dimanche 7 juin 2020

Une certaine façon de penser

Juste en passant, une pensée qui m'a traversé l'esprit trois ou quatre fois ces trente dernières années. Je la pose ici au cas où elle ne revienne pas, parce que je crois qu'elle est symptomatique de la façon dont fonctionne mon cerveau. Du moins, qu'elle révèle une part de son fonctionnement qui n'est pas vraiment commune. Si j'en crois ce qu'on me dit bien sûr, parce que pour moi, c'est évidemment normal... Je vous laisse juger.

Vous connaissez bien entendu l'Aigle Noir, la chanson de Barbara. Moi je la connais, je l'ai apprise en musique au collège, et elle contribue à hauteur de 1.3 % à la réalisation de mon objectif de connaitre 2000 vers de poésie, qui est un des objectifs de ma bucket list...

Les deux derniers couplets donnent ceci :
Dis l'oiseau, oh dis emmène-moi
Retournons au pays d'autrefois
Comme avant dans mes rêves d'enfant
Pour cueillir en tremblant des étoiles, des étoiles
Comme avant dans mes rêves d'enfant
Comme avant sur un nuage blanc
Comme avant allumer le soleil
Être faiseur de pluie et faire des merveilles
L'aigle noir dans un bruissement d'ailes
Prit son vol pour regagner le ciel

Je vous ai souligné le passage révélateur, mais je vous ai laissé tout le contexte sinon on comprend pas grand chose... Vous en pensez quoi de ce "être faiseur de pluie" ? On est d'accord que c'est les rêves d'enfant : on cueille des étoiles, on allume le soleil, on fait tomber la pluie et on fait des merveilles. Point, on passe à la suite.
Et bien non, pour moi, depuis la première fois que je l'ai lu et jusqu'à aujourd'hui, je me dis que ce "être", ce pourrait très bien non pas le verbe mais le nom commun, apposé au soleil qui en quelques sortes le personnifierait comme une entité vivante, responsable de la pluie : le allume le soleil, cet être qui fait tomber la pluie. Parce qu'en fait, c'est un pléonasme de dire qu'on allume le soleil et qu'on génère la pluie. Réaliser le premier suffit à entrainer le deuxième. Si t'allumes le soleil, ça va finir par faire pleuvoir, le cycle de l'eau, tout ça...

Je me rends compte en écrivant que ce qui me dérange ici, c'est que si on considère que "être" est ici le verbe, c'est comme si on "gaspillait" un pouvoir... Pas la peine de demander à faire les deux, le premier suffit pour tout obtenir.

Voila, si par chance vous avez compris, vous en savez un peu plus sur ma façon de voir le monde. Bonne nuit !

mercredi 6 mai 2020

Souvenirs de la guerre

J'ai repris un peu la généalogie ces temps-ci. C'est une passion intermittente, qui m'occupe en moyenne quelques jours par an, mais elle est tellement chronophage qu'il faut généralement bien vite la mettre de côté pour les activités plus urgentes... Difficile de dire si ce sera plus simple dans dix ou vingt ans de réaliser le plus bel arbre généalogique possible (un des objectifs de ma liste de 100 choses à faire).

D'un côté, je me rends compte que de nombreux nouveaux outils permettent de le réaliser plus facilement (de plus en plus d'arbres partagés, de registres dépouillés ou scannés accessibles publiquement, de cimetières relevés, etc.) mais d'un autre, la mémoire plus immédiate de nos anciens disparaît inéluctablement.

Je me suis fait cette réflexion à la suite d'un message reçu de la part d'une généalogiste amateure qui faisait des recherches sur un ancien aïeul (un cousin de mon grand-père), résistant ayant appartenu à un réseau de chez elle, déporté à 19 ans et dont on ne sait pas grand-chose. Je suis sûr que mes grands-parents, mon oncle ou mon père auraient pu nous renseigner, mais il aurait fallu que la demande arrive il y a dix ans. Aujourd'hui, tous les trois sont morts. Et leurs souvenirs évaporés avec eux.

Cela m'a motivé à partager les souvenirs qu'ils m'ont transmis sur la guerre. Qu'ils concernent ou non ma famille, ce sont des anecdotes et "petites histoires dans la grande histoire" comme on dit pompeusement. Je n'en ai que des souvenirs parcellaires, je ne saurais être précis sur les dates ou les noms, c'est au mieux des témoignages secondaires (pour ce que m'a raconté mes grand-mères qui avaient 15 et 18 ans au début de la guerre), souvent tertiaires. Mais c'est mieux que le néant dans lesquels ils sont destinés puisque j'en suis sans doute parfois le dernier dépositaire et qu'en général, tout le monde s'en tamponne à part quelques rares illuminés que je ne croiserai sans doute jamais.

