mercredi 16 juillet 2025

Le projet F.L.A.N.

F.L.A.N comme Flans : Lieux et Avis Notés...

Sous cet acronyme mystérieux, qui cache incroyablement bien la finalité du projet, se cache ma modeste participation à un concept théorisé par l'humoriste Alexis Le Rossignol : le Tour de Flance. Cela consiste basiquement à manger des flans et à déterminer quel est le meilleur...

Je vais procéder similairement à la méthode utilisée pour noter des nouvelles, à savoir diviser le concept de "bon flan" en plusieurs critères quantifiables, les pondérer, et faire une jolie moyenne qui donne une note globale à chaque flan goûté.

Alors, nous allons noter le goût, la texture, l'aspect visuel de la pâte, de la crème et du topping, mais aussi le rapport qualité-prix et quantité/prix.

Après plusieurs tâtonnements, voici le barème, subjectif, auquel j'ai abouti :

Aspect général (1/20)
Ce flan est-il agréable à regarder, appétissant ?

Pâte (5/20)
Quel type de pâte est employé ? Et surtout, est-elle bien cuite, c'est-à-dire assez cuite pour ne plus être farineuse, mais pas trop cuite pour ne pas être brulée, trop dure ou trop sèche...

Crème / Garniture (6/20)
Le critère principal que où l'on jugera en premier lieu de la consistance. On cherche des flans crémeux, fondants mais qui tiennent à la découpe, sans être trop élastiques ou caoutchouteux...
Évidemment, on jugera également le goût et notamment la qualité de la vanille pour les flans aromatisés.

Topping / Nappage (2/20)
Caramélisation, l'aspect doré mais pas brulé, la présence de petits plus éventuels...

Goût de l'ensemble (3/20)
Un critère sans doute un peu redondant avec les éléments précédents, mais qui permettra d'introduire un peu de subjectivité et de renforcer les différences entre nos coups de cœur et nos déceptions.

Quantité (1/20)
Au-delà du poids qu'on ne va pas mesurer (parce qu'on va tester nos flans à la sortie des boulangeries, pas en laboratoire), on valorisera les flans bien épais, ou avec de bonnes grosses parts bien gourmandes.

Prix (2/20)
Petit comparatif du tarif, pas en valeur absolue, pas en prix au kg, mais par rapport à la qualité proposée... La réinvention du rapport qualité-prix donc.

Résumé des notes et classement actuel (étude en cours, miam !)

 

Flan vanille - Les délices de La Garenne - Rond-pt du Souvenir Français, La Garenne-Colombes (9/20)

Aspect général (1/1) : Très belle part, d'apparence gourmande et bien emballée


Pâte (1.5/5) : Dure, craquante assez sèche et très cuite, sans doute un peu trop : le trottoir ressemble à un biscuit

Garniture (2.5/6) : Gélatineux et caoutchouteux, ne cède sous le dents qu'après une grosse morsure (plus de la moitié de la largeur en déformation avant de s'ouvrir). Grains noirs attestant la présence de vanille qu'on retrouve assez peu au goût

Nappage (1/2) : sucré, plus solide et gélatineux encore que le fourrage. Impression d'élasticité

Goût de l'ensemble (1.5/3) : malgré des défauts de consistance, le goût reste agréable

Quantité (1/1) : la première impression n'est pas déçue, belle portion

Prix (0.5/2) : 3.60 € en avril 2024, on est dans la fourchette assez haute pour un flan somme toute très moyen

Flan nature - Midoré-Réaumur, 59 rue Réaumur, Paris IV (6/20)

Aspect général (0.25/1) : Uniforme et assez industriel.




Pâte (2/5) : Sablée qui semble assez bien cuite mais avec un goût farineux qui dénote peut-être finalement un manque de cuisson

Garniture (1.5/6) : Dur, très caoutchouteux, compact, se casse par le bas. Uniforme, gélatineux, impression et goût de plastique

Nappage (0.5/2) : Brillant, dur et assez solidaire avec la garniture, de laquelle il partage la sensation caoutchouteuse

Goût de l'ensemble (1/3) : Assez peu agréable au final entre la pâte avec des arrière-goûts de farine et une garniture à la sensation de plastique

Quantité (0.25/1) : Part peu épaisse et pas très large

Prix (0.5/2) : 3.20 € à emporter, 3.70 € sur place en juin 2024. Qualité pas à la hauteur du prix.

 

Flan à l'ancienne, Maison Trouart - 19 avenue Marceau - Courbevoie (14.5/20)

Aspect général (0.75/1) : Agréable, très doré, qui s’affaisse légèrement


Pâte (3.5/5) : Pâte fine, très fondante, bien cuite, sablée.

Garniture (4.5/6) : Incroyablement fondant, crémeux, légèrement vanillé. Ne plie pas sous la dent

Nappage (1/2) : Pas de différence de consistance ni de goût, caramélisé et solidaire avec la garniture

Goût de l'ensemble (2/3) : Très agréable à la dégustation, sans fantaisie mais sans défaut.

