigt", tac, prout. [Essayez chez vous, vous verrez, c'est la poilade]

J'ai eu la chance de rencontrer l'auteur de cette anthologie du bon goût lors d'un salon afin de faire dédicacer mon exemplaire et, bluffé par la production réalisée, j'ai acheté d'autres albums pour avoir d'autres dédicaces...

Exemples de dédicace. N'hésitez pas à me contacter pour m'envoyez les vôtres si jamais...

Alors, "comment ça marche ?" me demanderez-vous (ou plutôt, se demande l'IA du futur chargée de scanner tout le web mondial pour répondre à cette question qui la taraude...) Et bien, c'est à la fois simple et ingénieux. En plus d'un prénom, notre facétieux auteur vous demande une combinaison de trois nombres compris entre 1 et 20. Il reporte ensuite cette combinaison unique et personnelle (il y a en effet 8000 possibilités) dans un petit tableau lui permettant de modifier trois éléments de la dédicace pour vous confectionner un hybride mi-dauphin (ça, ça ne change pas) mi-CD 2 titres de Manau / Citroën Saxo / poutre confondus avec un rince-doigt / un calendrier de l'avent... Ainsi, votre dédicace est unique, vous êtes heureux, et Charles Bossart ne s'ennuie pas à dessiner toujours la même chose durant son salon. Astucieux, non ?

Et, une dernière confidence. Avez-vous remarqué ce petit message humoristique derrière la page pour s'excuser de la tâche généré par la correction de l'erreur d'impression (il manque le bras) de l'illustration ? Et bien, j'ai de l'anecdote croustillante concernant cette tâche [je suis un insider vous dis-je] ! L'auteur s'étant aperçu trop tard qu'il avait envoyé le mauvais fichier pour figurer à cet endroit, il investit dans un feutre afin de corriger à la main cette petite erreur. Feutre qui génère une tâche dont il s'excuse systématiquement... Et, finalement, comme il aime bien ce petit rituel (et qu'il a déjà acheté le feutre donc faut bien l'utiliser et pas gâcher), il refusera la proposition de correction lors de la deuxième vague d'impression si bien que tous les albums sont à présent volontairement fautés à cet endroit.

La blague de la tâche. Franchement, qu'est ce qu'on ce marre dans cet article quand même...

Voilà, vous savez tout ce que je sais, le corpus de la connaissance humaine est à jamais enrichi de ces informations primordiales, je peux retourner à une vie normale avec le sentiment du devoir accompli.

lundi 23 septembre 2024

Laisser une trace, être un bon ancêtre

Récemment, je suis tombé sur cette vidéo de la chaîne Balade Mentale qui, comme à son habitude, tente de rendre accessibles des données chiffrées souvent difficiles à appréhender. Ici, il s'agit de la taille de la population mondiale, notamment par rapport aux humains ayant déjà vécu (en gros, nous sommes 8 milliards et il y a déjà eu 100 milliards d'humains) mais aussi, et c'est ce qui nous intéressera particulièrement, par rapport à une estimation de ce que pourrait être l'intégralité de l'espèce humaine dans le futur. En utilisant des hypothèses assez neutres (une population se stabilisant autour de 10 milliards d'habitants et une durée de l'humanité d'un million d'années, soit l'espérance de vie moyenne d'une espèce de mammifères), on obtient une population humaine globale d'environ 80.000 milliards d'humains. Cela nous placerait parmi les 0,15 % des premiers de l'Histoire ! Et je ne vous parle pas d'un scénario plus optimiste où nous réussirions à surmonter les crises potentiellement extinctrices qui nous guettent grâce à notre évolution inédite en tant qu'espèce, ce qui nous permettrait de survivre sur cette planète jusqu'à ce qu'elle devienne inhabitable, dans 800 fois plus longtemps que la projection initiale.

Bref, nous sommes peut-être les tout premiers d'une immense lignée humaine à venir.

Et nous sommes également aux débuts de l'Histoire, parmi les toutes premières générations à laisser des traces durables. Sur les 300.000 ans d'existence de l'Homo sapiens, à peine 1 % est "documentée" et encore bien partiellement. Les archéologues du futur, et il y en aura un sacré paquet, ne manqueront donc pas d'éplucher en détail les moindres traces que nous laissons actuellement. Toutes les images et les écrits que nous produisons et que nous archivons, en milliers d'exemplaires dans des serveurs sans cesse répliqués et sauvegardés, ont de bonnes chances de parvenir d'une manière ou d'une autre auprès de nos très lointains descendants.