Je les confie donc à ma mémoire externe et publique, puissent-ils servir à quelque chose un jour ?

L'eau du lac
Le premier souvenir que j'ai envie de raconter commence avec une anecdote qui m'a marquée enfant.
Mon grand-père, chez qui j'ai passé de longues semaines tous les étés de mon enfance, refusait catégoriquement de boire de l'eau. Il tournait au vin rouge pour 100 % de son hydratation. Et quand on lui demandait pourquoi, il répondait malicieusement qu'il ne "boirait pas du collabo" en désignant du menton le robinet de la cuisine. Il n'en dit jamais plus, tout comme il ne parlait presque jamais de la guerre. C'est ma grand-mère qui m'en appris d'avantage.

Pendant l'occupation, le village de petite montagne jurassienne dans lequel vivait la famille était plutôt tranquille. On n'avait certes pas grand-chose à manger mais on vivait en autarcie, dans un esprit général de résistance passive : on n'aimait franchement pas les boches mais on était plus préoccupés par les soucis du quotidien que par la politique. Ma grand-mère, qui chantait beaucoup, enchaînait encore dans les années 90 le Chant des Partisans et Maréchal nous voilà sans sourciller... On ne voyait pas le problème à l'époque. On vouait une grande confiance au Vainqueur de Verdun et on soutenait également les braves qui résistaient. Du patriotisme tous azimuts en quelques sortes.

Pour ma famille et la majorité du reste du village, les choses ont commencé à changer avec le STO. Mon grand-père par exemple y fut réfractaire et n'est pas parti. Il est de fait entré dans la clandestinité à cette occasion. Pas vraiment par conviction ni par courage, juste parce qu'il ne voulait pas partir travailler en Allemagne, il y avait déjà fort à faire au village pour nourrir la famille...
Je ne crois pas qu'il ait jamais participé à de grandes actions, mais dans le petit groupe de résistants qui vivaient au village (pas la peine de prendre le maquis, il n'y avait pas de présence allemande ni de gendarme sur place), certains réalisèrent quelques actions, plus ou moins dans la mouvance du maquis du Haut-Jura et de l'Ain dont le coup d'éclat fut le défilé du 11 novembre 1943 dans les rues d'Oyonnax. On m'a parlé une fois du sabotage de la ligne de chemin de fer reliant Lons-le-Saunier et Saint-Claude, mais je n'en suis pas sûr.

Toujours est-il qu'un jour, les allemands débarquèrent en convoi dans le village, fouillant des maisons, interrogeant assez vivement leurs habitants. Ils semblaient à la recherche de deux jeunes hommes en particulier. Le premier, un cousin de ma grand-mère, un certain Monnier de Thoiria (allez, je mets tout ce que je sais, c'est pour les historiens du siècle prochain), fut arrêté chez lui, conduit dans la Forêt de la Joux et retrouvé abattu d'une rafale dans le dos. Le second s'enfuit mais fut descendu de loin "dans la plaine de Soucia" par les tireurs allemands. Je ne sais pas si ces évènements sont documentés quelque part, une rapide recherche ne m'a pas permis d'en savoir plus.
Le village avait été prévenu que les allemands arrivaient et mon grand-père qui connaissait bien les bois était parti se cacher avec quelques autres dans la forêt. Dans la précipitation, il perdit ses papiers que les allemands trouvèrent et ramenèrent à la maison, sans poser plus de questions : ils n'étaient pas venus pour lui.
Car les allemands étaient bien renseignés et même guidés dans la région par un local : un collaborateur notoire de Clairvaux-les-lacs.

La deuxième partie de cette histoire se déroule en 1944, les allemands ont fichu le camp et notre collabo se retrouve bien vite entre les mains d'une vingtaine de gaillards des environs, dont mon grand-père. Il ne passe pas un moment très agréable et se retrouve bien vite attaché solidairement à une "roue de faucheuse" m'avait-on dit, au bord du petit lac de Clairvaux, invité à démontrer ses talents de nageur.
J'imaginais enfant une roue énorme qui l'entrainait en roulant vers le lac. En fait, il n'y a pas besoin qu'elle fasse 2 tonnes. Je ne suis pas sûr qu'avec celle de la photo illustrative ci-dessous (somme toute de taille modeste mais en fonte) autour du cou je puisse flotter bien longtemps...