Quantité (0.75/1) : Assez copieuse sans être énorme

Prix (2/2) : 2.90 € en juin 2024, très bon rapport qualité-prix

 

Flan "Filière Auchan - Cultivons le bon goût" - Dans tous les hypermarchés du même nom (3.5/20)

Aspect général (0/1) : Industriel avec des points noirs ajoutés par la suite (défaut de cuisson ou tentative de faire croire à la présence de vanille ?)

Pâte (0.5/5) : Très peu cuite, annoncée feuilletée mais ressemble à de la pâte sablée peu cuite. Assez désagréable et caoutchouteuse

Garniture (1.5/6) : Crémeux mais avec un goût de gâteau de semoule/de riz plus que de flan, impression corroborée par la liste des ingrédients qui font apparaître de la semoule de blé dur. Frais et plutôt agréable mais rien à voir avec un flan.

Nappage (0/2) : Inexistant, il consiste juste en une cuisson plus poussée de la garniture, pas de glaçage ni de sucre. Petits points noirs qui ne sont pas de la vanille (absents à l'intérieur)

Goût de l'ensemble (0.5/3) : Déroutant, ressemble à un gâteau de semoule un peu solidifiée sur une pâte quelconque mal cuite

Quantité (0.25/1) : Part plutôt petite, standardisée à 155 grammes

Prix (0.75/2) : 1.44 € mi-2024, tarif imbattable mais on n'est pas vraiment en présence d'un flan. Ça reste quoi qu'il en soit peu cher pour un dessert...

 

Flan à la vanille - Boulangerie Condorcet - 21, rue Condorcet Paris IX (15.75/20)

Aspect général (1/1) : Très beau, lourd, doré, crémeux avec la garniture qui se tient



Pâte (4/5) : Juste cuite sans être dure, généreuse. Le trottoir est bon comme un biscuit. Se tient bien

Garniture (5/6) : Très jaune, crémeuse mais se tient bien, consistance idéale. Se sépare à la morsure en petits morceaux comme de la neige, très agréable en bouche. Goût de vanille mais absence de points noirs qui font suspecter un arôme artificiel.

Nappage (1.5/2) : Très épais, gélatineux, dur, à peine trop. Grosse couche gélatineuse sucrée, dorée, très jolie.

Goût de l'ensemble (2/3) : On sent bien les œufs et la vanille (arôme artificiel ?), très jaune et sucré. De l'oeuf et du sucre sur une pâte très réussie. Le meilleur de ceux goûtés jusqu'à présent.

Quantité (0.75/1) : Généreux sans être énorme

Prix (1.5/2) : 3.50 € en juin 2024 - Plutôt fourchette haute mais qui se justifie par la qualité de l'ensemble

 Flan nature - Yann Couvreur, Galeries Lafayette, Paris IX (14.75/20)

Aspect général (0.75/1) : Très généreux et gourmand, pâte feuilletée très appétissante, mais fragile et a tendance à vite s'affaisser et couler.

Pâte (5/5) : Feuilletée très épaisse, bien cuite, craquante, presque comme un biscuit.

Garniture (4/6) : Ce flan est décrit par ailleurs, sans doute à raison, comme le plus crémeux de Paris. La garniture est en effet extrêmement crémeuse, coulante, presque liquide mais qui tient à peu près quand même. Très vanillée. Fondante, savoureuse, presque une crème dessert sans goût d’œuf

Nappage (1.5/2) : Très solide et apporte la tenue au flan en fait. En deux parties, topping solide au-dessus et glaçage par dessous, agréable

Goût de l'ensemble (1.5/3) : Finalement assez étrange, on dirait un excellent biscuit avec un très bon dessert vanillé, mais l'absence de tenue ou de goût d’œuf fait qu'on n'a pas l'impression de manger un flan

Quantité (0.75/1) : Part très généreuse mais l'aspect liquide n'apporte pas autant de satiété qu'attendu

Prix (1.25/2) : 4.90 € en juillet 2024 - Très onéreux en raison sans doute de la bonne publicité et de l'emplacement très touristique, mais me paraît un peu surcoté

 

Flan nature METRO - Dans tous les magasins du même nom (8.5/20)

Aspect général (0.25/1) : Il s'agit ici d'une part prélevée dans un flan entier, mais l'aspect reste très industriel, avec toutefois une jolie couleur dorée prometteuse.


Pâte (2/5) : Cassante, avec peu de goût ce qui a le mérite de laisser la part belle à l'appareil. Peut-être légèrement sous-cuite mais reste meilleure que celle d'Auchan

Garniture (2.5/6) : Très caoutchouteuse et moelleuse, sent l’œuf, plutôt agréable et frais

Nappage (0/2) : Inexistant, il consiste juste en une cuisson plus poussée de la garniture, pas de glaçage ni de sucre, jolie couleur, sans doute artificielle

Goût de l'ensemble (1.75/3) : Un dessert frais, au goût d’œuf qui n'est pas gaché par une pâte trop présente ou ratée. C'est sans doute ce qu'un processus industriel peut faire de plus proche d'un vrai flan pâtissier de boulanger

Quantité (0.5/1) : Pas vraiment pertinent ici puisqu'on a acheté un flan entier. Cependant, vu le prix, le rapport quantité-prix est imbattable

Prix (1.5/2) : Achat en gros d'un flan entier, la part ressort évidemment peu chère, mais ça laisse songeur sur la qualité des ingrédients employés...