Et bien, je crois que plus ou moins consciemment, c'est une des raisons qui m'ont un jour poussé à commencer ce blog. En effet, je sais qu'il n'est pas vraiment lu par mes contemporains et qu'il sert plus de bloc-notes personnel que d'outil de communication avec mes congénères. Mais, j'espère qu'il permettra un jour à des humains du futur plus ou moins proche d'éprouver les mêmes sensations que celles que je ressens lorsque je farfouille dans des articles de journaux du début du XXe siècle : un véritable voyage dans le passé, fourmillant de détails à la fois insignifiants et touchants. Ces articles sont parfois la dernière trace de l'existence entière de personnes disparues il y a à peine une centaine d'années.

Ainsi, c'est dans cet esprit, pour laisser une trace qui soit la plus originale et la plus authentique (et donc j'imagine la plus intéressante) possible, que je m'efforce de partager des connaissances qu'on ne trouvera nulle part ailleurs, comme mes souvenirs de guerre (les 3 épisodes ici, ici et pis ici du coup) ou des détails inédits sur des sujets futiles comme les dédicaces de "Tire sur mon doigt" de Charles Bossart. Je laisse des "Chut, le livre dort" dans tous les livres d'or où je passe pour qu'un chercheur le remarque et s'interroge un jour ou encore je partage des détails très personnels sur mon histoire et mon identité qui, peut-être, intéresseront certains de mes très lointains descendants qui seraient passionnés d'avoir de tels détails sur leur arrière-arrière-.....-arrière-grand-père (dans ce cas, c'est qu'ils auront hérité de ma curiosité, bien joué les gars/filles/non-binaires/I.A. dérivées...)

Tel sera sans doute mon seul héritage, mais j'espère que mes descendants seront fiers de moi et qu'ils me considéreront, au moins comme une source historique peu banale, et au mieux comme un "bon ancêtre".

lundi 3 juin 2024

Monter sur un podium et gagner une médaille (suite)

Quatre ans et demi après le premier article de cet élément de ma bucket list, vous me la demandez à corps et à cris, voici enfin la mise à jour tant attendue (allez, laissez-moi rêver d'une audience fidèle et assoiffée de nouveautés s'il vous plaît)

L'idée première d'utiliser le tir sportif pour arriver à réaliser cet objectif, si elle n'est pas complètement abandonnée, est tout de même dans une impasse : après une première année d'entraînement où je m'en sortais honorablement au tir au pistolet, les contraintes administratives de la Fédération Française de Tir couplées à un manque de réelle passion pour la discipline ont eu raison de mon engagement. D'autant plus que le besoin de garder la licence pour être autorisé à détenir une arme de défense à la maison est devenu caduc grâce à l'acquisition d'armes de collection à poudre noire, autorisées à la détention sans déclaration, et qui feront parfaitement l'affaire pour neutraliser un éventuel agresseur dans un environnement domestique...

Tout ça pour ça donc, près de cinq ans d'attente pour s'entendre dire que l'on reste sur un demi-succès (mais si, vous savez bien, le Championnat de France d'un jeu de société confidentiel...) ?

Que nenni mes amis ! Si le tir est dans l'impasse, je l'ai avantageusement remplacé par l'athlétisme il y a un peu plus d'un an. Et plus précisément par la marche athlétique. Discipline confidentielle bien que popularisée par Yohan Diniz en France, elle allie effort physique d'endurance et une technique bien plus difficile à maitriser que ce que j'en pensais naïvement. Si bien que mes premières tentatives se sont invariablement conclues par des disqualifications prématurées, notamment lors des championnats régionaux masters que je visais particulièrement, ces derniers distribuant des médailles par catégories de cinq ans d'âge, ce qui fait généralement plus de médailles que de participants...

Mais finalement, contre toutes attentes, c'est lors des championnats départementaux seniors (donc ouverts à toute la concurrence de 23 à 99 ans), réputés plus sévères dans le jugement, que j'ai réussi à terminer un 5000 mètres et à accrocher une place sur le podium ! Ce fut plus difficile qu'anticipé sur la durée, plus difficile également sur le coup car je me suis un peu trompé dans mon équipement et ai fini avec l'entre-cuisses en sang, mais ça reste un excellent souvenir et une raison de plus de vraiment cocher cet objectif !