La fin de l'histoire, vous la devinez, surtout si vous avez lu l'article Wikipédia sur le petit lac : depuis la fin des années 60, l'eau de quelques villages des environs est pompé directement dans ce lac, dont les acteurs de l'épuration sauvage se méfiaient évidemment comme de la Gestapo...
Un jour seulement, mon grand-père consentit à me répondre lorsque je lui demandais de me raconter cet épisode. Il répondit seulement : "bon dieu, y gueulait comme un cochon qu'on va égorger... Y z'ont balancé la roue et bloup, disparu au fond..."
Je ne sais pas comment il s'appelait, mais je pense que si vous le cherchez, il est toujours au fond avec sa roue de faucheuse autour du cou.

A venir, un guet-apens à Dammartin et comment la rancune restait tenace dans les années 60 et même ensuite dans la région de Clairvaux...

jeudi 30 avril 2020

Le Ian's knot

Aujourd'hui, lançons un petit article sur un sujet anodin  et voyons où ça nous mène : le laçage de lacets. Bof, pas terrible dit comme ça. Le nouage de lacets ? Mouais... Bref, la façon de faire ses lacets...

Depuis quelques années déjà, j'ai découvert une méthode nouvelle pour réaliser ce geste. Il faut dire que ça me turlupinait un petit peu. En effet, j'avais toujours conservé adulte la manière avec laquelle ma grand-mère m'avait appris à les faire alors que j'étais tout petit. Et cette manière, c'était de nouer deux boucles ensemble, pas le truc compliquer de tourner un lacet autour du pouce qui tient une première boucle. Ça, je ne sais toujours pas le faire. Du moins pas correctement ou de manière fluide.

Un jour, je me suis dit qu'il serait quand même bien d'apprendre (je devais avoir la trentaine hein, on est pas sur du demi-handicapé). J'ai donc demandé à mon meilleur ami de me montrer : Ask Google bien sûr. Et c'est là que je suis tombé sur le site Internet d'un ingénieur, passionné de nœuds de lacets, et qui a inventé un nœud optimal, le plus rapide et efficace possible, qu'il a décidé de baptiser de son prénom, le Ian's knot donc... Plutôt qu'une explication technique et laborieuse à laquelle vous ne comprendriez rien, voici un petit GIF animé piqué sur le site qui existe toujours et que, j'espère, il ne m'en voudra pas de coller ici (sinon Ian, n'hésite pas, demande et on s'arrange...)

En plus, il s'est mis une petite pub pour son site. Il a bien fait, ça vaut le coup d'y faire un tour : il y recense en effet 62 façons d'arranger ses lacets et 20 manières de les nouer selon différents critères de solidité, rapidité... Bref, le spécialiste mondial, un passionné, un invité parfait pour un dîner un mercredi soir... J'adore.

Une fois que vous aurez vu ça, vous vous demanderez comment ça marche, vous essayerez peut-être. Normalement, vous allez commencer par foirer parce que d'expérience toutes les personnes à qui je le montre se foirent. Mais en essayer quelques minutes on y arrive très bien et ça devient très vite indispensable.

Le plus incroyable est que ce nœud, une fois terminé, est exactement le même que la technique "standard" (et le même que la technique de la double boucle que m'a enseigné ma grand-mère d'ailleurs). Quand je dis le même, c'est à dire que les deux lacets sont dans la même position finale et, qu'en voyant le nœud terminé, on ne peut pas deviner avec quelle méthode il a été lacé.

Pourtant, en dépit de sa simplicité, de son efficacité et de sa plus grande rapidité, cette méthode est complètement inconnue et n'a de fait été découverte qu'en 1982 par un quidam qui s'est demandé un jour pourquoi ses lacets cassaient si souvent, et toujours du même côté. Parce que oui, last but not least, cette méthode, de par sa parfaite symétrie, possède en plus l'avantage d'user uniformément les lacets contrairement à la méthode asymétrique standard, si bien qu'ils cassent moins souvent (ou plus exactement, le premier accident de cassage de lacets sur une paire intervient plus tardivement, donc, il y a besoin de changer moins souvent de paire de lacets. A moins que vous ne jetiez que celui qui est cassé pour réutiliser le second plus tard, auquel cas, en plus d'être aussi bizarre que moi, cela ne vous apporte rien d'utiliser cette méthode du point de vue de la durabilité moyenne de vos paires de lacets. Merci à la parenthèse la plus longue du blog)