 

Flan nature, L'instant gourmand - 10 rue de Colombes - Courbevoie (13.5/20)

Aspect général (0.75/1) : Agréable aspect appétissant, doré, crémeux. La croûte peut-être un peu trop foncée et pas caramélisée




Pâte (4/5) : Très bonne, fine, friable, agréable au goût et à la consistance. Pâte sablée certes classique mais très réussie et bien cuite.

Garniture (5/6) : Extrêmement crémeux, presque coulant mais se tient très bien, avec de la vraie vanille. Goût frais et agréable, onctueux, œufs et vanille présents.

Nappage (0/2) : Inexistant, cuisson dorée/(trop cuite ?) de la garniture

Goût de l'ensemble (2/3) : Très bon ensemble équilibré et goûteux

Quantité (0.5/1) : Assez gourmande, dans la bonne moyenne.

Prix (1.25/2) : 3.50 € en mai 2025 - Dans la fourchette haute, justifiée en partie par l'emplacement central de la boulangerie et la qualité générale

samedi 26 octobre 2024

Quelques infos inédites sur les dédicaces de "Tire sur mon doigt" de Charles Bossart

Un jour, peut-être, les historiens du futur tomberont sur des albums de la BD "Tire sur mon doigt" dédicacés par l'auteur, Charles Bossart.

Voici l'album. Je vous en ai déjà parlé succinctement dans cet article en plus...

Ils ne manqueront pas de s'interroger sur l'incroyable originalité de ces productions artistiques et, en fouillant dans l'immensité de ce que sera alors l'ensemble des connaissances humaines de leur époque, ils ne trouveront pas la clef de cette énigme.

C'est en pensant à ces archéologues du futur que j'écris cet article...

Commençons par les bases : Tire sur mon doigt est une œuvre assez atypique dans le monde de la production littéraire, dont l'idée est de décliner en de multiples variations toutes plus rigolotes les unes que les autres, cette bonne vieille blague de "tire sur mon doigt", tac, prout. [Essayez chez vous, vous verrez, c'est la poilade]

J'ai eu la chance de rencontrer l'auteur de cette anthologie du bon goût lors d'un salon afin de faire dédicacer mon exemplaire et, bluffé par la production réalisée, j'ai acheté d'autres albums pour avoir d'autres dédicaces...

Exemples de dédicace. N'hésitez pas à me contacter pour m'envoyez les vôtres si jamais...

Alors, "comment ça marche ?" me demanderez-vous (ou plutôt, se demande l'IA du futur chargée de scanner tout le web mondial pour répondre à cette question qui la taraude...) Et bien, c'est à la fois simple et ingénieux. En plus d'un prénom, notre facétieux auteur vous demande une combinaison de trois nombres compris entre 1 et 20. Il reporte ensuite cette combinaison unique et personnelle (il y a en effet 8000 possibilités) dans un petit tableau lui permettant de modifier trois éléments de la dédicace pour vous confectionner un hybride mi-dauphin (ça, ça ne change pas) mi-CD 2 titres de Manau / Citroën Saxo / poutre confondus avec un rince-doigt / un calendrier de l'avent... Ainsi, votre dédicace est unique, vous êtes heureux, et Charles Bossart ne s'ennuie pas à dessiner toujours la même chose durant son salon. Astucieux, non ?

L'artiste au travail, dessinant avec application un avant de Renault Twingo
 

Et, une dernière confidence. Avez-vous remarqué ce petit message humoristique derrière la page pour s'excuser de la tâche généré par la correction de l'erreur d'impression (il manque le bras) de l'illustration ? Et bien, j'ai de l'anecdote croustillante concernant cette tâche [je suis un insider vous dis-je] ! L'auteur s'étant aperçu trop tard qu'il avait envoyé le mauvais fichier pour figurer à cet endroit, il investit dans un feutre afin de corriger à la main cette petite erreur. Feutre qui génère une tâche dont il s'excuse systématiquement... Et, finalement, comme il aime bien ce petit rituel (et qu'il a déjà acheté le feutre donc faut bien l'utiliser et pas gâcher), il refusera la proposition de correction lors de la deuxième vague d'impression si bien que tous les albums sont à présent volontairement fautés à cet endroit.

La blague de la tâche. Franchement, qu'est ce qu'on ce marre dans cet article quand même...

Voilà, vous savez tout ce que je sais, le corpus de la connaissance humaine est à jamais enrichi de ces informations primordiales, je peux retourner à une vie normale avec le sentiment du devoir accompli.

lundi 23 septembre 2024

Laisser une trace, être un bon ancêtre

Récemment, je suis tombé sur cette vidéo de la chaîne Balade Mentale qui, comme à son habitude, tente de rendre accessibles des données chiffrées souvent difficiles à appréhender. Ici, il s'agit de la taille de la population mondiale, notamment par rapport aux humains ayant déjà vécu (en gros, nous sommes 8 milliards et il y a déjà eu 100 milliards d'humains) mais aussi, et c'est ce qui nous intéressera particulièrement, par rapport à une estimation de ce que pourrait être l'intégralité de l'espèce humaine dans le futur. En utilisant des hypothèses assez neutres (une population se stabilisant autour de 10 milliards d'habitants et une durée de l'humanité d'un million d'années, soit l'espérance de vie moyenne d'une espèce de mammifères), on obtient une population humaine globale d'environ 80.000 milliards d'humains. Cela nous placerait parmi les 0,15 % des premiers de l'Histoire ! Et je ne vous parle pas d'un scénario plus optimiste où nous réussirions à surmonter les crises potentiellement extinctrices qui nous guettent grâce à notre évolution inédite en tant qu'espèce, ce qui nous permettrait de survivre sur cette planète jusqu'à ce qu'elle devienne inhabitable, dans 800 fois plus longtemps que la projection initiale.

Bref, nous sommes peut-être les tout premiers d'une immense lignée humaine à venir.

Et nous sommes également aux débuts de l'Histoire, parmi les toutes premières générations à laisser des traces durables. Sur les 300.000 ans d'existence de l'Homo sapiens, à peine 1 % est "documentée" et encore bien partiellement. Les archéologues du futur, et il y en aura un sacré paquet, ne manqueront donc pas d'éplucher en détail les moindres traces que nous laissons actuellement. Toutes les images et les écrits que nous produisons et que nous archivons, en milliers d'exemplaires dans des serveurs sans cesse répliqués et sauvegardés, ont de bonnes chances de parvenir d'une manière ou d'une autre auprès de nos très lointains descendants.

Et bien, je crois que plus ou moins consciemment, c'est une des raisons qui m'ont un jour poussé à commencer ce blog. En effet, je sais qu'il n'est pas vraiment lu par mes contemporains et qu'il sert plus de bloc-notes personnel que d'outil de communication avec mes congénères. Mais, j'espère qu'il permettra un jour à des humains du futur plus ou moins proche d'éprouver les mêmes sensations que celles que je ressens lorsque je farfouille dans des articles de journaux du début du XXe siècle : un véritable voyage dans le passé, fourmillant de détails à la fois insignifiants et touchants. Ces articles sont parfois la dernière trace de l'existence entière de personnes disparues il y a à peine une centaine d'années.

Ainsi, c'est dans cet esprit, pour laisser une trace qui soit la plus originale et la plus authentique (et donc j'imagine la plus intéressante) possible, que je m'efforce de partager des connaissances qu'on ne trouvera nulle part ailleurs, comme mes souvenirs de guerre (les 3 épisodes ici, ici et pis ici du coup) ou des détails inédits sur des sujets futiles comme les dédicaces de "Tire sur mon doigt" de Charles Bossart. Je laisse des "Chut, le livre dort" dans tous les livres d'or où je passe pour qu'un chercheur le remarque et s'interroge un jour ou encore je partage des détails très personnels sur mon histoire et mon identité qui, peut-être, intéresseront certains de mes très lointains descendants qui seraient passionnés d'avoir de tels détails sur leur arrière-arrière-.....-arrière-grand-père (dans ce cas, c'est qu'ils auront hérité de ma curiosité, bien joué les gars/filles/non-binaires/I.A. dérivées...)

Tel sera sans doute mon seul héritage, mais j'espère que mes descendants seront fiers de moi et qu'ils me considéreront, au moins comme une source historique peu banale, et au mieux comme un "bon ancêtre".

lundi 3 juin 2024

Monter sur un podium et gagner une médaille (suite)

Quatre ans et demi après le premier article de cet élément de ma bucket list, vous me la demandez à corps et à cris, voici enfin la mise à jour tant attendue (allez, laissez-moi rêver d'une audience fidèle et assoiffée de nouveautés s'il vous plaît)

L'idée première d'utiliser le tir sportif pour arriver à réaliser cet objectif, si elle n'est pas complètement abandonnée, est tout de même dans une impasse : après une première année d'entraînement où je m'en sortais honorablement au tir au pistolet, les contraintes administratives de la Fédération Française de Tir couplées à un manque de réelle passion pour la discipline ont eu raison de mon engagement. D'autant plus que le besoin de garder la licence pour être autorisé à détenir une arme de défense à la maison est devenu caduc grâce à l'acquisition d'armes de collection à poudre noire, autorisées à la détention sans déclaration, et qui feront parfaitement l'affaire pour neutraliser un éventuel agresseur dans un environnement domestique...

Tout ça pour ça donc, près de cinq ans d'attente pour s'entendre dire que l'on reste sur un demi-succès (mais si, vous savez bien, le Championnat de France d'un jeu de société confidentiel...) ?

Que nenni mes amis ! Si le tir est dans l'impasse, je l'ai avantageusement remplacé par l'athlétisme il y a un peu plus d'un an. Et plus précisément par la marche athlétique. Discipline confidentielle bien que popularisée par Yohan Diniz en France, elle allie effort physique d'endurance et une technique bien plus difficile à maitriser que ce que j'en pensais naïvement. Si bien que mes premières tentatives se sont invariablement conclues par des disqualifications prématurées, notamment lors des championnats régionaux masters que je visais particulièrement, ces derniers distribuant des médailles par catégories de cinq ans d'âge, ce qui fait généralement plus de médailles que de participants...