Bref, j'aime bien cette méthode et c'est pour cette raison que je l'ai incluse dans ma liste dédiée... Et puis je peux en parler assez pour animer tout un entretien d'embauche, une interview avant un jeu télé ou même un dîner donc c'est certain qu'elle y a toute sa place... Et, oui, je suis libre mercredi soir si vous et quelques amis voulez en savoir plus.

dimanche 19 janvier 2020

Monter sur un podium et gagner une médaille

Pendant quelques années il y a quelques années (ce n'est certes pas très précis mais ça restera vrai dans... quelques années), j'ai participé au Championnat de France d'un jeu de société de stratégie.
Nous n'étions pas très nombreux mais le niveau était assez relevé, on comptait quelques finalistes de Championnat du Monde parmi les français, et beaucoup de compétiteurs étaient très expérimentés, beaucoup plus que moi en tout cas. C'est un jeu assez complet et difficile.

Je me suis donc entrainé, en live et en ligne, et, une année, j'ai réussi l'exploit de monter sur le podium. Les résultats officiels étant référencés sur Wikipédia, on pourrait considérer que cela permettait de remplir deux objectifs de ma bucket list...
Disons qu'ils sont à moitié remplis seulement... En effet, la page Wikipédia a été "nettoyée" et seuls les noms des champions de France sont encore présent, sous prétexte que le nombre de participants ne justifie pas un recensement exhaustif de tous les médaillés... Si bien que je n'apparais plus aujourd'hui que dans les archives de l'encyclopédie. Va falloir trouver autre chose...

Et, en ce qui concerne le prestige du podium, il est vrai que la discipline est tout de même très confidentielle et qu'il serait bien de parvenir à quelque chose d'un peu plus prestigieux... On va donc tenter de nouveau le défi.

Je me suis inscrit cette année dans le club de tir de ma ville. L'objectif premier était l'autorisation d'une détention d'arme, qui est une des dernières choses qui manque à ma panoplie du petit survivaliste (on y reviendra sans doute). Mais, je me suis pris au jeu de l'amélioration de la performance et je pense que je pourrais tenter de réaliser quelque chose d'intéressant ici. Difficile de viser le podium du Championnat de France, mais une participation à cette compétition, qui passe par des sélections départementales puis régionales, serait une très belle réussite et nécessiterait une sacrée amélioration de mon niveau de débutant actuel... Tentons donc ce défi pour réussir, disons, la seconde moitié mon challenge, dans la mesure où il est déjà à moitié réussi avec mon podium au Championnat de France du jeu de stratégie... A suivre donc ;)

mercredi 1 janvier 2020

Embrasser une célébrité

Cet objectif, je l'ai trouvé en lisant d'autres "bucket lists". Ouais, c'est comme ça que ça s'appelle chez les anglo-saxons les "listes de 100 choses à faire avant de mourir", ils nomment ça bucket lists... Ça claque tout de suite, et puis c'est un peu plus pratique, alors, habituez-vous, c'est ainsi que je vais en parler maintenant, parce que je parle la novlangue moi, je suis du troisième millénaire, d'ailleurs bonne année !

Donc, disais-je, c'est en parcourant des bucket lists, très à la mode chez les ricains (il y a même un site internet avec plein de listes de plein de gens, on peut faire des statistiques sur ce qui revient le plus et tout, j'en parlerai sans doute un jour...) que j'ai lu l'histoire d'un type (allez, il mérite quand même que je cherche qui c'est, bougez pas...) voila, c'est sur le site de Sebastian Terry, un australien qui a une liste folle et qui passe littéralement tout son temps à réaliser ses rêves, que j'ai déniché cette idée... Ce mec a tout de même roulé un patin à Sharon Osbourne sur un plateau de télé juste parce qu'il avait écrit sur sa liste qu'il souhaitait embrasser une célébrité ! Sur le coup, j'avais trouvé ça trop cool (pas le côté "bécotage de star" mais plus le côté "autoréalisateur, rien n'est impossible alors que ça semble impossible"), alors je l'ai mis aussi sur ma liste...

Et bien, pour moi, ça s'est fait tout seul... Et grâce à un autre élément de ma liste. Le tout premier : battre un record du monde. Comme l'enseigne la lecture du passionnant article dédié à ce premier objectif, j'ai réussi à détenir des records dans quatre catégories différentes il y a une petite dizaine d'années. Et il s'avère qu'un de ces records est encore en ma possession. Ce record est un peu spectaculaire, rigolo et télégénique si bien que j'ai déjà vu des stars américaines tenter de le battre dans un show Internet (sans la moindre chance de succès vu la mauvaise préparation) et, récemment, j'ai reçu un message sur LinkedIn m'informant qu'un show télévisé asiatique allait tenter l'expérience et qu'ils aimeraient m'avoir sur le tournage à cette occasion ! Comme quoi, LinkedIn permet des mises en relation qu'ils n'imaginent pas... J'ai évidemment sauté sur l'occasion (d'autant plus que c'était grassement rémunéré) et je me suis retrouvé au milieu de 10 coréens pour leur expliquer tous les trucs et astuces qui m'avaient permis de réaliser mon "exploit"...

Il serait exagéré de dire que j'ai toujours rêvé de participer à ces shows qui semblent absolument ridicules, à la mise en scène ultra-exagérée, complètement surjouée et grotesque, pleine d'incrustation d'onomatopées comme sorties tout droit d'un manga. Mais je me suis bien amusé, la présentatrice (une véritable star locale dont les émissions attirent des scores d'audience à faire pâlir d'envie Arthur et Patrick Sébastien réunis) était très sympa, rigolote et jouait bien et nous avons réussi à produire un spectacle de la qualité attendue pour toutes les familles coréennes qui vont nous regarder tenter de battre ce record tous les deux (20 millions de téléspectateurs en moyenne, 900k followers sur Twitter, elle pèse ma partenaire !). Et, comme il semble bien dans le tournage que nous y parvenions (alors que c'est assez discutable vu que nous utilisons quelques raccourcis par rapport aux règles officielles), nous nous embrassons spontanément devant la caméra pour fêter notre victoire. Rassurez-vous, un baiser bien plus sage que celui de Sharon Osbourne et Sebastian Terry, mais ça me convenait mieux de toute façon, je suis un homme marié tout de même !

Et voilà, j'ai hâte de voir ce que ça va donner une fois monté à l'écran et d'écouter mon doublage en japonais... La diffusion est prévue durant l'année 2020, mais je peux d'ores et déjà cocher ce petit objectif bien rigolo et j'en garde un bon souvenir et des anecdotes uniques...

mercredi 11 septembre 2019

Prendre sa retraite

Oui, il peut sembler bizarre de trouver cet objectif, "Prendre sa retraite", dans une liste de rêves à réaliser... En tout cas, après avoir lu plusieurs de ces listes (ça semble très à la mode aux States, ils appellent ça bucket list les ricains... Hum ? Comme si c'était un seau de poulet frit dont on pouvait tirer une aile ou une cuisse au hasard ? Non, je vois pas...) [note de relecture, cet aparté au KFC n'est que le premier d'une longue série rendant cet article vraiment pénible. Non mais vraiment, je ne sais pas ce que j'ai ce soir, mais j'ai envie de tartiner dans les parenthèses... La preuve, je finis même pas mettre des notes de relecture dans des crochets en italique... Illisible vous dis-je...], bref, j'en ai lu un paquet donc, et je n'ai jamais vu ailleurs cet objectif. Même dans la bucket list d'Annette, une californienne qui a une impressionnante liste de 1137 trucs à faire dans sa vie, dont quand même visiter la route du Comté (!), on ne trouve pas l'idée de prendre sa retraite ! Alors, quand je vous le dis que c'est pas banal...

J'imagine qu'on peut commencer par se dire que prendre sa retraite n'est guère qu'une question de patience et d'un peu de chance. Tout le monde y arrive tranquillement, grosso modo entre 60 et 65 ans si y'a pas de pépin, n'est-ce pas ? Et bien non, je ne suis pas d'accord. Je ne l'ai jamais été je crois. Je ne vois pas de raison de suivre gentiment les règles qui nous poussent à trimer toutes nos belles années pour avoir enfin du temps libre quand on ne sera plus en état d'en profiter... Si jamais on a la chance d'y arriver. Parce qu'on en connaît tous des mecs qui sont cannés moins d'un an après leur pot de départ... Moi, c'était un collègue de papa qui s'appelait Totoche, vieux garçon avec pas mal de sous, pan, à peine 6 mois de retraite, super ! Parce que je peux vous dire qu'il ne s'était pas éclaté en bossant le pauvre...