Mais finalement, contre toutes attentes, c'est lors des championnats départementaux seniors (donc ouverts à toute la concurrence de 23 à 99 ans), réputés plus sévères dans le jugement, que j'ai réussi à terminer un 5000 mètres et à accrocher une place sur le podium ! Ce fut plus difficile qu'anticipé sur la durée, plus difficile également sur le coup car je me suis un peu trompé dans mon équipement et ai fini avec l'entre-cuisses en sang, mais ça reste un excellent souvenir et une raison de plus de vraiment cocher cet objectif !

lundi 29 avril 2024

Gagner un concours de nouvelles V

Suite de nos aventures littéraires. Pour avoir tout l'historique, le premier "tome" à retrouver sur ce lien.

Nous voici bientôt mi-2024, près de 11 ans après la première tentative d'écriture. Rien de spectaculaires mais tout de même quelques petits succès sur les tentatives de recyclage de textes ou les productions hyper-courtes évoquées dans le précédent billet.

Ainsi, première bonne surprise en 2022 lors du dépoussiérage de ma base de données de suivi. En voulant la mettre à jour, je me suis rendu compte qu'une association ayant organisé un concours en 2017 avait bien publié le recueil promis avec un an de retard, ce que j'avais complètement raté. Ma nouvelle, qui ne figurait pas parmi les lauréats, a été sélectionner pour figurer dans le recueil. C'est donc une troisième publication à mettre à notre actif, toujours avec le même texte !

De plus, une petite recherche sur Internet m'a appris qu'un texte (qui avait été vice-lauréat d'un concours auquel je m'étais rendu à la remise de prix) avait également été sélectionné pour une lecture publique par une association de "découvreurs de livres". Ça fait toujours plaisir. J'imagine qu'il a été supporté par un des membres du jury que j'avais croisé et m'avait dit qu'il avait adoré la nouvelle. Merci à ce fan de la première heure !

Ce même texte, sur le thème de l'enfance, a également été sélectionné premier d'un beau concours (180 participants tout de même) qui prévoyait lecture publique et recueil publié. Toutes ces réjouissances ont malheureusement été annulées et je n'ai à vrai dire pas même été prévenu que ma nouvelle avait suscité un tel intérêt. Ce n'est que deux ans plus tard que je m'en suis rendu compte en mettant à jour ma fameuse base de données !
En tout cas, un de mes prochains projets sera sans doute de tenter d'adapter cette fameuse nouvelle (déjà primée à la première place 3 fois en 8 participations) en un script de court-métrage : elle me semble en effet, parmi mon petit catalogue de texte, être la plus adaptée à une réalisation aux moyens modestes... À suivre...

En ce qui concerne les micro-nouvelles qui ont constitué l'intégralité de ma très faible production de ces trois dernières années, ce sont neuf petits textes qui ont concouru, principalement lors du concours mensuel de la La Taverne des Spores, pour un résultat assez mitigé mais pas complètement nul puisqu'un de ces textes a réussi à être sélectionné parmi les dix lauréats...

Enfin, dernier projet en date et en cours, l'écriture de scénarios (j'aime pas écrire scenarii...) qui auraient pu avoir leur place dans la bande dessinée Tire sur mon doigt de Charles Bossart... J'en ai écrit une bonne vingtaine que je compte soumettre à l'auteur et lui proposer une collaboration pour un éventuel tome 2.

 

Et oui, comme me le faisait remarquer ma fille Faustine lisant par-dessus mon épaule ce billet en cours de rédaction (elle est à la recherche de scoops pour alimenter son fil Twitter si j'ai bien compris), l'objectif "gagner un concours de nouvelles" étant réalisé depuis belle lurette, on peut passer à la vitesse supérieure et tenter d'être officiellement considéré comme un vrai auteur. Le scénario de bande dessinée est un moyen que j'adorerais employer pour y arriver (c'est d'ailleurs le point n°4 de ma liste de 100 choses à faire avant de mourir, ça tombe vachement bien quand même...)
 

lundi 26 février 2024

Gagner un tournoi de poker V

Nous voici de retour pour la dernière mise à jour d'un des objectifs que je me suis fixé il y a maintenant bien longtempsgagner un jour un tournoi de poker important. Évidemment, énormément de changements depuis la première, la deuxième et la troisième mise à jour qui date d'il y a 7 ans...

J'ai continué à jouer tout ce temps de manière plus ou moins intense, particulièrement durant le confinement qui a été pour tous les joueurs de poker en ligne un peu aguerris une période bénie.

Je suis également toujours membre de l'association dans laquelle j'avais débuté et qui me procure la majorité de mes gains (puisqu'elle représente la majorité du temps que je consacre au poker)

Commençons par la mise à jour du graphique que j'avais introduit à la fin de mon dernier article sur le sujet, avec, à l'époque, environ 650 tournois dans la base de données. Il y en a aujourd'hui à peu près 3 fois plus.


Comme vous pouvez le constater, on observe une progression rapide des gains à partir du 1500ème tournoi environ, qui correspond à peu près au début du confinement. J'ai joué des tournois plus important sur le web et gagné les classements internes de l'association, qui m'ont grassement rémunéré en tickets convertis en gains réels sur Internet et... en live !