Donc l'idée, vous l'avez compris, c'est de prendre sa retraite le plus tôt possible. Si peu de personnes le citent spontanément comme un objectif, en fait, l'immense majorité en rêve... L'idée de gagner au loto, c'est juste pour pouvoir ne plus avoir à se lever chaque matin, avec un crétin de chef à contenter et des imbéciles de collègues à supporter. Non pas qu'ils ne le feraient pas, mais ce qui change tout, c'est d'avoir la liberté de ne pas le faire.

Tout petit déjà, vous vous en souvenez si vous êtes un lecteur assidu (non, je déconne y'en n'a pas, j'écris pour mon moi du futur (hey, salut vieux, tu rajeunis pas...) et les quelques proches que ça intéresse ou que ça intéressera, bisous chérie, salut Gus, coucou les enfants !), sinon je vous mets un lien parce que je suis cool : je déclarais vouloir être trader, certes, mais j'avais également découvert dans la littérature du XIXème siècle une occupation qui semblait courante à l'époque et qui avait l'air trop cool : rentier. J'avais demandé à maman de m'expliquer ce que c'était et comment le devenir, mais il semblait que les parents n'avaient pas vraiment fait ce qu'ils fallait pour que je puisse envisager cette carrière dès mon entrée dans la vie active. Alors, je me suis plutôt tourné vers trader, qui n'était pas vraiment incompatible d'ailleurs puisque l'idée restait d'accumuler le plus vite possible de quoi assurer ses vieux jours.

Car, enfin, nous y arrivons. Quel est le secret pour réaliser ce rêve commun à toute l'humanité ? C'est bien simple, il "suffit" de gagner et de mettre de côté assez pour être certain de ne jamais manquer. Ça parait tout bête mais ça donne incessamment lieu à d'interminables et stériles débats entre collègues ou en famille à l'occasion de toutes les super-cagnottes du loto par exemple. De combien a-t-on besoin pour s'arrêter ? Certains avancent des chiffres (1 million, 2 millions, 5 millions), qu'ils reculeront le jour où ils y arriveront (mais en général ils n'y arriveront pas), d'autres expliquent qu'il n'est pas possible de prendre le risque, car il peut y avoir de l'inflation, des krachs boursiers, des dépenses imprévues, des baisses de rendement, des spoliations... Ces derniers n'ont pas tort. Il y a plein de paramètres impossibles à contrôler ni à anticiper qui font qu'il est en général plus prudent de ne pas arrêter de bosser. En tout cas, ça donne une bonne excuse pour ne pas essayer.

Car le nœud du problème est là, pour accumuler assez et s'arrêter vraiment, il faut trouver la conjonction de deux traits de caractère difficilement compatibles : il faut être économe mais pas avare. Il faut passer son temps et son énergie à accumuler, à économiser, gratter partout, résister à toutes les tentations de dépenses qui nous sollicitent chaque jour dans le seul but de faire monter le plus vite possible son magot... Mais pour autant, il ne faut pas perdre de vue l'objectif, qui n'est pas la richesse, ni le pouvoir, mais bel et bien la soif de liberté. Et à un moment, quand l'objectif est en vue, il faut savoir renoncer au statut social, au salaire qui ferait encore augmenter le trésor, à la petite voix qui dit : "encore une année ou deux et là on sera tranquille, au cas où"... Parce qu'elle ne s'éteindra jamais, il y aura toujours une bonne raison de continuer à bosser, alors qu'on a beau nous raconter toutes les fables qu'on veut sur l'épanouissement par le travail, la vraie vie, elle est ailleurs.

Des gens qui pourraient prendre leur retraite anticipée, y'en a un paquet. Mais ils ne le veulent pas vraiment. Ils ne s'en donnent pas les moyens... Soit ils dépensent leur argent quand ils le gagnent parce qu'ils préfèrent en profiter maintenant et que le sacrifice de se priver aujourd'hui ne vaut pas à leurs yeux la récompense d'être libre plus tard. Soit ils sont dans une autre dépendance, celle de la spirale de l'envie et de l'orgueil, qui fait qu'il faut être le plus riche, le plus puissant, avec le meilleur job dans la meilleur boite et posséder tout ce qui montre qu'on a "réussi". Mais c'est évidemment sans fin, on trouvera toujours plus riche que soit ou alors on ne pourra jamais renoncer à ce "statut social" qu'on a acquis, à toute cette "reconnaissance" qu'est en fait la jalousie des autres... On veux être envié autant qu'on envie ou qu'on hait parfois les plus "nantis". Bref, dans un cas comme dans l'autre, pas de réelle volonté de sortir du rang, de faire l'original et de se déclarer retraité à 40 ans.