Et oui, la deuxième tentative a été la bonne et j'ai pu profiter d'un de mes tickets pour jouer un évènement référencé sur Hendon Mob et atteindre les places payées ! L'objectif que je m'étais fixé en 2016 est donc finalement réalisé. Et, avec le recul, je pense qu'il est plus que réussi : j'ai gagné de très nombreux tournois en ligne (j'ai eu un petit logo sous mon avatar pendant une année pour le rappeler à tout le monde ahah !) ou au niveau associatif, dans différentes variantes du poker. Mon jeu est solide, exploitant et je crushe les petites limites : pour écrire cet article, j'ai mis à jour mes statistiques et notamment mon taux de gain qui s'élève à 10 bb/100 mains. C'est immense et personne n'atteint ce niveau, car au-delà de 4-5 bb/100, il convient de monter de limite pour augmenter ses gains et c'est donc ce que tout joueur cherchant à gagner vraiment de l'argent avec ce jeu fait.

Bref, je suis devenu en quelques années un solide amateur et c'est tout ce que j'ambitionnais, je ne pense pas consacrer plus de temps à ce jeu que ce que j'ai fait jusqu'à présent et donc je ne passerai sans doute jamais ce stade, mais je suis content du chemin accompli et de ce que le poker m'a apporté.

Je vais pouvoir cocher cet objectif dans ma liste de choses à faire et clôturer ainsi cette série d'articles !

jeudi 5 janvier 2023

Bilan de mes lectures 2022 (moi aussi je peux faire comme dans un blog littéraire branché !)

Cette année 2022, j'ai décidé de m'inspirer d'une tendance repérée en janvier sur des blogs littéraires et de prendre des notes sur mes diverses lectures. Pas de manière aussi poussée que ce que j'ai pu faire pour la notation de nouvelles. Et, contrairement à ce que j'ai pu lire parfois, en me focalisant uniquement sur les "vrais livres", pas les BDs ou les lectures en ligne parce que ça ferait un peu trop.

Cette année, j'ai donc lu huit livres. En tout cas, j'ai pris le temps de rédiger un petit texte pour huit d'entre eux... C'est après cette phrase qu'en général, l'auteur fait un petit bilan par rapport aux années précédentes ou à ses objectifs, mais comme je n'avais ni l'un, ni l'autre, on va directement passer à la revue des ouvrages.

Tout ce qui suit est un énorme divulgâchage en règle, ne le lisez pas si vous n'aimez pas être spoilé, je ne fais aucunement attention à ce que je peux révéler ci-dessous puisque je suis à peu près le seul à le lire et que l'idée est également de stocker ces lectures dans ma mémoire externe... Donc je fais presque attention à divulgâcher le plus possible en fait.

Au soleil redouté (2020) - Michel Bussi

Le dernier Michel Bussi (jusqu'au prochain) est le premier livre que j'ai lu cette année, avant de prendre la décision d'écrire cet article. Je n'ai donc pas pris de notes spécifiques et son souvenir est déjà un peu vague lorsque j'écris ces lignes.

Il s'agit d'un thriller à la Dix petits nègres euh, pardon, à la Ils étaient dix, avec cinq lectrices invitées à un atelier d'écriture sous les tropiques qui sont peu à peu décimées par un tueur en série... Comme dans Les nymphéas noirs, l'astuce utilisée par Michel Bussi est évidemment assez originale, mais on a toutefois un peu l'impression de se faire avoir... Divulgâchons : les cinq lectrices apprenties écrivain rédigent un manuscrit durant leur séjour, dans lequel elles s'inspirent évidemment des évènements qui leur arrivent durant leur séjour marquisien. Bien qu'il nous répète en boucle que jamais il ne mentira dans ce document, l'auteur oublie habilement de nous prévenir qu'on saute du roman d'une des lectrices à celui d'une autre, si bien que ce qu'on prend pour le récit de Clémence est en fait écrit par Martine, etc. Il est donc facile de cacher les agissements de l'une ou de l'autre mais la gymnastique est évidemment périlleuse et, même si le tout est globalement assez bien maitrisé, le roman ne résiste pas à une relecture scrupuleuse qui met en exergue quelques incohérences inévitables. Assez en tout cas pour me décevoir à la fin, mais il faut dire que je suis particulièrement scrupuleux à ce que l'effort de suspension de mon incrédulité soit récompensé à sa juste valeur... Or ici, j'ai l'impression que le contrat n'est pas tout à fait rempli.

13 à table ! 2016 - Collectif

Voir cet article détaillé

Le Prieuré de l'Oranger, tome I (2019) - Samantha Shannon

Pas un roman que j'aurais choisi spontanément puisqu'on est dans un registre que je fréquente assez peu, de l'heroic fantasy a priori (je suis pas un spécialiste de la classification non plus, hein ?), même si je l'ai fréquenté et apprécié chez JRR Tolkien bien sûr.

Ici, on est plongé dans un univers complet et vaste, dans lequel on retrouve et identifie énormément de traits de notre monde réel du Moyen-Age (la Vertu pour la chrétienté, le Sud avec les musulmans, à l'Est les asiatiques isolés et leurs traits culturels, etc.). On n'est donc pas vraiment dépaysés et pourtant, on passe pas mal de temps à vérifier les lieux sur les cartes géographiques présentées au début (j'adore !) ou à se remémorer quel personnage est qui. Honnêtement, je pense qu'il y en a un peu trop et le fait que l'histoire se déroule en parallèle mais presque sans aucun lien entre l'Ouest et l'Est (puis même le Sud dans un deuxième temps), rend le tout assez difficile à suivre.

En revanche, c'est plutôt bien écrit et le rythme narratif est excellent et pousse à vouloir toujours lire le chapitre suivant pour découvrir ce qui va arriver à notre Reine d'Inys, à notre dragonnière asiatique (euh pardon, estienne) fautive ou à l'Ambassadeur de la Vertu plongé au cœur de la renaissance du Sans-Nom...

Un point spécifique, qui a sans doute justifié ce cadeau de Noël si particulier, est la volonté de l'auteure à déconstruire les clichés sexo-binaires de nos représentations du monde : à l'Ouest, on suite les péripéties politiques d'un Reinaume (jolie traduction de Queendom je présume) et les différents protagonistes semblent tous être attirés indifféremment par des partenaires amoureux des deux sexes. Bref, un monde parfaitement bisexuel et accepté pour tous comme tel. On a également une représentation caricaturée du racisme généré par la religion et l'ignorance qu'elle implique de l'Ouest envers l'Est et on imagine assez bien que durant la résolution de l'intrigue qui interviendra sans doute dans le second tome, seule la transcendance de cet obscurantisme permettra de sauver le Monde des forces du mal. Bref, une écriture un peu woke, mais pas désagréable pour autant. Si j'en ai l'occasion, je lirai sans doute avec plaisir le tome II.

La plus secrète mémoire des hommes (2021) - Mohamed Mbougar Sarr

Et ouais, le Goncourt, rien que ça pour continuer les lectures de l'année !

Impressions mitigées pour cet ouvrage atypique, qui s'apparente plus à un manuel de philosophie initiatique qu'à un roman. On ne retrouve pas en tout cas la structure classique d'arc narratif et la "chute" n'est ni spectaculaire, ni inattendue mais ce n'est pas l'effet recherché... Bref, c'est évidemment un peu déroutant.

Le style interpelle également : mêlant des termes très érudits au pire langage ordurier de la rue, qui traduit bien je pense la façon dont on peut penser lorsqu'on possède à la foi la culture et l'extraction sociale de l'auteur.

L'ouvrage est également déroutant par l'enchevêtrement de récits des nombreux personnages, emmêlés dans une trame commune et sans doute finement réfléchie qui tisse un canevas complexe dans lequel transparaît le message complet de l'auteur.

Le tout donne une impression d'énorme densité de messages transmis, de mises en abîme continuelles entre l'auteur, le narrateur et le héros, qui mériteraient sans aucun doute une deuxième lecture (voir plus) pour tenter d'en appréhender la quintessence. C'est souvent profond, très bien analysé et sans aucun doute polémique.

Citons pêle-mêle les thèmes de l'introspection de l'écrivain, l'histoire de la littérature en général ou l'allégorie de l'africain métissé et "blanc à l'intérieur". Le tout avec de nombreuses références à la culture africaine plus ou moins métissée par l'Occident, comme le montre l'importance de la sorcellerie dans l'ouvrage. Donc, un livre dense, riche, sans doute beaucoup plus complexe que ce que ma lecture dilettante a pu en retirer. Sûrement également prétentieux et exagérément ampoulé. Bref, une œuvre collant parfaitement à l'image que j'ai d'un roman primable au Goncourt...

E=mc² mon amour (1977) - Patrick Cauvin

Histoire qui m'a beaucoup touché, probablement par effet d'identification à ces jeunes surdoués et parce que ce qu'ils vivent (décalage et précocité) fait écho dans un certain sens écho à ma propre adolescence. 
La dualité de point de vue est plutôt réussie. L'exercice est difficile et je me souviens avoir remarqué quelques minimes anicroches que ne j'ai pas même notées : je suis sans doute trop pointilleux et  impliqué pour objectivement juger (je pense que je m'attends trop à ce que les sentiments exprimés collent parfaitement à ce qu'aurait été mon ressenti dans la situation. Or j'étais un peu plus intégré à la communauté que ces deux-là je pense, un peu moins en décalage) 
Ce roman est également une formidable analyse de l'enfance, du temps qui passe et de la question de la permanence de l'identité. On peut légitimement se poser la question : suis-je la même personne que lorsque j'étais ado ? De la même manière que les héros réalisent qu'ils seront différents dans une dizaine d’années... 
Première réflexion : heureusement que je n'ai pas lu E=mc² mon amour à 12 ans, cela m'aurait sans doute encore plus plongé dans une recherche d'absolu amoureux et relationnel et accru les questionnements métaphysiques angoissants que je refoule depuis toujours... 