Bon, cet article, beaucoup trop long (heureusement que personne ne le lit finalement) a dérivé bien loin de la tonalité que je voulais lui donner. Il est devenu philosophico-moralisateur alors que je pensais qu'il serait plutôt technique et pratique. Revenons aux bases : quand est-ce qu'on arrête ? On pourrait penser qu'il faut un savant calcul d'actualisation de flux de capitaux prenant en compte la rentabilité du patrimoine et divers facteurs d'érosion monétaire comme des pondérations de risques et d'inflation... Ouais, ça marche surement. Mais c'est compliqué à faire pour le béotien (l'emploi de ce terme, devant un aréopage de lecteurs exigeants est un clin d’œil à une petite maligne qui se reconnaîtra, encore une victoire de Jason, bêêêêhh  !), et puis c'est tellement sujet à plein d'hypothèses hasardeuses que c'est toujours plus ou moins foireux.

J'utilise donc la règle ultra-simple suivante : on peut s'arrêter quand on a devant soi 25 années de dépenses au rythme actuel. Et puis ensuite, on fait le point et on réactualise tous les ans. Ça permet d'ajuster avec d'éventuels revenus ou dépenses non prévus, de prendre en compte l'inflation réelle, sans être pris au dépourvu. Puis il faut ajuster, si on sort de cette zone de confort (qui correspond aux 25 ans qu'on aura au mieux vivre quand on sera vraiment plus bon à rien sur le marché de l'emploi, disons de 65 à 90 ans, parce qu'on est optimiste), il convient de faire baisser ses dépenses ou alors d'augmenter ses revenus, quitte à imaginer rebosser quelques années après 15 ans de "retraite".

Mais imaginons qu'on canne comme Totoche à 60 berges, on sera toujours bien content de les avoir pris par anticipation ces 15 ans de retraite, non ?

dimanche 3 février 2019

Checklist pour valise

Typiquement, ce qu'on aime trouver dans sa mémoire externe est la check-list ultime pour boucler sa valise et, enfin, ne plus jamais rien oublier...

La mienne était jusqu'à présent tranquillement dans les notes de mon téléphone... Mais pourquoi ne pas la partager ? Déjà elle sera sauvegardé à part, ce qui n'est pas plus mal et puis, qui sait, peut-être servira-t-elle un jour à quelqu'un qui, grâce à l'acte de partage altruiste et désintéressé que je suis en train de réaliser, n'oubliera pas les piles de son appareil photo... Et ça, c'est beau. La voici donc :

Slips
Chaussettes (ne riez pas, je les ai oublié pour des vacances d'une semaine de rando une fois... Je ne le conseille pas. Vraiment pas. C'est un peu comme une longue soirée raclette)
Chaussures
T-shirts
Short
Pantalons
Pulls
Pyjama

Chargeurs + multiprise / adaptateur
Appareil photo+piles
Passeport, billets, livrets de famille
Carte d'essence
Chaussons
Rasoir
Peigne
Coupe-ongles
Cure-oreilles (parce que oui, je n'utilise plus de coton-tiges depuis des années, ça mériterait un article d'ailleurs...)
Brosse à dents
Boules Quiès
Mouchoirs

Anti-histaminiques
Doliprane
Immodium
PO12
Papier toilettes

Bottes
Gants/bonnet
Maillot bain
K-Way/parapluie
Crème solaire
Lunettes de soleil
Casquette
Oreiller de voyage
Eau/encas pour le voyage
Oreiller

Lecture
Tablette
Écouteurs
Détecteur
Matériel de géologie
Numismatique (balance, aimant, œilleton)
Jumelles
Trucs pour la famille (cadeaux, jeux, poids)
Ventes eBay (dont celles des enfants)
Audio pour le voyage
Lumière automatique / volets
"Lessive"
Masques
Couper le micro-ondes, allumer la ventilation

Évidemment, à adapter selon les circonstances, on s'est bien compris... On a rarement besoin d'un bonnet en laine et d'un maillot de bain pour le même séjour.