Un amour (1963) - Dino Buzzatti

On dit de Buzzatti que son métier de journaliste lui a donné l'habitude d'utiliser des thèmes et des récits de la vie quotidienne et d'en faire ressortir l'aspect fantastique. Dans un style kafkaïen (l'homme impuissant face au monde) et surréaliste (avec une vision onirique).
C'est exactement le sentiment qu'on peut avoir lorsqu'on lit Un amour. A partir d'une situation banale, éternelle et intemporelle (sauf peut-être à notre époque) à savoir la fréquentation par des hommes établis de prostituées plus jeunes dont ils s'amourachent, il parvient à faire s'ouvrir sous les pieds du lecteur le gouffre existentiel et vertigineux qui nous saisi lorsqu'on se met à réfléchir au sens de la vie, au temps qui passe, tout ça... Précipice du bord duquel on préfère généralement s'éloigner de quelques pas pour ne pas être happé par l'insoutenable vérité de la vanité de nos existence. Ben, le héros, lui, il est bien happé je peux vous le dire, par le temps, la jeunesse, la perfidie innocente des petites ingénues qui peuvent rendre fou un homme, au propre comme au figuré.

Bilbo le Hobbit (1937) - J.R.R. Tolkien

On ne peut pas à proprement parler de découverte en évoquant ma lecture de ce roman en cette fin d'année. En effet, j'avais découvert Tolkien dans la bibliothèque du collège en sixième et j'avais souvenir d'avoir adoré cette incroyable aventure de hobbit, nains, elfes et dragons, dans un univers d'une richesse incroyable... J'avais lu dans la foulée la trilogie du Seigneur des Anneaux, je l'ai relue il y a quelques années et j'avais enchainé sur les films, mais je n'ai pas encore vu le Hobbit qui a priori s'inspire des aventures de Bilbo. C'est donc avec juste quelques souvenirs que j'entamais la relecture tant d'années plus tard.
Le plus marrant je crois, ce n'est pas ce que j'ai pensé de l'histoire, du style ou de l'écriture de Tolkien. Il n'y a pas besoin de mon analyse pour qu'on sache que c'est un génie et que ce roman est super et à conseiller à tous... Non, le plus drôle, c'est, je crois, les surprises que j'ai eu par rapport à mes souvenirs.
La première étant que je ne me souvenais pas que le livre était si court, si rapide à lire... Ça m'a rappelé une sensation que certains connaissent sans doute. Mais pour ça, il faut avoir déménagé dans son enfance... Alors, quand, adulte, on retrouve un banc, un mur, une cour de récréation et qu'on s'aperçoit que ce qu'on se rappelait inatteignable, infranchissable ou très étendu est en fait de taille beaucoup plus raisonnable que dans son souvenir. Là, pour Bilbo le Hobbit, c'est la même chose. J'ai mis des heures de perm' à le lire, à un rythme probablement bien inférieur à ma vitesse de lecture actuelle, si bien qu'il m'a semblé bien plus court maintenant.
Et ma seconde surprise a été la grande faiblesse de l'interaction entre Smaug le dragon et Bilbo... Ils ne se rencontrent qu'une fois et demi, discutent à peine, alors que je me souvenais d'une intensité dramatique bien plus intense, de mille ruses de Bilbo et d'une mort bien plus spectaculaire pour notre terrible gardien de trésor. Pareil pour le concours d'énigmes avec Gollum... Bref, dans mes souvenirs, le roman était quand même vachement plus épique !

Code 612 : qui a tué le Petit Prince ?(2022) - Michel Bussi

On finit l'année littéraire comme elle avait commencé, en lisant le cadeau de Noël destiné à mon épouse qui adore Michel Bussi... Et on a ici tout ce qui fait un bon Michel Bussi... Des références très étayées sur Saint-Ex et son Petit Prince, des tas de renvois et de coïncidences qu'on trouvera sans doute incroyables si on l'a relu ou qu'on le connait bien. Qui seront sans doute moins spectaculaires et plus discutables si on connait TRÈS bien le Petit Prince, mais je suis sans doute un peu médisant, car, je ne fais clairement pas partie de cette catégorie (je l'ai lu une fois, au collège sans doute, et je n'ai jamais considéré que c'était le roman du siècle...)
Et puis, on a de jolis tours de passe-passe. Ça faisait longtemps que je n'ai pas mis en garde mon lecteur imaginaire mais je vais divulgâcher : j'ai bien aimé par exemple le fait qu'il n'y ait qu'un habitant dans le royaume imaginaire écossais (ça doit faire écho au roi solitaire sur la planète dans la version originale saint-exupérienne, mais c'est bien écrit par Bussi quand même), et bien sûr le fait que les meurtres n'en soient pas, même si on se doutait que ce serpent dans une boîte, ce n'était pas très crédible...
Bref, un agréable moment de lecture, une bonne cuvée qui n'est pas cette fois gâché par des ficelles trop grosses ou des incohérences. Un roman dévoré d'une traite comme à chaque fois, une recette efficace pour nous pousser à toujours lire le prochain chapitre, mais la sensation malheureusement inéluctable de ne pas retrouver l'exaltation de la découverte de ce style si particulier... On n'est plus surpris d'être surpris en quelque sorte, mais on lira sans doute le cru 2023 avec la même curiosité.